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Les Saoudiens se ménagent une porte de sortie

Les Saoudiens se ménagent une porte de sortie

Nouvel épisode dans l’escalade entre l’Arabie saoudite et l’Iran. Le Koweït a rappelé hier son ambassadeur à Téhéran pour protester contre l’attaque de missions diplomatiques saoudiennes en Iran, devenant le quatrième pays arabe du Golfe à rompre ou à réduire ses relations avec la République islamique d’Iran.

L’attaque est « une entorse flagrante aux accords et aux normes internationaux et une grave violation des engagements de l’Iran pour la sécurité des missions diplomatiques et la protection des diplomates », indique un communiqué du ministère koweïtien des Affaires étrangères, cité par l’agence officielle Kuna.

Dans la foulée de l’Arabie saoudite qui a rompue ses relations avec l’Iran dimanche, Bahreïn et le Soudan ont également annoncé la rupture de leurs relations diplomatiques avec Téhéran avant-hier.

Egalement alliés de Ryad, les Emirats arabes unis (EAU) ont pour leur part dit qu’ils abaissaient le niveau de leur représentation diplomatique en Iran, où va seulement demeurer un chargé d’affaires, et qu’ils réduisaient le nombre de diplomates iraniens dans les Emirats.

Volonté réelle de désescalade ou message diplomatique, l’Arabie saoudite a déclaré lundi qu’elle rétablirait les relations diplomatiques avec l’Iran une fois que Téhéran aura cessé de se mêler des affaires des autres pays, Ryad ajoutant qu’elle poursuivrait ses efforts en faveur de la paix en Syrie et au Yémen malgré la crise diplomatique.

L’Arabie saoudite a rompu dès dimanche avec l’Iran pour dénoncer l’attaque la nuit précédente de son ambassade à Téhéran par des manifestants qui protestaient contre l’exécution du cheikh Nimr al Nimr, figure de la contestation chiite dans le royaume wahhabite.

Riyad a ensuite annoncé la suspension de ses liaisons aériennes et de tous ses liens commerciaux avec la République islamique.
Prié de dire quelles étaient les conditions nécessaires pour le rétablissement des liens entre les deux pays, Abdallah Al-Mouallimi, l’ambassadeur de l’Arabie saoudite aux Nations Unies, a dit à des journalistes : « C’est très simple : l’Iran doit cesser (…) d’interférer dans les affaires internes d’autres pays, y compris le nôtre ».

« Dans ce cas, nous aurons évidemment des relations normales avec l’Iran. Nous ne sommes pas les ennemis nés de l’Iran », a-t-il ajouté.

Le discours saoudien est justement bâti sur une affirmation ancienne qui veut que l’Iran est soupçonné, sinon accusé d’immixtion dans les affaires de plusieurs Etats de la région. Ce que Ryad omet de dire, c’est qu’elle pratique elle-même cette politique d’ingérence dans les affaires de plusieurs pays.

De fait, une guerre par procuration existe entre les deux pays, notamment en Irak, en Syrie, au Yémen et à Bahreïn. Pour pousser plus loin sa volonté d’hégémonie, Ryad a lancé, en décembre dernier, l’idée d’une alliance militaire islamique qui exclue de nombreux pays dont l’Iran, l’Irak, la Syrie et l’Algérie.

Quelle est la position américaine ? Les Etats-Unis sont entrés en contact avec Ryad et Téhéran pour les appeler à faire preuve de « retenue » dans la crise provoquée par l’exécution d’un dignitaire religieux chiite en Arabie saoudite, a déclaré le porte-parole de la Maison blanche.

La crise diplomatique entre l’Arabie saoudite et l’Iran risquent de compromettre les efforts visant à mettre un terme à la guerre civile en Syrie, où l’Arabie saoudite et d’autres puissances du Golfe soutiennent les groupes terroristes en lutte contre le président Bachar al Assad, soutenu par l’Iran et la Russie.

L’Arabie saoudite a joué un rôle clef dans le rassemblement des forces d’opposition susceptibles de participer à des pourparlers de paix avec le gouvernement de Bachar al Assad. Les Nations unies souhaitent que ces négociations de paix entre les deux parties s’ouvrent le 25 janvier à Genève.

Abdallah Al-Mouallimi a déclaré que la rupture des relations avec l’Iran ne nuiraient pas aux efforts du pays en faveur de la paix en Syrie et au Yémen. « Nous assisterons aux prochaines discussions sur la Syrie et nous ne les boycotterons pas à cause de l’Iran ou de qui que ce soit », a-t-il dit. En fait, Ryad n’a pas le choix !

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