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Nationale

Les pieds-noirs veulent le passeport algérien

Les pieds-noirs veulent le passeport algérien


Plus de 60 % des pieds-noirs établis en France veulent obtenir la nationalité algérienne. C’est ce qu’a révélé au Jeune Indépendant Me Jacques Cavanna, président de l’Association de la sauvegarde des cimetières français en Algérie et également un membre actif pour le droit au retour des anciens Français d’Algérie.

L’avocat établi à Montpellier, devenue l’une des plus importantes villes ayant accueilli les pieds-noirs a fait savoir aussi qu’une délégation d’une quinzaine d’anciens Français d’Algérie effectuera une visite à Alger le 1er novembre prochain, date anniversaire du déclenchement de la révolution mais aussi fête de la Toussaint.

« La délégation séjournera à Alger pendant 3 jours et se rendra dans les cimetières français en compagnie d’un représentant de l’ambassade de France pour se recueillir sur les tombes de leurs proches « , a-t-il dit au Jeune Indépendant dans un entretien téléphonique.

Cette visite permettra aussi à l’association de constater l’évolution du programme de réhabilitation des cimetières entamée depuis la visite de Jacques Chirac en Algérie en 2002. Me Jacques Cavanna a ajouté que la majorité des pieds-noirs souhaitent obtenir la nationalité algérienne. « Nous sommes nés en Algérie, nous y avons grandi également.

C’est un droit légitime pour chaque pied-noir souhaitant avoir la nationalité de son pays de naissance, selon le principe du droit de sol ». Me Cavanna se revendique en tant qu’algérien de pure souche. Né en 1945 à El Biar, sur les hauteurs d’Alger, il est le représentant de l’ordre des avocats d’Alger à Montpellier. Il a reçu la médaille de l’ordre des avocats algériens. 

Il mène un combat sans relâche pour que les pieds-noirs puissent obtenir le passeport vert. « J’ai déposé une demande auprès du ministère des Affaires étrangères afin d’obtenir un passeport algérien « , a-t-il fait savoir assurant qu’il espère un avis favorable sous peu. En parallèle de son métier de défenseur dans les tribunaux, l’avocat algérois œuvre également pour la préservation de ce qu’il considère comme un bout d’histoire « non négligeable « . « Les cimetières chrétiens et juifs doivent être préservés au mieux et séparément dans chaque ville et village et non regroupés comme le souhaitent certains bureaucrates français « .

Il a ajouté que la majorité des rapatriés doivent garder deux liens avec l’Algérie, celui de « la terre que nous avons ramené avec nous dans nos souliers et celui administratif en vue de décrocher le précieux passeport vert « . Le président de l’Association de la sauvegarde des cimetières en Algérie a fait observer qu’il a obtenu le soutien des officiels algériens mais rarement du côté français.

« Nous recevons plus de considérations de la part des autorités algériennes tandis que les autorités françaises s’intéressent à la communauté des rapatriés lors des échéances électorales. « J’ai toujours demandé des solutions concrètes à nos politiques français, mais notre cause ne les intéresse pas « , a-t-il déploré. Il affirme avoir été reçu plusieurs fois par le Président de la république Abdelaziz Bouteflika, à qui il voue « un profond respect », a-t-il souligné.

Il affirme aussi avoir des « relations d’amitié » avec plusieurs ministres, notamment l’ancien ministre de l’Intérieur, Dahou Ould Kablia. Selon lui, les autorités algériennes ne rejettent pas cette partie de l’Algérie qui a quitté le pays dans la douleur ; en revanche il déplore la gestion de la partie française qui, depuis l’annonce de l’indépendance de l’Algérie, a toujours abandonné les « rapatriés ».

Ce que regrette Me Cavanna est que des pieds-noirs soient confondus avec les « ultras » qui ont été hostiles à l’Independence de l’Algérie, notamment ceux qui ont les mains tachée de sang. Il a indiqué qu’en tant que président d’association il reçoit plusieurs demandes de pieds-noirs qui veulent rentrer dans leur pays visiter les tombes de leurs parents et grands-parents, revoir leur ancien quartier, leur ancienne école. « Ils veulent simplement avoir le droit de revenir dans leur pays d’origine sans les contraintes administratives liées aux visas notamment « .

En effets les pieds-noirs souhaitent être traités comme de vrais Algériens, la majorité d’entre eux se sentent plus chez eux en Algérie qu’en France, nous explique Me Cavanna. Il faut rappeler qu’à la veille de l’indépendance, plus d’un million de Français habitaient en Algérie, plus de 700.000 ont choisi de quitter l’Algérie pour la métropole, la majorité d’entre eux ont fui sous les menaces de l’OAS avec sa politique de la terre brulée et son slogan « La valise ou le cercueil « .

l’OAS a également terrorisé les Français en essayant de faire croire que le FLN allait tuer tous les Français qui feront le choix de rester en Algérie, alors que les accords d’Evian avaient garanti les droits des citoyens français nés en Algérie et justifiant de dix années de résidence et régulière sur le territoire algérien au jour de l’autodétermination, notamment le droit d’avoir la nationalité algérienne.

Plus de 200.000 Français ont choisi de rester dans le pays de leur cœur, l’Algérie, où ils ont vécu en toute dignité jouissant de leurs droits. Pour le reste ceux qui sont encore en vie aujourd’hui et dont-on ignore le nombre exact, l’amour de leur mère brûle encore dans leur cœur, ils rêvent encore de porter un jour le passeport vert synonyme d’une nationalité algérienne.

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