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Op-Ed

Les pirates de Bruxelles

Suite à la saisie d’un avion de la compagnie Air Algérie par les autorités judiciaires belges, deux ambassadeurs algériens, en poste en Belgique et aux Pays-Bas, ont été appelés pour consultations à Alger. C’est le ministère des Affaires étrangères qui l’a annoncé par un communiqué repris par l’agence APS.

La décision, rendue publique, renseigne sur la gravité de la situation sur un plan diplomatique, car il n’est pas dans les habitudes du département de Ramtane Lamamra de réagir avec excès lorsque la Nation est victime d’attaques ou de provocations sur la scène internationale. On l’a constaté ces derniers temps, à chaque fois que des officiels marocains ont osé tenir des propos orduriers sur l’Algérie, la réponse du gouvernement algérien a toujours mesurée malgré la fermeté.

On se souvient aussi qu’après l’offense faite à notre emblème national un premier novembre à Casablanca, face aux tergiversations du voisin de l’Ouest qui fit mine de rappeler son ambassadeur, notre diplomatie évita intelligemment de tomber dans le processus facile de la réciprocité. Sagesse et clairvoyance prévalent en général dans le traitement des contentieux chez nos diplomates expérimentés.

Il faut donc appréhender le rappel de nos ambassadeurs comme un message cinglant à l’adresse des deux pays concernés par cette crise diplomatique ; l’Algérie ayant la réputation qu’elle mérite de pays à la politique extérieure respectueuse du droit international et en bon termes avec l’ensemble des pays de la communauté internationale. Pour autant, le commun des Algériens se demande pourquoi une affaire de litige commercial remontant à l’année 2008 a été aussi mal gérée par le directoire d’Air Algérie. Que des voies de recours aient été ignorées par l’appareil judiciaire belge n’explique la faillite dans la défense des intérêts du pavillon algérien.

Gageons d’ailleurs que la protestation du MAE algérien butera sur le sacro-saint principe de « l’indépendance de la justice » que les pays occidentaux savent convoquer pour camoufler les inimitiés que leurs institutions ou leurs entreprises développent contre des pays tiers.

Il restera aux responsables algériens de démontrer que si la justice bruxelloise demeure bel et bien indépendante, elle n’est cependant pas à l’abri de bavures qui ressemblent à un acte de piraterie contre un aéronef d’un pays souverain qui n’accepte pas qu’on prenne ses avions pour des pigeons.

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