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Nationale

Les vérités de Sellal

Les vérités de Sellal

Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, a viré de bord à 180%. Depuis lundi dernier, il a changé de discours. Ce n’est plus celui de la langue de bois. 

Il adopte enfin un discours de Premier ministre et il dit tout. Mais ce changement de ton lui suffira-t-il pour rassurer les plus sceptiques ? Déjà des voix s’élèvent pour dire que c’est bien mais trop tard. En effet, trop de temps perdu et de tergiversations ont conduit à cette situation. Trop d’occasions ratées aussi.

Depuis que le prix du baril de pétrole a atteint un seuil historique au début des années 2000, frôlant même la barre des 130 dollars, le pouvoir en place a négligé le développement économique nécessaire pour sortir de la dépendance des hydrocarbures.

Quinze années de perdues où l’État pouvait jeter les bases d’une industrie à même de ramener le pays dans le giron des pays émergents. L’importance de l’investissement privé pour le développement a été tout simplement mis de côté. Il suffit de quelques indicateurs pour mesurer le fiasco.

La solution est plutôt de créer un tableau de bord comprenant les indicateurs les plus pertinents et d’évaluer l’action du gouvernement sur la base de la performance du pays au regard de chacun de ces indications. Le secteur public ne joue plus le rôle de moteur de l’économie. Et enfin, le pouvoir a savamment, depuis dix ans, mis en place des lois contraignantes pour le secteur privé. Et aujourd’hui le gouvernement se met à l’évidence que les taxes et les lois qu’il a mises en œuvre sont des freins à l’économie nationale.

La crise pétrolière qui dure depuis plus d’un an et qui va en se prolongeant encore et les chutes drastiques des revenus (-de 45%) ont sonné peut être le glas d’une politique dirigiste et volontariste qui a provoqué plus de dégâts qu’elle n’en n’a résolus. Le secteur de l’agriculture, auquel on a injecté depuis le début des années 2000 plus de 150 milliards de dollars, peine à assurer l’autosuffisance alimentaire.

On importe encore aujourd’hui du blé, de l’orge, des légumes et même des fruits. L’industrie est au plus mal. Ce secteur fort, générateur d’emplois, a été laissé de côté.
Le secteur des services dont les banques, qui croulent sous le poids des surliquidités, est quasiment inexistant.

Or, tous les spécialiste s’accordent à dire que les surliquidités sont un puissant frein au développement économique d’un pays. Ce phénomène traduit simplement le fait que les établissements bancaires préfèrent conserver les liquidités dont elles disposent, souvent très importantes, plutôt que d’en prêter une partie pour financer les projets d’investissement des entreprises. Le tourisme également est en mauvaise postures il est même devenu le parent pauvre de l’économie nationale.

 Face à cette situation, Sellal a indiqué que le gouvernement a pris certaines « mesures d’ajustement ».Il a aussi cité comme mesures le recours au marché financier pour lesinvestissements à caractère marchand, la réduction des importations, la lutte contre les transferts illicites de capitaux par un plus grand contrôle du commerce extérieur et de ses modes de paiement (Crédoc…) et la mise en place des licences d’importation. En plus, l’Etat a revu à la baisse la TAP (taxe d’activité professionnelle) ainsi que la révision de l’impôt sur le bénéfice des sociétés (IBS) au profit des investisseurs dans les secteurs productifs.

Mais il est utile de rappeler que pour devenir un pays émergent, les intentions ne suffisent pas. Il faut opérer des réformes internes importantes : une réforme agraire qui libère la main-d’œuvre pour les besoins de l’industrialisation, une épargne nationale qui finance cet effort, un nationalisme économique qui soude un peuple derrière un pouvoir étatique fort.

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