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Nationale

Les subventions rationalisées

Les subventions rationalisées

Alors qu’on pensait qu’avec l’incursion de la planche à billets et ses facilitations dans les dotations budgétaires les autorités publiques ne trouveraient rien à redire dans le maintien du colossal budget destiné aux subventions directes et indirectes, sociales ou pas, des doutes persistaient, bien que certains estiment que ce volet devrait être soumis lui aussi aux réformes et à une profonde révision, tant qu’il est temps et que la situation financière et politique le permet.

De plus, ces subventions, symbole dogmatique d’une politique sociale de l’Etat algérien et sa fierté, relèvent d’une philosophie idéologique bâtie au lendemain de l’indépendance.

Aujourd’hui, avec le poids de la démographie, la rareté des ressources et la rigidité du système économique, ces subventions deviennent un vrai fardeau et non plus un levier de lutte contre la pauvreté et la précarité sociale. Pour le gouvernement, comme pour les experts, l’urgence de repenser ce dossier exige également une meilleure préparation, une large consultation et une adhésion totale des forces sociales.

Ainsi, le Premier ministre Ahmed Ouyahia a souligné, dans son intervention hier à l’APN, lors de la présentation de son plan d’action, la volonté de l’Etat d’aller vers une réforme de ce dossier. Il a indiqué que les « subventions publiques directes ou indirectes feront l’objet d’une rationalisation précédée d’une bonne préparation, pour éviter les injustices et les incompréhensions ».

A ce propos, il a tenu à préciser qu’en attendant la finalisation de ce dossier au niveau des administrations publiques, puis les consultations dont il fera l’objet, « l’ensemble des subventions en place sur les produits de base demeureront en vigueur ». Pour les experts, il existe plusieurs modèles et expériences à travers le monde dans la gestion des ciblages des aides et autres subventions étatiques.

Des modèles qui sont construits sur des données et des indicateurs que des institutions publiques préparent et examinent à la loupe, afin d’éviter des injustices, des anomalies ou des excès. Ce sont parfois des organismes, ou des offices, chargés d’établir des listings sur ces familles défavorisées et susceptibles d’être aidées et soutenues.

Les marges d’erreurs sont minimes, à condition qu’on procède annuellement à des révisions et des enquêtes. C’est ainsi que les experts pensent que la mise en place de ce processus touchant aux subventions prendra beaucoup de temps, voire une année, sinon plus, dans le cas algérien. Il faudra que le gouvernement détermine d’abord les chapitres concernés par le régime des subventions, avant d’élaborer les critères pour les bénéficiaires.

De plus, il faudra trancher le choix de l’organisme ou de l’institution qui gèrera ce lourd dossier, soit l’actuel département ministériel de la Solidarité et ses différents services régionaux, soit les Collectivités locales, ou carrément un autre office à créer éventuellement qui pourrait dépendre du ministère des Finances ou du premier ministère.

Le poids de ces subventions directes et indirectes est énorme. Les transferts sociaux sont de l’ordre de plus de 1 630 milliards de dinars et sont essentiellement orientés vers le soutien aux familles à travers la subvention des produits de base (principalement l’huile, le sucre, le lait et la farine) l’éducation (gratuité de l’enseignement du primaire jusqu’au supérieur), l’accès à l’eau et l’énergie (gaz de ville, électricité), la santé (gratuité des soins dans les établissements publics et la prise en charge des malades chroniques), le logement social et les autres formules d’aide à l’autoconstruction, les carburants, les pensions de retraites, l`accompagnement des faibles revenus (différentes primes de scolarité ou du couffin du Ramadhan), le soutien des démunis et des handicapés, à travers des mécanismes d’aides et de pécules mensuels.

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