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Nationale

l’Etat «s’approprie» la communication berbérophone

l’Etat  «s’approprie» la communication berbérophone

Le long combat pour l’officialisation de Tamazight mené jusque-là par plusieurs personnalités politiques, universitaires et artistiques avec l’appui souvent inconditionnel des populations berbérophones semble, pour ainsi dire, en retard face aux initiatives plus concrètes de l’Etat.

L’inauguration lundi du site en langue tamazight de l’agence presse service est en tout cas venu renforcer cette idée. Après la chaîne 2 et les 28 chaînes locales berbérophones, la chaîne de télévision Entv4, avec ce nouveau né de l’APS, le Pouvoir fait désormais de la communication un outil incontournable dans la stratégie de gouvernance. 

Le site de l’Agence presse service (APS) en langue tamazight a été officiellement mis en ligne hier par le représentant du gouvernement, le ministre de la communication. La cérémonie de lancement de ce site web d’informations générales multimédia en langue amazighe, décliné dans trois caractères (arabe, tifinagh et latin), a été organisée dans la salle de conférences du commissariat de la manifestation

« Constantine capitale 2015 de la culture arabe », en présence des autorités locales, des directeurs généraux de différents médias publics, du secrétaire général du Haut-commissariat à l’Amazighité et de nombreux journalistes.

« Lancer ce site en Tamazight, notre langue nationale, le 4 mai, au lendemain de la célébration de la journée mondiale de la liberté de la presse, est un motif de fierté pour toute la presse et pour toute l’Algérie », a indiqué M.Grine, soulignant que cette langue est « partie intégrante de notre identité ».

Le directeur général de l’APS, Abdelhamid Kacha, a indiqué, pour sa part que le lancement du site web en Tamazight démontre la volonté des pouvoirs publics d’accompagner l’ancrage de la langue et de la culture amazighe dans le monde de l’information.

Le secrétaire général du HCA, Si El Hachemi Assad, a considéré, de son côté, qu’il s’agit d’un « évènement particulier qui figurait parmi les ambitions du HCA et que vient de concrétiser l’APS avec la collaboration du secteur de la Communication, un secteur qui joue un rôle pilote dans la promotion de cette langue ».

M. Assad a également fait part de la disponibilité du HCA à participer à la formation des journalistes en langue amazighe.
Aussi paradoxal que cela puisse paraitre, au moment où les dirigeants tentent de promouvoir la langue de nos ancêtres, aucune, sinon très peu d’initiatives de la société civile berbérophone sont à mettre à l’actif des défendeurs de Tamazight. Aucun journal, ni chaîne, hormis Berbere TV), de radio ou encore de sites électroniques n’ont vu le jour.

SI pour les deux premières citées, le verrouillage du champ médiatique algérien pourrait en constituer une raison, -bien que l’éclosion de chaines algériennes de droit étranger ne manque pas- la toile plus libre pouvait constituer une fenêtre libératrice d’initiatives pour renforcer le champ médiatique amazigh du moment que des milliers pour ne pas dire des millions de sites sont lancés quotidiennement dans toutes les langues.

A noter que parallèlement à ce premier « clic » en tamazight, le directeur de l’APS, M. Kacha a présenté un numéro unique en papier du journal du jour de l’agence qu’il dirige, une autre manière d’inciter les détenteurs de la deuxième langue la plus parlée en Algérie qu’il est aussi possible de s’engager dans la publication d’un quotidien entièrement en tamazight.

Ce qui n’a pas empêché le ministre de la Communication d’inviter les éditeurs privés désireux de s’engager dans la publication de périodique ou publication nationales en tamazight de prendre attache avec son département. « Le champs est désormais ouvert à toutes les initiatives », a-t-il dit en substance. 

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