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Nationale

Les policiers brisent l’ordre établi

Les policiers brisent l’ordre établi

Le mouvement de protestation de la police ne s’essouffle pas et s’accentue même. Après Ghardaïa et Alger, Oran et Constantine ont rejoint hier le mouvement de contestation. La police de Khenchela a rejoint le mouvement de protestation en organisant une marche.

L’effet boule de neige commence à gagner petit à petit le territoire national. Après Ghardaïa et Alger, c’est au tour d’Oran et de Constantine de connaître ce phénomène. Des policiers ont, en effet, marché hier à Oran. Entre 100 et 300 agents de l’ordre public ont entamé une marche du Front de mer en direction du siège de la wilaya.

Ils se sont rassemblés devant le siège de la Sûreté de wilaya d’Oran. A Constantine, ce sont les éléments de la 15e Unité républicaine de sécurité d’Ali-Mendjeli qui ont entamé une marche vers le centre-ville. A Alger, plus de 1 000 policiers se sont dirigés hier matin vers la présidence de la République. Les protestataires ont quitté le palais du Gouvernement vers 1h00 du matin pour se diriger vers la présidence de la République, à El Mouradia. Sellal est entré au siège de la présidence à 16 h00.

Á l’extérieur, les policiers entonnent Kassaman. Ils scandent « Syndicat autonome ».
Le Premier ministre, a reçu dans le bloc des conseillers à la présidence de la République (ancien siège du ministère des Affaires étrangères), une délégation représentant les agents de police relevant des Unités républicaines de sécurité en sit-in devant la présidence de la République. A l’heure où nous mettons sous presse, aucune information n’a filtré sur cette rencontre.

Ils demandent la création d’un syndicat autonome

Les exigences des policiers sont en train d’aller crescendo. C’est ainsi qu’une plateforme de revendications a été présentée hier matin par les policiers en sit-in devant la présidence de la République.
En effet, les policiers exigent de l’État, dans une plateforme de 19 points, qu’il accorde « à la femme au foyer du policier une pension de 10 000 DA », une hausse de 100% du salaire de base pour le porter à 70 000 DA par mois, le droit au logement, la réduction de la durée de service au sein de la police de 32 ans à 20 ans, la création d’un syndicat autonome et la réintégration de 6 000 policiers révoqués alors que ces derniers ont été licenciés, pour la plupart, pour des raisons disciplinaires.

Les manifestants ont demandé aussi des indemnités pour les policiers ayant travaillé pendant la période où l’Etat d’urgence était instauré, ainsi qu’une revalorisation de 100 % des pensions de retraite. Et pour obtenir satisfaction, ils sont prêts à tout. D’ailleurs, ils n’ont pas assuré la couverture sécuritaire du match retour entre l’Algérie et le Malawi. La Gendarmerie nationale a été chargée de pallier cette situation.

Belaïz se veut rassurant

Les agents du service de maintien de l’ordre de Ghardaïa, qui avaient entamé un mouvement de protestation, ont mis fin hier à leur action, alors qu’à Alger la protestation se poursuit, ont constaté des journalistes de l’APS.

Le ministre de l’Intérieur, Tayeb Belaïz, qui s’est déplacé mardi à Ghardaïa, avait indiqué, à l’issue d’une réunion à huis clos avec des représentants des protestataires, que le dialogue avait permis de « comprendre les doléances » et de trouver un terrain d’entente pour améliorer la situation socioprofessionnelle de ces fonctionnaires.

Le ministre a assuré que les revendications des fonctionnaires « seront prises en charge » par les pouvoirs publics à partir de mercredi et de façon « graduelle ». Il a affirmé que des directives avaient été données à l’ensemble des walis pour consacrer des quotas de logements sociaux et ruraux au profit des agents de maintien de l’ordre.
Quelque 4 500 demandes de logement de ces fonctionnaires seront étudiées prochainement pour améliorer leurs conditions de vie, a ajouté le ministre de l’Intérieur.

Des engagements ont été également pris pour « améliorer les conditions de travail » des agents sur le terrain. Pour ce qui est de l’augmentation des salaires, des frais de mission et des primes de zones, des commissions ont été mises en place pour « trouver des solutions ainsi que pour la gestion des carrières des fonctionnaires ». Parlant des dépassements, le ministre avait souligné que des commissions de discipline hiérarchisées seront installées au niveau local, et au niveau national, pour « permettre aux agents d’effectuer des recours ». Belaïz a estimé que les revendications des agents sont « légitimes ».

Le patron de la DGSN, Abdelghani Hamel, a enjoint aux chefs de sûreté des différentes wilayas et daïras de « ne pas sanctionner » les policiers et de gérer la situation avec souplesse.

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