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Nationale

Les ressources minières, d’autres rentes à exploiter

Les ressources minières, d’autres rentes à exploiter

La diversification des moyens permettant de minimiser les importations -tous secteurs confondus-partant, faire des économies de devises, semble être le credo sur lequel s’appuie désormais l’équipe de Sellal pour réussir le sursaut tant souhaité. Un sursaut qui permettrait au pays, à en croire les déclarations des représentants du gouvernement, de se défaire petit à petit de l’étau rentier du souterrain saharien.

L’industrie, l’agriculture, le tourisme… entre autres secteurs stratégiques auxquels un intérêt tout particulier est porté par le gouvernement, sont au centre de stratégies visant à les dynamiser.

Mais parallèlement et hormis les hydrocarbures dont l’exploitation à outrance a permis, soit dit en passant, au pays d’assurer un semblant d’autonomie financière, on lorgne à présent d’autres richesses héritées par dame nature : les produits miniers. Bradés des années durant à l’état brut, le pays gagnerait mieux en optant plutôt pour la transformation des produits tirés des mines.

Ce secteur, très peu actif depuis des années et dont les potentialités avérées placent le pays parmi les plus riches de par la diversité et l’importance des minerais, ne laisse plus indifférent le ministre de l’Industrie et des Mines. 

Abdesslem Bouchouareb multiplie depuis quelques jours des déclarations allant dans le sens d’une campagne d’envergure visant à faire fructifier au maximum le secteur.

Le lancement également cette semaine par l’agence nationale des activités minières (Anam) d’un avis d’appel d’offres national et international pour l’exploration, et probablement l’exploitation, d’une quarantaine de mines explique les préambules du représentant du gouvernement qui a même qualifié, lors de sa récente intervention sur les ondes de la radio nationale, que « l’année 2016 sera celle des mines ».

Cet appel d’offres, publié dimanche par voie de presse, concerne précisément 38 sites dont 13 sites de calcaire destinés à la production de granulats et sables concassés, 10 sites d’argile pour produits rouges, 10 sites de sable pour construction, 3 sites de sel pour l’industrie alimentaire, ainsi qu’un site de gypse pour la production de plâtre et un autre de tuf pour les travaux publics.

Ces sites, répartis à travers 21 wilayas, s’étalent sur des superficies allant de 3 hectares jusqu’à 1 395 hectares, à en croire l’annonce.

Bien que de l’avis de spécialistes, le secteur reste peu générateur de devises et en l’absence d’une cartographie précise sur les réserves réelles du pays, peu d’exploitants étrangers, attirés par les annonces à vue lucrative, ont jusque-là fait preuve de patience et beaucoup ont fini par abandonner, pour des raisons qui restent souvent liées à la difficulté des conditions et aussi aux moyens colossaux que nécessitent certaines explorations.

Porteur d’une feuille de route aussi variée que diversifiée, le ministre de l’Industrie et des Mines, en charge de secteurs salvateurs pour l’économie nationale, qualifie le « secteur minier de segment stratégique pour une intégration réussie du système productif national ».

Selon le ministre, la contribution du secteur se traduira par « l’approvisionnement en substances minérales, en quantité et en qualité, des secteurs utilisateurs, ainsi que les grands projets d’infrastructures de base en phase de réalisation à l’image des autoroutes, rail, logements, grands équipements de santé et barrages.

Reste que parmi les objectifs tracés par le chef du département, la réduction de l’exportation à l’état brut de nombre de minerais est capitale, ce qui, par ricochet, sous-entend qu’une grande campagne visant à la création d’unités de transformation des produits extraits aurait été adoptée. Sachant, bien entendu, que ce genre de stratégie repose sur des moyens techniques développés mais aussi, et surtout, sur un savoir-faire et des compétences locales avérées.

Ce dont semble cruellement manquer le pays. Déconnectée, l’université, principale pourvoyeuse de ressources humaines, a longtemps été ignorée et les institutions universitaires n’ont jamais, ou du moins rarement, été sollicitées pour la formation de compétences en corrélation avec les besoins de l’industrie locale.

Depuis des décennies, les entreprises nationales les plus influentes, à l’image de Sonatrach et Sonelgaz, se sont rarement souciées de la formation au sein des campus et avaient depuis belle lurette opté pour la prise en charge in situ de l’encadrement de leurs personnels.

Ainsi, il s’avère nécessaire que le département de Bouchouareb, n’ayant pas du tout le choix de trier parmi les diplômés des universités algériennes, opte pour la désignation de compétences étrangères à même de pouvoir atteindre les objectifs.

Ainsi, aussi bien l’exploration, l’exploitation des mines que la transformation des minerais restent donc tributaires des moyens et du savoir-faire étranger. Seulement, des expériences ont prouvé que certains exploitants étrangers ont failli à leurs engagements. Manquant de ressources financières, certaines firmes étrangères, quelquefois peu expérimentées, continuent de traîner sur site.

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