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Nationale

Le Satef appréhende la surcharge des classes

Le Satef appréhende la surcharge des classes
Amoura SG du Satef

La rentrée scolaire 2022/2023 sera s’annonce particulière. Marquée par plusieurs nouveautés et autres décisions de la tutelle, elle intervient surtout après deux années d’un système d’enseignement inédit en raison de la pandémie du coronavirus. 

Pour les partenaires sociaux, cette rentrée n’a pas résolu les divers et complexes problèmes auxquels fait face tout le secteur de l’éducation. 

Pour le secrétaire général du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (SATEF), Boualem Amoura, la rentrée scolaire 2022/2023 sera pire que toutes les précédentes, citant l’ensemble des problèmes auxquels fait face l’école algérienne, que cela soit au niveau pédagogique ou sur le plan infrastructurel.  

« Au lieu d’affronter les vrais problèmes de notre école, tels que la révision du système éducatif pour aller vers une école de qualité, on continue de se baser sur les détails comme le livre », a déclaré M. Amoura au Jeune Indépendant. « Il est important de parler de la surcharge des classes, de l’état lamentable des établissements, du manque d’infrastructures, etc. », a-t-il affirmé, s’interrogeant sur le devenir des écoles en cours de réalisation et qui ne sont toujours pas achevées. « Qui est le responsable dans tout ça ? », s’est demandé le SG du Satef. 

Quant à la rentrée scolaire, qui aura lieu aujourd’hui, M. Amoura a évoqué le manque d’établissements scolaires dans certaines zones ainsi que la surcharge des classes. « A moins de 24 heures de la rentrée scolaire, on retrouve des écoles non nettoyées et d’autres qui manquent de moyens pour accueillir l’élève, comme les cantines, l’eau, des sanitaires propres. Même les chaises manquent dans certains établissements, à l’instar du CEM Lotfi, à Tizi Ouzou, où 1 000 élèves sont attendus pour aujourd’hui, alors qu’il n’y a que 700 chaises », a-t-il déclaré. 

Pis encore, il a fait savoir qu’il existe jusqu’à présent des établissements qui travaillent en mode « classes roulantes ». « L’enfant se trouve obligé de changer à chaque fois sa classe, ce qui le perturbe et a donc un impact sur son rendement en fin d’année », a-t-il souligné. 

Interrogé sur le problème du manuel, M. Amoura a tenu à souligner que « le deuxième livre scolaire n’est pas encore acheminé dans les établissements », ajoutant que « c’est le même cas pour les tablettes qu’on ne trouve pas dans la majorité des écoles ».  

Au sujet de ces tablettes, qui est un dispositif pédagogique mis en place par le ministère de l’Education, comme une mesure visant à alléger le cartable, le responsable syndicaliste a estimé qu’il s’agit d’une « discrimination », car elle ne concerne que 8% des établissements bénéficiaires de cet outil, soit 1 629 sur 20 400 écoles primaires en Algérie. « C’est inacceptable, on veut créer deux classes d’élèves en Algérie, alors que la Constitution et la loi d’orientation scolaire 08-04 énoncent l’égalité des chances », a-t-il plaidé.

Concernant le niveau pédagogique, M. Amoura a soulevé le problème de la surcharge du programme et l’allègement des horaires. « Il est impossible de terminer un programme dans une année, comme c’est fixé dans le calendrier », a-t-il dit. « Il faut actualiser les programmes, comme c’est le cas dans les différents pays du monde. Enseigner douze à treize matières à nos enfants, c’est trop », a-t-il dénoncé. 

Aussi, le SG du Satef a réitéré son appel pour alléger les horaires fixés de 8 h à 17 h, affirmant qu’après une longue journée à l’établissement, l’enfant finira par détester l’école. Côté enseignants, M. Amoura a abordé l’emploi du temps jugé « chargé ». « Avec un tel emploi du temps, l’enseignant ne donnera pas le meilleur de lui-même et n’arrivera pas à achever le programme dans les délais, surtout avec la pression des inspecteurs », a expliqué M. Amoura.

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