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Nationale

L’Etat ne peut plus financer les entreprises publiques

L’Etat ne peut plus financer les entreprises publiques

Face à l’amenuisement important des ressources financières de l’Etat, les entreprises publiques devraient trouver d’autres solutions pour s’autofinancer.

Selon le président de l’Union nationale des entrepreneurs publics (UNEP), Lakhdar Rekhroukh, les entreprises du secteur public comptent, désormais, s’appuyer sur de nouveaux modes de financement alternatifs pour leur développement, face à une conjoncture économique difficile.

« Il s’agit de tirer profit, particulièrement, de la dynamisation de la Bourse d’Alger, des nouveaux produits financiers proposés par les banques, des fonds d’investissement ainsi que du partenariat public-privé », a-t-il expliqué dans un entretien à l’APS. Lakhdar Rekhroukh, lui-même à la tête du groupe public Cosider, considère que la Bourse est un « bon moyen » pour lever des fonds, notamment pour les entreprises bien structurées et ayant des ambitions à long terme.

Concernant le projet d’introduction de huit entreprises publiques en Bourse, le président de l’Unep relève la « défaillance » de la communication et le manque d’expérience des intermédiaires en opérations de Bourse (IOB) dans l’accompagnement de ces entreprises, alors que le processus de leur introduction a coïncidé avec le lancement de l’emprunt obligataire pour la croissance économique, « un projet alléchant sans aucun risque ».

Mais il a réfuté certaines analyses qui remettent en cause la capacité des entreprises publiques à s’introduire en Bourse, rappelant que les huit entreprises en question ont fait l’objet d’un « audit minutieux » par la Commission d`organisation et de surveillance des opérations de Bourse (Cosob) qui les a jugées éligibles.

« Une entreprise publique a nécessairement une comptabilité transparente. Elle est la transparence même. Et concernant le mode de gestion, on peut proposer des formations au profit des gestionnaires pour les aider à s’adapter et à se conformer à certaines exigences », a-t-il suggéré. 

En 2013, le Conseil des participations de l`Etat (CPE) avait donné son aval à ces huit entreprises publiques pour l`ouverture ou l`augmentation de leur capital social à travers la Bourse.

Il s`agit de trois cimenteries relevant du groupe GICA dont celle d`Aïn Kebira, du Crédit populaire d`Algérie (CPA), de la compagnie d’assurance CAAR, de Cosider Carrières (filiale du groupe Cosider), de l`entreprise Hydro-aménagement et de Mobilis. Dans le cas de la souscription de la Société des ciments d’Aïn-Kebira (SCAEK) en 2016, elle a été déclarée « infructueuse » et retirée, puisque la réglementation exige un minimum de 20% du montant total de la souscription alors que la levée de fonds avait atteint à peine 5% des 19 milliards de dinars que cette entreprise espérait lever sur le marché financier.

Concernant le Partenariat public-privé (PPP), le président de l’Unep explique que la réussite de ce nouveau mode de financement des projets dépend de plusieurs préalables, notamment l’existence d’un ancrage juridique et de fonds d’investissement. « C’est une formule multiforme qui peut soulager le Trésor public.

Mais ce qui préoccupe le plus, c’est de trouver les meilleurs moyens pour vendre nos projets. Il faut d’abord trouver l’investisseur, le rassurer au maximum par une législation convenable et des avantages fiscaux, bien négocier les contrats et maîtriser la partie technique et juridique », note-t-il. Pour le PDG de Cosider, les investisseurs qui viennent en Algérie sont principalement séduits par les fortes potentialités du marché national.

« Pour le PPP, on va essayer de les capter de la même manière », a-t-il affirmé. Le premier responsable de l’Unep indique que la question liée à l’organisation du secteur public marchand a fait l’objet de nombreux débats au sein de cette organisation. Il en ressort que « toute organisation, quelle que soit sa finalité, est appelée à évoluer et à se développer pour s’adapter aux impératifs et exigences liés à son environnement », a-t-il préconisé.

Il a expliqué que les profondes réformes, notamment économiques, mises en œuvre par les plus hautes autorités du pays impactent l’organisation et le fonctionnement de l’entreprise publique économique. Ce qui, logiquement, appelle à une mise à niveau organisationnelle qui doit viser à lever les contraintes qui pèsent sur l’environnement de l’entreprise.

« Cela permettra d’amener l’entreprise à jouer un rôle plus déterminant dans la croissance nationale, en termes de création de richesses et d’emplois, à travers l’accroissement de son rendement et de ses potentialités ainsi que son ancrage durable dans la modernité », a-t-il développé.

La faute n’incombe pas forcément aux gestionnaires du secteur public

A propos du bilan des différents plans de restructuration et des mesures d’aides destinés au secteur public et engagés lors des années précédentes, le président de l’Unep estime que la performance des entreprises publiques dépend de plusieurs facteurs, notamment de son statut de propriété de l’Etat, souvent utilisé pour mener sa politique économique et sociale.

« Ce qui est déplorable, c’est que certains jettent la pierre systématiquement aux gestionnaires », a-t-il regretté. Pour lui, si les choses sont clairement définies, les problèmes de gestion ou d’organisation peuvent être réglés de manière efficiente sans remettre en cause l’existence du secteur public.

Il estime, dans ce cadre, que l’entreprise publique reste, malgré toutes les critiques qu’elle subit, « très utile » pour le pays, affirmant qu’à chaque fois qu’il y a un problème particulier à régler ou un projet urgent, « c’est elle qui relève ces défis ».

Concernant les conditions permettant le développement du secteur économique national, Rekhroukh réitère les revendications de l’Unep formulées lors de la dernière tripartite à Annaba, appelant à prioriser la production nationale, à appliquer effectivement la loi qui consacre une part de préférence nationale de 25% aux entreprises algériennes, à alléger la fiscalité de l’entreprise, ce qui va aider à capter le capital informel et augmenter, par conséquent, l’assiette fiscale, et à limiter davantage les importations pour encourager le développement d’un tissu industriel local à terme.

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