Les rues jonchées de déchets des sacrifices : Incivisme et irresponsabilité – Le Jeune Indépendant
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Nationale

Les rues jonchées de déchets des sacrifices : Incivisme et irresponsabilité

Les rues jonchées de déchets des sacrifices : Incivisme et irresponsabilité

A la fin du sacrifice de l’Aïd-el-Adha, c’est toujours le même constat. La désolation est partout sur le bord des routes. Des montagnes de déchets s’entassent dans les rues, les boulevards, les quartiers et près des maisons. Avec la canicule qui s’annonce, l’air est irrespirable et les risques de propagation de maladies sont réels.

La situation est devenue intenable dans certains quartiers et lotissements, et ce en raison de l’absence des camions de ramassage des ordures, des agents de nettoyage ou encore du manque de civisme chez certains citoyens. 

En effet, après avoir fini de sacrifier leurs bêtes, les ménages laissent les peaux de mouton dans la rue, sans se soucier de nettoyer, de mettre les déchets dans des sacs poubelles pour faciliter la tâche des agents de l’APC qui, à leur tour, sont absents ou quasiment dépassés par l’ampleur de la tâche. 

Une virée effectuée au troisième jour de l’Aïd-el-Adha dans certaines rues de la capitale a permis au Jeune Indépendant de constater que l’insalubrité règne dans pratiquement toutes les cités, quartiers et placettes, dégageant des odeurs nauséabondes insupportables, attirant ainsi les moustiques, les chiens errants, les chats et les rats en quête de nourriture. 

A Ouled Fayet, El-Madania, Hussein Dey, Bab El-Oued, des peaux de mouton, des cornes, et des viscères sont jetées dans les bacs poubelles réservés aux déchets ménagers et exposés sur les trottoirs. Un comportement qui est devenu une « source d’angoisse » pour certains habitants. 

Dans les nouvelles cités AADL et sociales, à l’image de Sidi Abdellah ou encore de Sebala à Draria, le Jeune Indépendant a observé des traces de sang par terre et des peaux de mouton de toute taille, éparpillées par-ci par-là sur les trottoirs. Pis encore, « certaines personnes jettent des abats, de la graisse et d’autres organes », a révélé un citoyen outré par cette situation. « C’est incroyable et insupportable », a-t-il regretté. 

Certains citoyens souhaitent la mise en place de brigades spéciales de surveillance ou une sorte de police qui surveille et réprime ce genre de comportement ou de délit. L’instauration de P.-V. et d’amendes, comme par le passé, est également recommandée pour mettre fin à cet incivisme qui bat tous les records.

Pas loin de Ouled Fayet, exactement à Souidania, des associations sont passées le jour du sacrifice collecter les peaux des bêtes. « C’est une bonne initiative que nous encourageons. Elle a été lancée avant l’Aïd par des associations sur Facebook », a déclaré un jeune homme. 

Dans la commune de Ouled Ali, daïra de Khemis El-Khechna, à Boumerdès, les rues et les quartiers débordent d’ordures, l’insalubrité est partout. Effectivement, à l’instar d’Alger, cette commune souffre d’un manque total d’hygiène. Une « responsabilité partagée par les habitants et les autorités locales », selon les habitants, qui appellent les responsables de l’APC à la mise en place d’un dispositif spécial pour les occasions et à un programme réel pour gérer les déchets ménagers.

Dans ce cadre, le directeur de l’Agence nationale des déchets (AND), Karim Ouamane, a insisté hier, lors de son intervention sur les ondes de la radio algérienne Chaîne 2, sur «la nécessité de créer une filière spéciale pour superviser la récupération, la valorisation et le recyclage des déchets exceptionnels, tels que les peaux sacrificielles, et ce afin de les traiter de manière moderne et économique ». Il a indiqué qu’« environ 21% des peaux de mouton du sacrifice ont été récupérées cette année par rapport à 2021 ». Un chiffre assez faible qui démontre encore les insuffisances sur ce créneau.

De son côté, Fatma-Zohra Barça, directrice de la gestion intégrée des déchets à l’AND, a affirmé que « le taux des déchets ménagers collectés pendant les deux jours de l’Aïd-el-Adha a dépassé les 340 000 tonnes ». 

Elle a noté que « les collectivités locales ont développé des programmes spéciaux pour collecter ce type de déchets, et ce en coordination avec certains des acteurs qui ont participé à ce processus ». Selon elle, l’opération a été couronnée de succès grâce au comportement des citoyens, qui se sont débarrassés de leurs déchets de manière rationnelle, à l’instar des peaux de mouton qui ont une grande valeur économique, notamment pour les entreprises qui valorisent ces déchets ».

 

 

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