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Nationale

Les pouvoirs publics saisis : Risque de fitna au village Tissegouine

Les pouvoirs publics saisis : Risque de fitna au village Tissegouine

Les paisibles habitants du village Tissegouine, dans la commune rurale de Boudjima, vivent depuis le mois de décembre dernier dans un grand risque de fitna. Le danger d’une effusion de sang est tel que les pouvoirs publics ont été saisis dans l’espoir, bien entendu, de désamorcer la situation.

Cette menace qui risque de coûter cher en conséquences a pour origine l’arrivée d’un groupuscule de jeunes gens prétendant que les terres et vergers, connus pourtant comme étant les propriétés des habitants de Tissegouine, sont les leurs.

Ces jeunes gens répondant au patronyme de « Zoubir » ont déclaré aux habitants de Tissegouine qu’eux-mêmes sont originaires de ce village et, par conséquent, il est de leur droit de rentrer désormais en possession des terres qui étaient autrefois la propriété de leur aïeul. Pour justifier leur revendication, un simple document cadastral dont l’authenticité reste pourtant à prouver.

Qu’en est-il exactement ou tout simplement quelle est la version des habitants de Tissegouine, notamment celles des anciens ? Les frères « Zoubir » étaient réellement les habitants de Tissegouine.

Cependant, vers la période se situant entre 1880 et 1893, ils ont vendu leurs terres et l’ensemble de leurs biens immobiliers pour aller s’installer dans la commune de Larbaâ-Nath-Irathen. Toutefois, à l’époque, les transactions commerciales concernant l’immobilier n’étaient pas appuyées par des actes notariés, comme cela se pratique à l’heure actuelle. La plupart du temps, en tout cas, la parole suffisait pour l’acheteur et le vendeur. 

Vendues par le passé, des terres aujourd’hui réclamées.

Quand la transaction commerciale était importante, les deux parties faisaient appel à des témoins. Il faut reconnaître que la parole à cette époque était sacrée. Les Algériens, pour des raisons de sociologie politique, évitaient au maximum de s’adresser à l’autorité coloniale. 

Et jamais un cas de différend sur l’appartenance d’un lopin de terre n’a été enregistré entre Algériens. Et toujours selon le témoignage des anciens, depuis qu’ils ont quitté le village de Tissegouine aucun « Zoubir » n’a jamais essayé d’y remettre les pieds.

C’est pourquoi ces jeunes gens, aujourd’hui répondant au patronyme de  « Zoubir » et prétendant être les héritiers légaux des terres de leur aïeul, ont suscité l’étonnement d’abord, la colère ensuite chez les habitants de Tissegouine.

A noter que même les terres défrichées à partir de 1986, devenues à présent des vergers, ont été réclamées par ces jeunes gens. Nous devons relever qu’au cours de cette année 1986, suite à l’annonce de la crise économique et financière, les habitants de Tissegouine, à l’instar de milliers de citoyens d’autres régions du pays, sont retournés au travail de la terre, et ce dans le souci d’éviter la misère matérielle. Donc, ils ont essarté puis défriché leurs terrains ravagés par des maquis. Certains terrains n’ont même jamais été travaillés auparavant. Aujourd’hui, ce sont des vergers qui s’offrent aux yeux.

On y trouve effectivement des arbres fruitiers où l’olivier, le figuier, la vigne et le grenadier dominent. Les terres nues restantes sont utilisées pour d’autres cultures comme le blé, l’orge, la pomme de terre, l’oignon, l’ail, les fèves, les petits pois et autres légumes verts de saison.

C’est pourquoi la revendication des jeunes gens répondant au patronyme de « Zoubir » a provoqué un véritable séisme auprès des habitants de Tissegouine, lesquels ont juré ne laisser en aucun cas le moindre pouce de leurs terres à quiconque. De leur côté, ces frères « Zoubir » ont déclaré ne pas renoncer en aucun à ce qui leur revient de droit puisque c’est le legs naturel de leur aïeul.

D’ailleurs, bien des algarades ont déjà éclaté entre les deux parties. Mohamed Bouderbali, en sa qualité de premier commis de l’Etat de la wilaya de Tizi-Ouzou, a été saisi en ce début 2017 d’un rapport sur la situation dangereuse qui prévaut dans ce village, d’où l’urgence d’une intervention des pouvoirs publics pour éviter le pire. 

Le commandant du groupement de la Gendarmerie nationale de la wilaya de Tizi-Ouzou et le président de l’APC de Boudjima ont été également rendus destinataires d’une copie de ce rapport adressé directement à Mohamed Bouderbali.

Et s’il est vrai que les paisibles habitants de Tissegouine sont un tant soit peu rassurés par la saisine des pouvoirs publics quant à leur intervention en urgence, il n’en demeure pas moins cependant qu’ils vivent toujours dans le stress et l’angoisse.

Notons enfin que le cas de ce village Tissegouine rappelle, encore une fois, la nécessité absolue d’ouvrir une brigade de gendarmerie au chef-lieu de commune de Boudjima. Il s’agira, à vrai dire, de sa réouverture puisqu’elle a été fermée suite aux événements désastreux du printemps 2001. 

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