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Nationale

Les pratiques des députés accentuent la défiance des citoyens à leur égard

Les pratiques des députés accentuent la défiance des citoyens à leur égard

La méfiance de la société algérienne à l’égard des députés est justifiée par le comportement de certains parlementaires. « L’absentéisme, le nomadisme et le peu d’intérêt pour leur mission, autant de pratiques qui exaspèrent les citoyens et accentuent leur défiance à l’ égard des élus », a estimé le professeur de droit public Walid Laggoune lors de son passage à l’émission « Invité de la rédaction » de la radio nationale Chaine 3.

Se référant à la réalité du terrain, cet académicien admet qu’on réalité le député ne siège à l’APN que pour cautionner les décisions que lui soumet le gouvernement et bénéficier des avantages de son poste.

Il a expliqué de façon claire, au futurs élus de l’APN, qu’être dans la majorité parlementaire ne signifie pas, nécessairement, figurer au sein de l’exécutif, notant cependant que dans la pratique constitutionnelle, la composition de ce dernier devrait émaner de la majorité parlementaire.

Il relève, en outre, que le Parlement n’est plus désormais qu’un intervenant, « parmi d’autres « , dans le processus de production législative, en ce sens qu’il doit composer avec l’exécutif, mais aussi avec la légitimité du président de la République « qui, lui aussi, est élu au suffrage universel « .

De plus, appuie-t-il, il partage la fonction législative avec la deuxième Chambre. « Le député, a-t-il expliqué, légifère sur les matières qui lui sont fixées par la Constitution, sous le contrôle du Conseil constitutionnel qui, lui aussi, participe à l’élaboration de la loi ».

L’Invité signale de plus, à l’attention des futurs députés, que tout projet de loi soumis à leur attention n’est pas une vérité « révélée « , mais un texte argumenté qui doit être clairement interprété.

La loi, souligne-t-il, n’est pas faite pour affirmer des évidences ou émettre des vœux, mais pour « fixer des obligations et ouvrir des droits « , d’où la nécessité pour le législateur de savoir produire des textes « nécessaires mais non inutiles « .

A propos de la campagne électorale pour les législatives du 4 mai 2017, Laggoune a estimé que c’est un moment opportun pour laisser place au débat public sur les questions sociales, culturelles et institutionnelles intéressant le pays et les citoyens.

« La campagne électorale gagnerait à quitter le terrain du discours incantatoire et péremptoire pour laisser place au débat public contradictoire, à l’échange d’idées, et à l’argumentaire », a-t-il insisté. Pour lui, les élections législatives interviennent à un moment « significatif » de l’évolution de l’histoire politique de l’Algérie.

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