Rentrée scolaire: Les syndicats relèvent des lacunes – Le Jeune Indépendant
-- -- -- / -- -- --


Nationale

Rentrée scolaire: Les syndicats relèvent des lacunes

Rentrée scolaire: Les syndicats relèvent des lacunes

Si du côté du ministère de l’Education nationale on parle d’une rentrée scolaire 2023/2024 sans encombres et dans de bonnes conditions, pour les partenaires sociaux, beaucoup de lacunes sont à relever, cette rentrée n’ayant pas résolu les problèmes divers et complexes auxquels fait face le secteur de l’éducation.

Les différents syndicats et les parents d’élèves affirment que du point de vue de la forme, la rentrée scolaire « s’est déroulée le plus normalement possible », mais dans le fond, ils déplorent beaucoup de lacunes, notamment en matière de surcharge des classes, de disponibilité du livre scolaire, d’achèvement des nouvelles structures éducatives…

Contacté par le Jeune Indépendant, le secrétaire général du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef), Boualem Amoura, a déclaré que la rentrée scolaire 2023/2024 a été « ratée et catastrophique, à l’instar de toutes les rentrées précédentes », citant l’ensemble des problèmes auxquels fait face l’école, que ce soit au niveau pédagogique ou infrastructurel. « C’est une rentrée scolaire catastrophique en raison de décisions non réfléchies et improvisées mais aussi d’une mauvaise gestion. Ce qui a généré des manquements qui persistent à ce jour. On ne tire pas de leçons du passé ! », a-t-il regretté,

Le Satef qui, chaque année, interpelle les responsables du secteur pour intervenir en urgence afin de trouver des solutions aux divers problèmes de la rentrée scolaire, regrette le manque d’anticipation chez ces derniers. « Au lieu d’affronter les vrais problèmes de l’école, tels que la révision du système éducatif pour aller vers une école de qualité, on continue de se baser sur les détails », a déclaré M. Amoura, ajoutant qu’« il est important de parler de la surcharge des classes, de l’état lamentable des établissements, du manque d’infrastructures, etc. On peut également évoquer le manque dans l’encadrement administratif et pédagogique. Beaucoup de problèmes attendent toujours d’être résolus », a-t-il affirmé. Il s’est interrogé sur le devenir des écoles en cours de réalisation et qui ne sont toujours pas achevées.

Il a évoqué, dans ce sens, le manque d’établissements scolaires dans certaines zones ainsi que la surcharge des classes. « A chaque rentrée scolaire, on se retrouve avec des écoles qui manquent de moyens pour accueillir les élèves, comme les cantines, les chaises… », a-t-il fait savoir.

Il convient de souligner que dimanche dernier, lors de la réunion du Conseil des ministres, le président Abdelmadjid Tebboune a ordonné au gouvernement d’« achever, dans un délai de deux semaines au plus tard, l’équipement des écoles, réaménagées ou nouvelles, en coordination avec les walis ». Le nombre d’écoles concernées par cette opération n’a pas été précisé. Interrogé sur la disponibilité du livre scolaire, Amoura a tenu à souligner qu’il y a un manque car, selon lui, il est mal distribué aux établissements scolaires. « Certains ont reçu plus que leurs besoins et d’autres ont un déficit, et tout cela est dû à la mauvaise gestion ! », a-t-il clamé.

De son côté, Yazid Bouanane, chargé de l’information du Conseil national autonome des directeurs des lycées (CNADL), estime que cette rentrée a été confrontée à plusieurs défis et à divers problèmes, dont « certains sont récurrents et d’autres ont vu le jour avec les nouvelles décisions prises par le ministère de tutelle ».    

Pour lui, le premier de ces défis concerne la décision de vulgariser l’enseignement de l’anglais à l’école primaire, qui est une décision « stratégique » mais nécessite une préparation optimale. Pour l’introduction de l’éducation physique pour les élèves du primaire, il s’interroge sur le degré de préparation des écoles et les chances de réussite de l’enseignement de cette matière à ce stade. « Mis à part ce que l’enseignement de ces deux matières peut apporter de plus au secteur de l’éducation, notamment avec le développement des systèmes d’enseignement à travers le monde, nous estimons que l’élève souffrira davantage de la charge du programme scolaire et du nombre important de matières enseignées. Ce qui nécessite une réflexion sérieuse et urgente pour revoir et réformer les programmes, et les adapter à ces développements », a-t-il estimé.

Bouanane a évoqué d’autres problèmes qu’il qualifie d’« ordinaires » et qui refont surface chaque année, comme la surcharge des classes ainsi que l’usure de certaines structures éducatives. La résolution de ces problèmes nécessite, selon lui, un travail régulier et continu et non occasionnel. Il nécessite des ressources considérables pour réhabiliter les anciennes structures ou en construire de nouvelles.

Par ailleurs, au sommet des préoccupations soulevées par le CNADL se trouve « la réhabilitation sociale et professionnelle des directeurs d’écoles secondaires en particulier et du personnel éducatif en général, ainsi que la concrétisation des engagements à l’égard de l’ensemble du personnel éducatif ».

C’est pourquoi il appelle à accélérer la publication du statut particulier et à revoir les salaires en ouvrant le dossier des subventions et primes, estimant que ce dossier est « sensible » et qu’il doit être abordé selon « une vision scientifique, précise et définitive pour parvenir à la stabilité » du secteur.

Veuillez activer JavaScript dans votre navigateur pour remplir ce formulaire.

Cet article vous-a-t-il été utile?

Cet article vous-a-t-il été utile?
Nous sommes désolés. Qu’est-ce qui vous a déplu dans cet article ?
Indiquez ici ce qui pourrait nous aider a à améliorer cet article.
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email