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Les urnes et l’argent, une option incontournable

Les urnes et l’argent, une option incontournable

L’argent, le nerf de la guerre pour le financement des campagnes électorales. La participation des hommes d’affaires en tant que candidats ou sponsors est une option indiscutable pour les partis. Ce n’est plus un tabou ou un obstacle en Algérie. Plus on est riche et proche des rouages du pouvoir ou des partis, plus on est choyé.

Tous les partis politiques font appel aujourd’hui à des hommes d’affaires pour financer leurs activités. Pour preuve, les listes indépendantes sont en net recul par rapport aux années précédentes. En manque de ressources financières, rares sont celles qui ont pu passer cet écueil. De plus, le verrou des 5% a fini par les achever. Sur le papier, une campagne électorale est financée d’un côté par les subventions de l’Etat allouées aux partis et d’un autre côté, l’autofinancement des partis, en l’occurrence les dons et les cotisations des membres.

Selon l’article 196 de la loi organique n° 16-20 du 25 août 2016 relative au régime électoral, « le candidat à l’élection de président de la République ou à la liste de candidats aux élections législatives, est tenu d’établir un compte de campagne retraçant, selon leur origine et selon leur nature, l’ensemble des recettes perçues et des dépenses effectuées ». Or et jusqu’à aujourd’hui et après plusieurs scrutins, aucun parti n’a rendu des comptes ou donné le montant exact des dépenses.

Plus question désormais de rêver de l’accession à un mandat électif pour une citoyenne ou un citoyen n’ayant pas les moyens de financer une campagne. L’argent devient donc la clé du succès : campagnes publicitaires directes ou détournées, tournées nationales, soutiens affichés des médias, campagnes de proximité.

Il n’est plus question d’arriver aux élections sans avoir un compte en banque bien garni. Les prochaines législatives permettront de vérifier que cette évolution s’accélère. Faute de moyens financiers, il devient en effet de plus en plus difficile de faire véritablement campagne. Plaquettes, site internet, affiches… et bien d’autres outils de communication nécessitent un budget conséquent dans les wilayas dans lesquelles l’aide de l’Etat n’existe pas.

Ainsi, on voit apparaître des personnes fortunées qui offrent leurs services. Elles s’engagent « à ne pas prendre d’indemnités » ou à « en faire cadeau » car tout simplement elles ont suffisamment de revenus pour ne pas pénaliser leur pouvoir d’achat quotidien par leur activité élective.

Dans la très grande majorité des cas, on présente désormais des candidats milliardaires ou au moins très aisés face à un(e) militant(e) n’ayant que son parti pour le ou la soutenir. Le fossé se creuse davantage à chaque scrutin. La chasse aux « sponsors » bat actuellement son plein et aucune vérification sérieuse n’est effectuée sur le financement des campagnes en dehors des déclarations officielles.

La place de l’argent en politique a toujours constitué un sujet d’intérêt pour les observateurs de la vie politique des pays démocratiques. La multiplicité de scandales financiers suggère que l’argent et la démocratie nouent des relations dangereuses. Il n’est pas rare que l’évocation de l’argent dans la sphère politique conduise les observateurs les plus éclairés à glisser sur le terrain de la corruption, des pots-de-vin et d’un traitement inéquitable des candidats. Pour certains observateurs, les montants financiers nécessaires pour mener une campagne sont susceptibles de discriminer des candidats compétents mais sans ressources.
Pour d’autres, les sources de financement du personnel politique peuvent donner lieu à toute sorte de dérives ayant souvent pour causes, pour certains observateurs, les montants financiers nécessaires pour mener une campagne et qui sont susceptibles de discriminer des candidats compétents sans ressources. La montée en puissance de l’argent pose donc un double enjeu : l’argent est-il nécessaire au processus démocratique ? Des exemples concerts confortent cette thèse.

A Oran, un homme d’affaires inconnu au bataillon a pu se faire une place au soleil dans les rangs du RND où il vient d’être intronisé en seconde position sur la liste derrière un ténor du parti. L’homme d’affaires Nabil Louhili, ancien responsable dans la direction de campagne du président Bouteflika est un homme influent dans le domaine de la culture.
Ses activités professionnelles vont de la promotion immobilière, à l’hôtellerie (hôtel Yasmine) en passant par la vente de matériel médical. Il est vrai que le parti d’Ahmed Ouyahia n’a pas fait mystère de sa proximité avec les « hommes riches ». Sept candidats figurent sur les listes du RND.

La prochaine APN pourrait ouvrir grandes ses portes aux hommes d’affaires. Ces derniers ont été nombreux sur les listes du RND et du FLN ; ce dernier a été contraint de reconduire ses deux vice-présidents, Tliba et Djemai. Le financement de campagne électorale est un sujet tabou et banni des débats politiques. Rien ne filtre sur le sujet, si ce n’est des indiscrétions et fuites.

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