Lois syndicale: les syndicats décident de saisir le Bureau international du travail – Le Jeune Indépendant
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Nationale

Lois syndicale: les syndicats décident de saisir le Bureau international du travail

Lois syndicale: les syndicats décident de saisir le Bureau international du travail

Une trentaine de syndicats algériens autonomes, représentants plusieurs secteurs d’activité, ont annoncé la tenue d’un meeting de protestation le 7 mars prochain, à Alger. Une date choisie qui coïncide avec le jour de l’adoption du premier projet de loi relative aux modalités d’exercice syndical à l’Assemblée populaire nationale. Ils vont également saisir le bureau international du travail (BIT), après avoir épuisé toutes les voies et recours auprès des hautes instances.

La symbolique de la journée de protestation nationale décidée par les trente syndicats a été pratiquement respectée ce mardi. C’est ce qu’a indiqué au Jeune Indépendant Dr Mohamed Yousfi, président du syndicat national des praticiens spécialistes de la santé publique (SNPSSP)

« Cette journée de protestation n’est pas une journée de grève qui va paralyser les secteurs. C’est une journée qui symbolise notre mécontentement par rapport aux deux projets de loi relatifs aux modalités d’exercice syndical et au règlement des conflits du travail et au droit de grève, dont le premier a été débattu ce mardi.

A cet effet, des rassemblements ont été observés dans les milieux de travail des différents syndicats qui ont appelé à cette manifestation » a-t-il précisé. Et d’enchaîner : « on n’est pas dans une logique de confrontation et de grève, on est dans une logique de mécontentement dans le but de prendre à témoin l’opinion publique que ces deux projets de loi portent atteintes aux libertés syndicales ».

Le syndicaliste a fait savoir que la réunion de ce mardi a été une occasion pour faire une évaluation sur cette journée de protestation, qui selon lui s’est bien déroulée et discuter de ce qui va se faire, en maintenant l’appel au président de la République Abdelmadjid Tebboune et aux députés de prendre leurs responsabilités. 

Lors de cette réunion organisée, ce mardi, au siège de l’Union nationale des personnels de l’éducation et de la formation (UNPEF), le même interlocuteur a ajouté que « les syndicats autonomes ont décidé d’organiser le 7 mars prochain un rassemblement dans le respect de la règlementation, espérant que les autorités nous donneront l’autorisation pour tenir notre meeting, sinon on va le faire dans un autre endroit. L’autorisation est déposée aujourd’hui. Le choix de la date n’est pas anodin. Le mardi prochain ce sera le vote en plénière de ce projet de loi».

Le Dr Yousfi a précisé que « les syndicats vont saisir le bureau international du travail (BIT) avec l’adoption de ce projet, rappelant que «l’Algérie est signataire des conventions internationales, donc garante de leurs applications qui sont au-dessus de toutes les lois dans tous les pays ».

Il a cité à titre d’exemple de la dépendance de ses syndicats aux pouvoirs publics en termes de fonctionnement, de statut et de règlement intérieur, sachant que « les syndicats ne sont pas des institutions de l’Etat. Ils sont créés par des groupes de travailleurs sous l’égide du ministère du travail qui fonctionnent avec des statuts et des règlements intérieurs, ou l’Etat n’a aucun droit de s’ingérer comme les prévoient les conventions internationales, particulièrement la convention 87 dans son article 3 ». 

De son côté, Dr Lyes Merabet, président du syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP) a exprimé sa satisfaction par rapport à la journée de protestation tenue hier suite à l’appel des syndicats. « D’après les échos que nous avons eu à travers différentes wilayas, dans la wilaya d’Alger on a eu un taux de suivi de 70 % comme moyenne au niveau des structures de santé publique en dehors des CHU.

Le constat est le même dans la plupart des wilayas du pays. Il y a même dans certaines wilayas où on a dépassé un taux de suivi de 90 %, notamment à Tizi Ouzou ». Il a précisé que les syndicats proposent l’éventuelle mise en place d’un programme d’actions y compris des grèves dans différents secteurs.

Pour le coordinateur de la confédération des syndicats algériens (CSA), Djamel Ghoul, la  décision de grève nationale organisée hier était  le résultat d’une « sourde oreille » de la tutelle interpellée à maintes reprises.

« Les deux communiqués rédigés par la CSA respectivement le 26 janvier et le 6 février dernier ont bien précisé la position des 14 syndicats de la fonction publique, à savoir le refus catégorique des deux projets de loi syndicale et le droit de grève » avait- il fait savoir, exprimant « quelques réserves, à savoir le dépassement des lois de la République qui régit l’activité syndicale ainsi que toutes les conventions internationales dans ce domaine.

Il est également question d’atteinte aux acquis syndicaux consacrés par les lois 14/90-02/90 ». Il avait expliqué que cette décision « purement syndicale » intervient avec le consentement de toutes les organisations syndicales présentes dans la réunion qui placent l’intérêt général en premier lieu.

Dans ce sens, il avait ajouté « que l’exercice syndical est en danger, il faut se mobiliser pour défendre ce que nous avons acquis à savoir les libertés syndicales ».

 

 

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