Les travaux du tronçon algérien lancés : Le TSGP prend forme
Le projet de gazoducgazoduc Un gazoduc est une canalisation destinée au transport de matières gazeuses sous pression, la plupart du temps des hydrocarbures. Selon leur nature d'usage, les gazoducs peuvent être classés en trois familles principales : 1- gazoducs de collecte, ramenant le gaz sorti des gisements ou des stockages souterrains vers des sites de traitement. 2- gazoduc de transport ou de transit, acheminant sous haute pression le gaz traité (déshydraté, désulfuré, ...) aux portes des zones urbaines ou des sites industriels de consommation 3- gazoducs de distribution, répartissant le gaz à basse pression au plus près des consommateurs domestiques ou des petites industries. transsaharien (TSGP) prend forme à partir de l’Algérie, avec le lancement des travaux du tronçon algérien depuis la wilaya d’Adrar. Un projet essentiel pour l’intégration énergétique africaine, avec un impact sur la scène énergétique mondiale. Le rôle central de ce projet, notamment celui du tronçon algérien, a été souligné par le ministre d’Etat, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, lors du coup d’envoi officiel des travaux.
Ce n’est pas une simple réunion ministérielle du comité de pilotage du TSGP que l’Algérie a accueillie. Cette 5e tripartite a, en effet, acté le lancement effectif de ce projet, amorçant une étape cruciale dans la concrétisation de ce projet stratégique. C’est à Aoulef, dans la wilaya d’Adrar, que les travaux ont été officiellement lancés par le ministre des Hydrocarbures, en présence du ministre d’Etat des Ressources pétrolières (Gaz) de la République fédérale du Nigeria, Ekperikpe Ekpo, et du ministre du Pétrole de la République du Niger, Hamadou Tini, ainsi que des dirigeants des compagnies pétrolières des trois pays.
Selon le ministre des Hydrocarbures, le lancement officiel des travaux constituait « une étape historique » dans le processus de concrétisation de ce projet continental, soulignant que l’accord portant sur l’adoption des résultats de l’étude de faisabilité et le passage à la phase de réalisation traduisait la ferme volonté politique des dirigeants des trois pays (Sonatrach, NNPC et Sonidep), ainsi que leur détermination à traduire ce projet dans les faits.
Le rôle pivot du tronçon algérien a été, en outre, mis en avant par M. Arkab dans une allocution prononcée à cette occasion. Soulignant le fait que ce projet s’inscrit dans le cadre des orientations du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, visant à renforcer la coopération africaine, à promouvoir la coopération Sud-Sud et à concrétiser les projets structurants soutenant le développement conjoint des peuples du continent, le ministre a indiqué que ce gazoduc permettra le transfert d’importantes quantités de gaz naturel depuis le Nigeria à travers le Niger vers l’Algérie, puis vers les marchés mondiaux. Cela, a-t-il ajouté, en s’appuyant sur l’infrastructure algérienne développée en matière de transport, de traitement et d’exportation vers les marchés mondiaux.
Il a, en effet, salué le rôle central attendu du tronçon algérien dans la réception et l’acheminement du gaz provenant du Nigeria, tout en valorisant des quantités supplémentaires de gaz produites localement, particulièrement à partir des bassins gaziers prometteurs, notamment celui d’Ahanat.
Le tronçon nigérien prévu pour 2027
De son côté, le ministre d’Etat nigérian des Ressources pétrolières a réaffirmé l’engagement total de son pays à approvisionner le pipeline en gaz naturel, estimant que ce projet contribuerait à dynamiser l’industrialisation, à créer des emplois et à améliorer les conditions de vie des populations établies le long de ce corridor énergétique.
Pour sa part, le ministre du Pétrole de la République du Niger a salué la vision et le leadership des chefs d’Etat des trois pays dans la conduite de ce projet, assurant que son pays avait entamé les préparatifs pour la réalisation du tronçon traversant son territoire, lequel s’étend sur plus de 700 km. Il a, dans ce sens, indiqué que le lancement des travaux de la section nigérienne est prévu pour le début de l’année 2027.
Lors de la cérémonie de lancement des travaux du tronçon algérien, la délégation a suivi un exposé technique détaillant les différentes étapes de ce projet énergétique stratégique, dont le tracé global s’étend sur plus de 4 000 km, depuis le Nigeria, en traversant le Niger, jusqu’en Algérie, pour ainsi acheminer le gaz naturel nigérian vers les marchés internationaux.
Au-delà de son rôle pour l’intégration énergétique en Afrique, le TSGP aura un impact sur les marchés internationaux. Un aspect qu’a souligné le directeur exécutif de la Commission africaine de l’énergie (AFREC), Rashid Ali Abdallah. Dans sa déclaration à l’APS, il a relevé le fait que l’Afrique joue déjà un rôle important dans l’approvisionnement mondial en gaz naturel, particulièrement en Europe où l’Algérie figure parmi les principaux fournisseurs.
Selon lui, le raccordement envisagé du TSGP aux infrastructures gazières existantes entre l’Algérie et l’Europe permettra de consolider les relations commerciales énergétiques à travers la Méditerranée et de renforcer davantage la position de l’Afrique en tant que fournisseur fiable de gaz naturel sur les marchés internationaux.
Ainsi, le TSGP est passé à la phase de concrétisation, pour que la première partie du projet soit opérationnelle au début de 2029, comme l’a récemment avancé le secrétaire général de l’Organisation des producteurs de pétrole africains (APPO).