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Nationale

Les résidents toujours méfiants à l’égard de leur tutelle

Les résidents toujours méfiants à l’égard de leur tutelle

Désormais, l’affectation de médecins résidents dans des zones reculées sera conditionnée par la disponibilité de logements et de plateau technique fonctionnel.
Du moins, c’est ce qu’a affirmé le professeur Salah Eddine Bendib, coordinateur du comité intersectoriel en charge du dossier des médecins résidents. « L’affectation des médecins résidents au service civil ne pourra se faire sans la mise à leur disposition des moyens nécessaires leur permettant d’exercer leur fonction dans les meilleures conditions, en premier lieu un logement décent et un plateau technique fonctionnel », a déclaré mercredi le Pr Bendib sur les ondes de la Chaîne III à l’occasion de son passage dans l’émission « L’invité de la Rédaction ».
Des conditions sine qua non imposées par les médecins résidents pour accepter d’effectuer leur service civil dans le grand Sud et les Hauts Plateaux. Pour le coordinateur du Comité intersectoriel en charge de leur dossier, la majorité des revendications « légitimes » des médecins résidents avaient trouvé « un début de solution ».

Le professeur Salah Eddine Bendib a tenu à préciser que les discussions entre les représentants des médecins résidents et les membres du comité n’ont pas cessé, ajoutant qu’elles se poursuivront dans les prochains jours. « Des travaux du comité regroupant des représentants de plusieurs ministères sont consacrés exclusivement au service civil et à sa durée », a-t-il indiqué, en précisant que les représentants des médecins résidents ont présenté une plateforme de revendications de 64 pages.
Il estime que celles-ci pourraient être satisfaites « dans une certaine mesure », pour autant que des décisions incitatives soient instaurées ce qui, selon lui, encouragerait les praticiens à accepter de travailler dans les zones dans lesquelles ils ont été affectés. Pour régler la crise entre la tutelle et le corps des médecins résidents, le professeur Bendib préconise la mise à niveau des structures sanitaires, souvent obsolètes ou en panne.
Ce qui entrave le bon fonctionnement des structures hospitalières et ce dont se plaignent les praticiens.
L’intervenant informe qu’il n’y aura plus, désormais, d’affectation dans des zones démunies d’un plateau technique fonctionnel de prise en charge des patients, précisant que cette mesure avait été validée par la commission nationale d’affectation, de recours et de suivi des médecins mobilisés pour le service civil. L’autre aspect que le professeur Bendib met, d’autre part, en avant, est celui du logement, un aspect auquel, assure-t-il, « on a répondu positivement ». Il affirme à ce propos qu’aucune affectation ne pourra non plus avoir lieu « s’il n’existe pas un logement décent pour le médecin ».
Parallèlement aux mesures incitatives à mobiliser au bénéfice des médecins résidents affectés, le professeur Bendib insiste sur la nécessité de mettre en place des réseaux de prise en charge sanitaires entre le nord, l’intérieur et le sud du pays, en même temps que d’organiser une hiérarchisation des soins en mettant à contribution les médecins privés.

Mais pour les médecins résidents, rien n’est sûr. Ces derniers ont quitté la réunion de mardi après une heure, en justifiant que sur tout le dossier du service civil, la commission n’a présenté qu’une seule proposition, sur la réduction de sa durée. « Proposition qui n’a même pas été soumise au préalable au ministre de la Santé, qui était absent du pays », ont dénoncé les délégués des médecins résidents dans un communiqué de presse. Ils ont même jugé les négociations « inefficaces » et « stériles ». « Nous confirmons notre refus de participer à des réunions sans contenu, qui s’étalent dans le temps et qui ne traitent qu’un seul chapitre d’une seule de nos revendications, avec un comité sans pouvoir décisionnel », ont-ils déclaré dans un communiqué. Quant aux conditions d’exercice du service civil, les résidents notent qu’elles ont toujours existé dans la loi mais n’ont jamais été appliquées sur le terrain. En effet, l’article 5 du décret exécutif n°13-112 qui régit le service civil depuis 1985 dispose que « les praticiens médicaux spécialistes de santé publique disposent de toutes les conditions nécessaires à l’accomplissement de leurs tâches, des conditions d’hygiène et de sécurité inhérentes à la nature de leurs activités, ainsi que des moyens logistiques nécessaires (plateau technique) à la pratique de leur fonction principale, qui est d’apporter des soins de qualité aux patients ».
Ainsi, les résidents se demandent toujours où est l’application de la législation régissant les conditions du déroulement du service civil, clairement stipulées dans le décret présidentiel exécutif. « Nous avons le sens du devoir et des responsabilités ; nous exigeons l’exécution de la loi qui assure un minimum de conditions pour l’accomplissement du service civil qui, nous le répétons, a prouvé son inefficacité », note un résident sur son compte Facebook, en regrettant que la médiocrité est telle qu’on ne peut même pas assurer des logements de fonction à des médecins qui seront affectés dans des zones parfois des plus reculées du pays.

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