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Nationale

Les pétards se font rares à Ghardaïa

Les pétards se font rares à Ghardaïa

Comme le veut la tradition à l’approche du Mawlid Ennabaoui, c’est la fête aux pétards qui commence. Mais ces produits pyrotechniques de fabrication chinoise se font rares à Ghardaïa.  C’est dire que la fête du Mawlid Ennabaoui, édition 2022, sera moins bruyante.

Habituellement, à l’approche de la fête du Mawlid Ennabaoui, et à l’instar de toutes les wilayas du pays, les Ghardaouis renouent avec les nuits blanches. Chaque année, les citoyens assistent, à leur corps défendant, aux ‘’batailles’’ rangées dans les quartiers et autres cités dortoirs. Ce sont en fait des batailles de lancers de pétards de toutes sortes et de tous gabarits, provoquant des nuits blanches assourdissantes. Cela dure parfois jusqu’à une heure tardive de la nuit. De manière générale, les ‘’hostilités’’ commencent une dizaine de jours avant la célébration du Mawlid Ennabaoui et finissent environ une quinzaine de jours plus tard.

Les imprévoyants s’approvisionnent auprès des marchands du marché informel, à profusion.

Avant, il n’y avait pas un marché, une rue ou une ruelle à Ghardaïa où on ne trouvait pas un étal, aussi modeste soit-il, garni de pétards, et géré parfois par des enfants n’excédant guère l’âge de 12 à 13 ans. Ce genre de commerce était fort lucratif, surtout pour les fournisseurs.

La question que l’on se pose c’est qui importe ces produits pyrotechniques ? Ces derniers sont-ils interdits ou juste tolérés ? Cette année, cette question ne se pose plus car les pétards semblent bouder Ghardaïa. Cela étant, le Mawlid Ennabaoui s’annonce donc moins explosif. Mais pour quelles raisons ? Est-ce vraiment à cause de la rareté des pétards due à leur saisie à la source ou à cause de la crise qui ne cesse de secouer les foyers ?

Outre les actions de dissuasion et de sensibilisation, les patrouilles de police et de gendarmerie sont toujours là, sur le qui-vive, pour s’attaquer aux éventuels étals informels, réduisant ainsi les canaux d’écoulement pour les importateurs qui sont passés entre les mailles des filets.

Ainsi, ces derniers temps, ni les services de sûreté de la wilaya de Ghardaïa ni ceux de la Gendarmerie nationale n’ont saisi le moindre produit pyrotechnique. Du coup, à quelques heures de la célébration de cette fête, les marchés à Ghardaïa n’offrent plus ces produits pyrotechniques. Inquiétés, les ex-vendeurs à la sauvette n’envahissent plus les places du marché et n’exposent plus leurs produits au su et au vu de tout le monde.

Quoi qu’il en soit, les services de la Protection civile ne lâchent pas prise, rappelant aux citoyens qui détiennent encore quelques pétards subsistants qu’il est très dangereux de projeter ces produits sur les personnes, les voitures, les stations d’essence et les habitations, notamment près des hôpitaux et des cliniques. Pour ce qui est de la manipulation des bougies, le même service précise qu’on doit tenir compte des consignes de sécurité. « Les bougies, les allumettes et les briquets doivent être gardés hors de la portée des enfants. Les bougies doivent être placées sur des supports stables et non inflammables, loin des tentures, rideaux et meubles, et ce afin d’éviter des incendies. Leur manipulation ne doit se faire qu’en présence des adultes », a rappelé un responsable de la Protection civile.

Des appels à la vigilance sont lancés en direction des parents insouciants, qui continuent de faire preuve d’irresponsabilité et de clémence envers leurs enfants utilisant des pétards, des feux d’artifices et toutes sortes de produits pyrotechniques. Chaque année, les services des urgences médicales enregistrent des accidents.

Il ne va pas sans dire que le pétard est une véritable bombe minuscule qui, lorsqu’elle explose, peut provoquer des blessures et des brûlures, voire des incendies, dont la gravité peut être un traumatisme grave. Ces accidents, qui touchent essentiellement une population jeune, peuvent entraîner des infirmités définitives. Toutes les parties du corps peuvent être atteintes, en particulier les yeux et les mains. Le plus grand danger, outre le cancer de la peau ou autres, c’est de ne pas connaître la vraie composante de ces produits. « Ces produits sont à bannir à jamais. Nous n’en avons pas besoin pour célébrer une fête religieuse », affirment les autorités locales et les sages de Ghardaïa.

 

 

 

 



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