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Nationale

«Les rapports du DRS n’ont jamais été adressés aux autorités suprêmes de l’Etat !»

«Les rapports du DRS n’ont jamais été adressés aux autorités suprêmes de l’Etat !»

Les interventions des avocats de la défense constitués dans l’affaire Sonatrach 1 se sont poursuivies, hier, au terme du 25e jour du procès des ex-cadres et ex-fonctionnaires impliqués dans une affaire liée à la malversation.

Pas moins de six avocats se sont succédé aux plaidoiries dont maitres Chaib Sadek en faveur de Nouria Meliani, Mokrane Ait Larbi au profit de l’ex-premier responsable du CPA en l’occurrence Maghaoui El Hachemi et de son fils Maghaoui El Yazid alors actionnaire dans le Holding et Khaled Berghuel pour les deux mis en cause.

La plaidoirie du dernier avocat restera sans doute gravée dans la mémoire de tous ceux qui l’ont suivi du début à la fin et à leur tête le président du tribunal criminel d’Alger à savoir Rekkad Mohamed, ses deux conseillers Nadia Bouhamidi et Hakim Mansouri, les deux membres du jury Mohamed Maalem et Zoubir Kaddouri mais aussi dans la mémoire de tous les journalistes qui assuraient la couverture médiatique du procès qui ne cesse de perdre de son ampleur de jour en jour.

En effet, Me Berghuel Khaled s’est longuement étalé sur les bavures policières et les pressions judiciaires exercées sur ses clients notamment sur l’ancien PDG du CPA Maghaoui El Hachemi en affirmant au président en charge du dossier que : « Vous savez monsieur le président que mon client qui a sacrifié tout son temps pour l’administration algérienne en qualité de cadre supérieur a été malmené et maltraité par les enquêteurs comme un véritable malfaiteur ! »

Le même avocat a indiqué que : « Les rapports du DRS n’ont jamais été adressés aux autorités suprêmes de l’Etat ». Il a par ailleurs souligné que : « Ni le procureur de la République, ni le procureur général, ni les juges de la chambre d’accusation n’ont osé porter des changements dans les accusations et inculpations retenues par la police judiciaire du département des renseignements et de la sécurité ». 

Me Berghuel a en outre déclaré que : « Pas moins de 40 avocats se sont présentés devant les instances judiciaires concernant la requalification des chefs d’inculpation retenus à l’encontre de leur client au cours de l’enquête préliminaire à l’instar du juge d’instruction et de la chambre d’accusation de la cour d’Alger mais malheureusement rien n’a changé dans cette affaire ! ».

Me Berghuel ira loin dans ses dires en déclarant en pleine audience qu’il y a « des ministres qui n’ont jamais été inquiétés dans le scandale financier qui a secoué le géant pétrolier national à savoir la Sonatrach sans toutefois citer des noms ».

Dans le même contexte, l’avocat en question a affirmé que : « Les cadres incriminés avaient entièrement raison lorsqu’ils vous en disent monsieur le président qu’ils n’ont fait qu’appliquer les directives émanant du ministre de l’Energie et des Mines ! »

Il a clamé haut et fort à l’attention du président Rekkad qui garde toujours son sang-froid : « Le ministre insistait sur l’application de la directive R15 qui est considérée comme une force juridique pour la Sonatrach pour faire passer ces projets ! ».

L’avocat des Maghlaoui n’a pas caché son mécontentement quant à la décision qu’a rendue la cour suprême quant au maintien de toutes les accusations retenues par le DRS : « Les juges de la plus haute institution judiciaire au pays ont rejeté tous les pourvois en cassation introduits par les avocats de la défense dans lesquels ils ont sollicité la requalification des faits reprochés à leurs clients ».

Il a soutenu que : « Le dossier des mis en cause devait être traité avant son transfert vers le tribunal criminel par l’inspection des finances et par la cour des comptes ». Il par ailleurs affirmé que les avoirs de Maghaoui El Hachemi et son fils

El Yazid étaient « légaux » et ne méritaient nullement un tel sort et il a insisté sur l’acquittement de ses clients des chefs d’inculpation retenus contre eux.

Les deux accusés Maghaoui Yazid Lyes (sous-directeur du transport de Contel Algeria) et son père Maghaoui El Hachemi (ex-PDG du CPA) jetaient des regards évasifs sur leurs parents et proches. 

Pour rappel, les deux accusés sont poursuivis, selon l’arrêt de renvoi, pour « association de malfaiteurs, passation de marchés en violation des dispositions législatives et réglementaires en vigueur dans l’objectif d’accorder des avantages injustifiés au profit d’autrui, corruption dans le domaine des marchés publics, blanchiment d’argent, abus de pouvoir et dilapidation de deniers publics ».

Les avocats Zeguir Mourad, Khaled Berguel et Mokrane Aït Larbi, ont demandé la « levée du gel » sur les avoirs des accusés en Algérie et en France arguant que les transferts financiers émis par Contel Algeria ou le groupe allemand Contel Fun werc découlent de profits annuels ou des contrats de consulting passés. Pour la défense « les prévenus ne peuvent être poursuivis pour blanchiment d’argent ». 

Pour ce qui est de la passation de marchés en violation des dispositions législatives et réglementaires en vigueur en vue d’accorder des avantages injustifiés au profit d’autrui et corruption dans la passation de marchés publics, Me Zeghir Mourad ancien magistrat a soutenu que ses clients n’étaient pas des employés de Sonatrach et qu’ils n’avaient jamais rencontré le PDG du groupe, Mohamed Meziane ni ses fils. 

Indiquant que les contrats liés au marché du système de surveillance ont été conclus avant que les deux accusés ne signent les contrats de consulting avec le groupe allemand Fun werc, il a souligné qu’ils n’ont rien à voir avec le marché du système de surveillance, réfutant l’accusation d’« abus de pouvoir ». 

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