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Nationale

Les travailleurs de l’ETRAG exigent le départ du PDG

Les travailleurs de l’ETRAG exigent le départ du PDG

Un millier de travailleurs de l’ETRAG, entreprise de fabrication de tracteurs agricoles de Constantine, sont montés au créneau pour exiger le départ du président-directeur général de l’entreprise, sise à Oued Hmimime, dans la commune d’El-Khroub. Un sit-in a été observé à la place de la Pyramide, à quelques encablures du cabinet du wali, rendant la circulation vers le centre-ville quasi impossible. Un important dispositif sécuritaire a été, pour la circonstance, mis en place par la brigade anti-émeute.

Accusé de mauvaise gestion et de vouloir accaparer, lui et son équipe constituée d’un quatuor de cadres dirigeants, toutes les décisions relatives à l’avenir de l’entreprise, Bendjamâa est sur la sellette depuis près de deux ans. Les travailleurs sont, pour rappel, entrés en débrayage le 7 avril. Des débrayages cycliques sont régulièrement observés à l’intérieur de l’entreprise, ce qui a poussé la tutelle à déléguer une commission ministérielle. Cette dernière n’a pu constater d’infractions ou d’anomalies dans la gestion de l’actuelle direction, précise un cadre de l’entreprise contacté par téléphone, ce qui aurait poussé les émissaires algérois à préconiser un dialogue ouvert entre les parties en conflit. Dialogue que refusent « catégoriquement » les travailleurs rencontrés ce lundi , lesquels insistent sur la nécessité de redonner un nouveau souffle à l’entreprise par la désignation d’une nouvelle direction. Les contestataires s’appuient sur le manque de perspectives pour leurs produits.

Aussi, une délégation dirigée par le premier responsable de la section syndicale de l’entreprise, affiliée à l’UGTA, a été reçue vers midi par les autorités de la wilaya afin de trouver une solution à un conflit qui n’a que trop duré, selon notre interlocuteur.

Au début des années 2010, et avec l’ambition des pouvoir publics de créer un pôle industriel dans le machinisme agricole, on avait annoncé en grandes pompes l’accord scellé entre la défunte Sonacome et le leader mondial dans la fabrication des tracteurs, l’américain Massey, Ferguson, et ce via une joint-venture regroupant en plus de l’ETRAG, l’Entreprise algérienne de distribution de matériels agricoles (PMAT) et le groupe américain AGCO Massey Ferguson. La sortie du premier tracteur issu de cette association fut alors fêtée en décembre 2012, en présence du ministre de l’Industrie, de la PME et de la Promotion de l’investissement de l’époque, Chérif Rahmani, et du P-DG du groupe américain AGCO Massey Ferguson Martin Heinrich Richenhagen. Des prévisions avaient alors été faites : des milliers d’engins seraient produits, dont une partie serait destinée à l’exportation.

Ainsi donc, près de huit ans plus tard, le parc de nouveaux engins sortis de l’usine se retrouve submergé de tracteurs flambant neufs en attente de preneurs. A en croire le même cadre dirigeant, qui a préféré garder l’anonymat, l’Etrag se charge uniquement de la fabrication. Son plan de charge obéit cependant à des exigences dont des commandes de l’Etat, que ce soit pour les produits destinés au marché local ou à l’exportation. En outre, précise-t-il, une autre filiale du groupe mécanique PMA Tarding a, pour sa part, la mission de dénicher des débouchés aux produits.
La crise économique qui secoue le pays n’a pour ainsi dire pas aidé à booster les ventes de l’entreprise. Auparavant soutenus par l’Etat pour l’achat du matériel destiné à leur labeur, les agriculteurs algériens, peu enclins à faire des dépenses, de l’avis de l’un d’entre eux, se retrouvent ainsi démunis faute de contribution financière de leur tutelle, ce qui, de facto, se répercute sur le chiffre d’affaires de l’entreprise de fabrication des tracteurs.

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