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Nationale

Les Ouadhias: beaucoup est fait et beaucoup reste à faire

Les Ouadhias: beaucoup est fait et beaucoup reste à faire

Motivé par une implacable logique de connaître la situation réelle du développement de la wilaya et de constater de visu l’état d’avancement des projets lancés par ses prédécesseurs, Mohamed Bouderbali, wali de Tizi-Ouzou, maintient depuis son installation au mois d’août dernier une grande cadence dans ses sorties sur le terrain.

Après avoir consacré une visite de travail et d’inspection lundi dernier dans la daïra de Draâ-El-Mizan, le voilà deux jours plus tard à nouveau sur le terrain. Cette fois, le choix fut porté sur la daïra des Ouadhias, qui compte quatre communes : Ouadhias, Agouni-Gheghrane, Aït-Bouadou et Tizi-N’tletha.

Il convient de signaler que dans cette daïra située au sud du chef-lieu de wilaya, de nombreux projets de développement sociaux et économiques ont été réalisés, tandis que d’autres sont en souffrance ou en voie d’exécution. Et le wali a été clair dans ses propos à l’endroit aussi bien des responsables locaux que de ses proches collaborateurs, c’est-à- dire les directeurs et les cadres des services locaux.

« L’investissement est une question de survie ! », leur a-t-il lâché.
En termes plus clairs, Mohamed Bouderbali a mis chacun devant ses responsabilités et, dès lors, fini les tergiversations à l’endroit des personnes désireuses d’investir dans une région ou une localité donnée.

Car, souvent, tergiversations et pinaillage à l’endroit de candidats à l’investissement étaient synonymes de demandes de dessous de table ou tout simplement d’extorsion de fonds. Il resterait alors à combattre les incuries et les projets mal réfléchis et mal conçus.

Et Dieu seul sait que la daïra des Ouadhias, à l’instar d’ailleurs de beaucoup de régions, souffre atrocement de ces cas d’incurie et de projets mal mis au point. A commencer par la décharge publique d’Agouni-Gheghrane. Son coût de réalisation est de six milliards de centimes. Son achèvement remonte à l’année 2013.

Aujourd’hui encore, elle n’est pas opérationnelle. Et pour cause : ses équipements nécessaires au traitement des déchets, importés de Turquie, ont été refusés par l’entreprise chargée de leur installation au motif qu’ils n’étaient pas de bonne qualité. Vrai ou faux ? En tout cas la question aurait dû être tranchée depuis longtemps.

L’autre problème est que la décharge publique en question est contestée par des militants écologistes et même par certains élus de l’APC. Le motif invoqué est sa proximité avec un site touristique, le village historique d’Aït-El-Kaïd.

La distance séparant ce village de cette décharge est à quelque 100 mètres environ à vol d’oiseau. Par ailleurs, ce village d’Aït-El-Kaïd est encore habité. Mohamed Bouderbali a laissé entendre aux adversaires de cette décharge qu’il est hors de question de ne pas la mettre en service. Motif invoqué : la nécessité de préserver l’environnement.

Si les propos du wali sont justifiables, il n’en demeure pas moins cependant qu’une question se pose : pourquoi avoir opté initialement pour un tel site puisqu’il y en a de nettement meilleur ? En effet, le tronçon de route à partir du pont de Takhoukht jusqu’à presque l’entrée des Ouadhias offre des espaces adéquats pour abriter une telle infrastructure.

En contrebas de la route il y a, en plus d’un oued, une succession de berges. Même l’eau ne peut pas manquer pour le traitement des déchets ménagers, y compris lors de la période d’étiage de l’oued.

Par ailleurs, l’endroit n’est pas habité. Concernant le village historique d’Aït-El-Kaïd, pourtant classé patrimoine national, c’est un véritable désastre qui s’offre à l’œil. Les maisons sont pour la plupart en ruine et pas la moindre opération de leur restauration n’est encore à l’ordre du jour.

En Europe, des châteaux médiévaux font périodiquement l’objet de restauration. Par qui ? Par le propriétaire avec le concours souvent d’étudiants en histoire et d’architectes spécialisés en construction médiévale. Pourquoi ne pas mobiliser nos compétences en la matière ? Nos étudiants et architectes issus de nos universités ne demanderaient pas mieux à être impliqués dans cette mission.

Mieux encore, ce village, une fois restauré, attirerait des touristes. Son histoire à laquelle viendrait se greffer automatiquement un mythe ou une légende de la part d’un esprit habile, à l’exemple d’un véritable professionnel du tourisme, séduirait le monde entier. Il se trouve justement que ni le côté historique ni le côté légendaire ne manquent à ce village. Un village aussi vieux que la Casbah

Sur le plan historique, il y a lieu de savoir que la première maison d’Aït-El-Kaïd a été construite en 1650, faisant de lui un village aussi vieux que La Casbah d’Alger. Le choix d’un tel lieu pour la construction d’un village avait pour origine la fuite d’une vendetta entre deux familles, selon la légende locale.

Le côté mythique, que certains prennent pour un fait historique, se présente ainsi : Un très bel éphèbe avait pour quolibet atho (vent). Il devait ce quolibet à sa souplesse et ses incessants déplacements d’un endroit à un autre.

La beauté de ce garçon en pleine puberté ne laissait pas la gent féminine indifférente. Et les hommes du village le considéraient comme un individu dont il fallait se méfier. Un jour, une jeune fille, qui était en chemin vers la fontaine, se vit soudainement retrousser la robe par un coup de vent. La nouvelle se répandit aussitôt dans tout le village. 

« C’est la faute au vent », crièrent des voix. Le « coupable désigné était réellement le vent qui a soufflé fort. La famille de la jeune fille a pensé au joli éphèbe. Alors, un des hommes de la famille, ivre de colère et de frustration, s’arma d’une hache et fracassa le crâne de l’innocent garçon.

La famille de celui-ci s’engagea à son tour sur le sentier de la guerre pour venger le sien. Après plusieurs tueries, un membre d’une des familles en guerre décida de quitter le village pour s’installer ailleurs.

Il opta alors pour le lieu où est bâti ce village d’Aït-El-Kaïd. Avec seulement cette légende, une plume intelligente et raffinée peut faire connaître Aït-El-Kaïd aux habitants du monde entier.

Le Jeune Indépendant considère qu’il n’est pas trop d’agir ainsi. Le troisième élément qui suscite bien des interrogations est le stade communal d’Aït-Bouadou. Le terrain de football en question est terminé. La pelouse est excellente. Elle n’a rien à envier à celle du stade du 5 Juillet (Alger). En revanche, le stade en question n’a pas de gradins.

Question : comment l’architecte qui a fait le plan de ce stade n’a pas pensé aux gradins ? Même un néophyte de la question footballistique aurait à l’esprit qu’un match de football attire les spectateurs.

Comme correctif à cette grossière erreur, les responsables ont interpellé le wali pour une enveloppe budgétaire pour la construction des gradins. Le dernier point qui donnerait désolation même à un simple d’esprit ou carrément à un nouveau-né est l’abandon des terres agricoles se trouvant dans les territoires communaux des Ouadhias et d’Agouni-Gheghrane.

Des terres agricoles s’étendant à perte de vue sont laissées en jachère. Une prise de vue aérienne de ces immenses terres ferait rêver à en mourir n’importe quel agriculteur des cinq continents.

Seul un lopin de terre par-ci et par-là est travaillé. Et dire qu’avant la guerre de libération, ces terres labourées traditionnellement donnaient plusieurs tonnes de céréales. Le pire, c’est que le béton commence sérieusement à les ravager.

Ce qui relève un tant soit peu du positivisme, ce sont surtout les opérations de mise en service du gaz naturel. Au village Ath-El-Hadj dans la commune de Tizi-N’telatha, c’est au cours de cette journée de mercredi dernier que le coup de mise en service du gaz naturel a été donné au profit de 200 foyers.

Toujours concernant le gaz, au village d’Aït-Amar, dans la commune d’Aït-Bouadou, il est question d’opérer la mise en service dans les tout prochains jours au profit de 500 foyers. Une fois ces 500 foyers alimentés, la mise en service du gaz naturel dans cette commune sera de 100%. Jusqu’à présent, les communes alimentées totalement en gaz naturel sont au nombre de onze, selon les responsables concernés.

Notons enfin que cette visite de Mohamed Bouderbali dans la daïra des Ouadhias a été traduite par la visite et l’inspection de 14 points, dont celle qui a ciblé la maison de la famille Zammoum où a eu lieu le tirage de la déclaration du Premier Novembre 1954.

Pour les besoins de l’histoire, il y a lieu de retenir que le document en question a été tiré au cours de la nuit du 26 au 27 octobre I954. La ronéo qui a servi au tirage a été acheminée de Larbaâ-Nath-Irathen jusqu’à Ighil-Imoula (Tizi-N’telatha) à dos d’âne et, naturellement, dans le secret le plus absolu.

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