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Op-Ed

L’Etat et les réfugiés syriens

On les voit sur la route, portant des pancartes écrites d’une calligraphie particulièrement soignée, en arabe ou en français, pour demander de l’aide.

Femmes tenant à la main un enfant, visages graves et priant les automobilistes ralentis par un embouteillage de bien vouloir donner une pièce, ou un billet pour les plus généreux. Parfois, les hommes sont aussi de la partie quand ils ne travaillent pas, la plupart dans la clandestinité, sur les chantiers du bâtiment boudés par les maçons et manœuvres algériens.

Les réfugiés syriens sont de plus en plus visibles en Algérie et par-delà la capitale. Où logent-ils ? Combien sont-ils pour qu’il n’y ait plus une place de grande ville ou un axe routier important où l’on ne le rencontre pas ?

Les autorités auraient bien du mal à apporter des réponses précises à ces quelques interrogations qu’on peut légitimement se poser. Parce que les services sociaux du pays ne sont malheureusement pas capables de porter assistance à cette population qu’on estime toutefois à 35 000 personnes selon des sources non officielles.

Il faut rappeler qu’un bon pourcentage de ces migrants de la guerre se retrouve en situation irrégulière sur le territoire algérien, certains sous de fausses identités d’autres sans aucun document de voyage. Pour l’instant, les activités de ces malheureux ressortissants syriens, dont de nombreuses familles vulnérables, n’impliquent pas de surveillance trop inhospitalière de la part des services de sécurité.

Au contraire, une sorte de compassion tétanise tous les fonctionnaires, commerçants ou simples passants. En connaissance de cause ! Le drame de la guerre civile en Syrie touche bien évidemment les Algériens qui font souvent le geste de solidarité qu’ils peuvent à l’adresse des réfugiés.

Cependant, quand la population d’étrangers en difficulté augmente de façon aussi importante, s’ajoutant à celles des démunis nationaux et d’autres nationalités en progression aussi, l’Etat doit intervenir urgemment. En créant les structures adaptées pour un suivi sanitaire, psychologique, social de ces milliers d’individus en détresse.

Un suivi qui doit rester humain pour offrir une chance de scolarisation aux enfants, un minimum vital aux parents et un peu d’affection. En appuyant aussi la société civile impliquée dans le soutien à ces immigrants au quotidien. Il s’agit d’un impératif politique et social pour l’Algérie, en tant que terre d’accueil.
 

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