-- -- -- / -- -- --
Nationale

Les principales organisations terroristes au Sahel se réorganisent

Les principales organisations  terroristes au Sahel se réorganisent

La configuration des organisations terroristes dans la région du Sahel a connu, ces dernières années, une métamorphose basée sur le souci de survivre à l’opération militaire menée principalement au nord du Mali.

En 2011, alors que le conflit battait son plein en Libye et les armes disponibles à profusion, des organisations terroristes, dont Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) et le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO), renforçaient leurs rangs et s’armaient. Elles s’étaient alliées à des mouvements touareg, dont ceux du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), pour affronter l’armée du Mali.

Le nord de ce pays, frontalier avec l’Algérie, est alors occupé, en mars 2012, par une coalition formée des terroristes et des touareg du MNLA.
Ils avaient un adversaire commun : le gouvernement du Mali. Ils ont combattu ensemble, mais peu de temps après, les divergences ont éclaté au grand jour.

Contrairement aux combattants du MNLA, tous des autochtones, AQMI comptait en son sein des éléments arrivés de nombreux pays. Les buts étaient divergents puisque le MNLA cherchait une « indépendance » du peuple touareg, alors que les terroristes cherchaient à occuper un territoire, comme Daech en Irak.

Des affrontements opposant AQMI aux combattants du MNLA ont alors eu lieu au nord du Mali. D’un autre côté, l’armée du Mali combattait les terroristes d’AQMI, mais subissait des revers.

C’est ainsi que l’accord d’Alger pour la paix et la réconciliation au Mali a été initié par l’Algérie, avec l’encouragement de la communauté internationale. L’accord, supervisé par l’ONU, a permis la réconciliation du gouvernement du Mali avec les combattants touareg.

Les terroristes, qui n’ont pas intérêt dans le retour de la paix au Mali, ont perpétré de nombreux attentats pour empêcher l’application de l’accord. L’ensemble des organisations touareg ont accepté l’accord, hormis Ançar Eddine de Iyad Ag Ghali, composé pourtant d’autochtones.

Le 11 janvier 2013, la France lancera une opération militaire contre les organisations terroristes au nord du Mali, sur la base de la résolution 2085 du Conseil de sécurité de l’ONU. L’attaque accéléra la radicalisation d’Ançar Eddine, déjà hésitant pour l’accord d’Alger.

mission de l’ONU pour le nord du Mali, Minusma, a été lancée en juillet 2013, puis prolongée en juin 2014, en juin 2015 et en juin 2016, jusqu’à juin 2017. Les terroristes, traqués, pensèrent depuis à leur survie et décidèrent de s’allier. Ils commencèrent par attaquer les soldats de la Minusma.

Nombreux sont les soldats de la mission de l’ONU, dont des Tchadiens, qui ont été tués par les terroristes d’AQMI et du MUJAO. Ançar Eddine également a revendiqué des attentats contre la mission de l’ONU. Une nouvelle donne est enregistrée, avec l’installation de Daech en Libye. Les acolytes d’Abou Bakr El Baghdadi étaient d’importants concurrents et attiraient les terroristes, dont ceux d’AQMI.

Daech présentait pour eux l’avantage d’occuper des superficies de la Libye. Ils quittaient AQMI pour Daech. L’ »émir » d’El Mourabitoune, une faction dirigée par Mokhtar Belmokhtar, alias Abou Khaled, a annoncé l’allégeance de son mouvement à Daech. Il a été juste après dénoncé par « Abou Khaled » qui a réitéré son allégeance à Abou Mossaâb Abdelouadoud, chef d’AQMI.

Daech et AQMI se disputaient l’enrôlement des terroristes de la région. Par l’attaque contre la base gazière de Tiguentourine, Abou Khaled tentait de gagner l’intérêt des terroristes. Il coopère depuis avec le MUJAO, auteur de l’enlèvement de diplomates algériens à Gao, au nord du Mali, en 2013.

Ensuite, « l’Emirat du Sahara », AQMI, Ançar Eddine et El Mourabitoune ont annoncé qu’ils agiront, désormais, sous la bannière d’Abou Mossaâb Abdelouadoud face à l’armée du Mali, à l’ONU et à Daech.

Les pays du Sahel, dont l’Algérie, ont créé le Comité d’état-major opérationnel (CEMOC) pour lutter contre les terroristes dans la région. Ils ont également mis sur pied l’UFL, une unité rassemblant les services de renseignements des pays du Sahel.

L’une des missions est de lutter contre la radicalisation des populations locales par les terroristes, qu’ils soient d’AQMI, de Daech ou du MUJAO.

Les terroristes tentent de s’adapter mais butent toujours sur la détermination de la région en matière de lutte antiterroriste et qui mobilise d’importants moyens humains et matériels dans cette mission.

Grande détermination de l’Algérie

Eradiquer le crime transfrontalier sous toutes ses formes, tel est l’objectif du commandant de la Gendarmerie nationale, le général major Menad Nouba, qui participait avant-hier à Alger à l’ouverture des travaux du séminaire international sur la criminalité transfrontalière et ses conséquences sur la sécurité publique dans le cadre de l’initiative 5+5, au nom du vice-ministre de la Défense nationale, chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP).

Le patron de la Gendarmerie nationale a réitéré, à cette occasion, la détermination de l’Algérie de déraciner le crime transfrontalier sous toutes ses formes et son engagement à mettre en application les décisions liées aux dispositions de la Convention des Nations unies contre la criminalité transnationale.

Au vu de l’extrême importance que revêt le thème, Menad Nouba n’a pas manqué cette occasion pour rappeler la grande volonté des forces de sécurité à lutter contre le crime transfrontalier, une lutte qui ne date pas d’aujourd’hui mais depuis des décennies et elle continuera sans relâche dans les prochaines années.

« L’Algérie demeure déterminée à éradiquer le crime transfrontalier sous toutes ses formes et engagée à mettre en application les décisions adoptées conformément aux dispositions de la Convention des Nations unies contre la criminalité transnationale », a indiqué le général major Nouba.

Il a affirmé à ce propos que depuis son indépendance, l’Algérie « n’a ménagé aucun effort pour renforcer la sécurité intérieure des pays », soulignant que cette volonté s’est reflétée par l’adoption de plusieurs accords et protocoles internationaux, dont la Convention des Nations unies contre la criminalité transnationale le 5 février 2002, la Convention des Nations unies de lutte contre le trafic de stupéfiants et psychotropes le 28 janvier 1995 et, enfin, le protocole de lutte contre le trafic de migrants par terre, air et mer le 9 novembre 2003.

Le général major Nouba a précisé également, que les pays de l’Initiative 5+5, et en vertu de leur position géographique, « font face à une situation sécuritaire régionale marquée par la ramification des réseaux criminels transfrontaliers qui bénéficient parfois d’une couverture locale et d’une organisation maîtrisée, notamment en ce qui a trait au trafic de stupéfiants, d’armement et de munitions et de contrebande », rappelant que « le rapport de ces criminels, tous types confondus, avec leurs activités illégales organisées et structurées en fonction des activités des groupes terroristes qui activent sur la bande sahélo-saharienne, constitue un facteur supplémentaire pour les menaces qui pèsent sur la région ».

Il a ajouté à cet effet, que le crime « a évolué, notamment après les troubles qu’ont connus certains pays au lendemain de crises politiques », ce qui a ouvert, selon lui, la voie aux organisations criminelles pour la formation des réseaux transfrontaliers.

D’autre part, le commandant de la Gendarmerie nationale a estimé que cette situation « a un impact colossal sur l’économie et le commerce, une incidence au double plan social et politique et même sur la santé, la sécurité du citoyen et l’environnement et mène à l’intensification du phénomène de la migration illégale ».

Le même responsable a précisé que les efforts de lutte contre le crime transfrontalier « doivent se faire dans le cadre d’une coopération internationale étroite et pratique qu’il faut renforcer entre les institutions concernées », ajoutant que « la sécurisation de la société, de plus en plus requise contre la criminalité, exige une dynamique développée qui s’appuie sur les nouvelles technologies de l’information et de la communication, ce qui impose d’améliorer l’action des services de sécurité pour répondre aux trois principes essentiels ».

Il s’agit, selon lui, du principe d’efficacité à travers la modernisation des moyens pour disposer d’instruments plus performants que ceux des criminels, du principe d’échange d’expériences en matière de traitement de l’information et du principe de partenariat à travers la promotion de la coopération entre les institutions.

Il a souligné que « la gravité de la situation, marquée par l’apparition du crime transfrontalier, impose de concrétiser la vision des pays qui appellent à la mise en place d’une stratégie globale de lutte contre ce phénomène à travers une coopération entre la justice et les services de la sécurité publique », précisant que le séminaire sur le crime transfrontalier et ses conséquences sur la sécurité publique « est l’occasion d’échanger les points de vue sur cette question et de décortiquer les problématiques ».

Commentaires
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email