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Nationale

Les opérateurs alternatifs des télécoms créent une association

Les opérateurs alternatifs des télécoms créent une association

Le collectif des opérateurs télécoms alternatifs, SLC, Anwarnet et Icosnet s’estime lésé par l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications (ARPT). Pour défendre leurs intérêts, les trois fournisseurs d’accès à Internet annoncent la création d’une association afin de dénoncer d’une seule voix les embûches qu’ils rencontrent et de faire porter leurs doléances à qui de droit.

« Pour nous aider dans cette dure et louable entreprise, nous annonçons la fondation de l’Association des opérateurs télécoms alternatifs dont l’acronyme sera AOTA. Nous comptons avec l’aide de cette nouvelle structure pouvoir nous faire correctement représenter et défendre l’espace économique dans lequel nous évoluons, pour nous permettre de contribuer utilement et du mieux que nous pourrons à la mise en place de l’économie numérique de notre pays », indiquent-ils dans un communiqué de presse.

Ils expliquent que le grief retenu contre l’ARPT est le non-respect de la loi régissant les télécoms dans son volet interconnexion. Plus concrètement, les patrons des trois providers, à savoir Lotfi Nezzar (SLC), Fadi Gouasmia (Anwarnet) et Ali Morsli (Icosnet) déclarent que le régulateur ne se conforme pas à la législation en refusant d’appliquer le décret exécutif 02-156 fixant les conditions d’interconnexion des réseaux et services de télécommunications.

Un état de fait qui, selon les providers, donne de facto l’avantage à l’opérateur historique Algérie Télécoms et lui permet d’être et de rester en position de monopole, notamment en matière de tarification des liens d’interconnexion et de location de capacité.
« Notre pays a consenti des efforts titanesques tant financiers qu’en termes de restructuration et de déréglementation du secteur des télécoms.

Cela a permis l’émergence d’une réglementation relativement favorable au développement de la concurrence pour un développement harmonieux des technologies liées au traitement de l’information et à l’appropriation des outils nécessaires à la mise en place d’une économie numérique en Algérie », rappelle le collectif des ISP en guise de préambule, avant de dénoncer que leur secteur d’activité va mal depuis près de dix ans.

Cela d’autant, estiment-ils, que le régulateur s’intéresse beaucoup plus à la téléphonie mobile qu’à la téléphonie fixe qu’il semble avoir abandonnée.

« Nous assistons depuis plus d’une décennie à un retour au monopole, en particulier et d’une manière criante dans le domaine du téléphone fixe. Cela, en violation totale des textes règlementaires actuellement en vigueur. Ce retour au monopole, en plus de s’inscrire en faux par rapport à la déclaration de « politique sectorielle des TIC » telle que définie par le président de la République en 1999, l’est aussi par rapport à la loi 2000-03 qui définit dans le détail les missions, les objectifs et les rapports qui devraient exister entre les différents acteurs du monde des TIC.

Ce monopole de fait s’est graduellement érigé en une véritable barrière sur laquelle tous les opérateurs économiques, mais aussi toute entreprise du secteur qu’elle soit grande, moyenne ou petite, s’est trouvé démuni, sans moyens et très vite sans avenir face à un climat des affaires délétère qui en a fait disparaître la grande majorité d’entre elles », déplore le collectif des ISP.

Appel à plus d’équité

Ils poursuivent en soulignant que « quelques opérateurs ont, plus ou moins, pu survivre et ce sont eux qui, aujourd’hui, tirent la sonnette d’alarme pour crier leur désarroi devant tant d’incompréhension et de laisser-aller quant à l’application des lois de la République ».

Ces opérateurs ont pris « le risque d’investir parce que la loi 2000-03 leur donnait les garanties d’une concurrence loyale et saine à travers une autorité de régulation indépendante et autonome.

Malheureusement, la réalité est tout autre, les pratiques du régulateur ainsi que son laxisme ou complicité avec les pratiques de l’opérateur historique ont plusieurs effets, dont « la disparition de la quasi-totalité des ISP, les fournisseurs de services et d’accès à Internet » ; « l’absence d’offres compétitives d’accès à Internet concurrentielles pour le grand public » ; « la pratique des tarifs d’accès au Mbps à Internet parmi les plus élevés au monde contrairement à ce qui se passe chez les pays voisins à l’instar de la Tunisie ou du Maroc ».

Parmi les effets négatifs, le collectif des providers indique, en outre, que la compétitivité globale de l’Algérie a connu un recul progressif depuis 2006 en matière de connectivité, impactant globalement ses attributs de compétitivité selon le dernier classement GITR (Global Information and Technology Report) du World Economic Forum.

Dans ce classement mondial, l’Algérie occupe aujourd’hui la 100e position sur 145, en recul de 23 points depuis 2006. Elle est classée parmi les 15 derniers pays du classement et avant-dernière (après le Gabon) dans le classement des pays à revenu comparable (tout indicateur confondu).

« Le régulateur, supposé veiller à ce que tous les acteurs du secteur, petits et grands, puissent opérer dans la loyauté commerciale pour le bien de la communauté, est curieusement le grand absent de cet embrouillamini qu’il a lui-même créé, au grand dam des opérateurs alternatifs qui sont superbement ignorés et dont les droits sont régulièrement bafoués par cette institution dont l’une des grandes missions est justement de les protéger et de leur permettre d’évoluer dans le meilleur des écosystèmes possibles […].

Sans compter que le régulateur n’intervient actuellement que dans l’éventualité d’une plainte déposée par l’un des opérateurs, qui est généralement suivie d’une longue procédure de saisine relevant beaucoup plus d’une bureaucratie des années 1990 que d’une institution faisant la promotion de l’ère numérique », conclut le collectif des fournisseurs d’accès Internet dans son communiqué. 

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