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Nationale

Les nouvelles équations du Président

Les nouvelles équations du Président

Le plus grand bénéficiaire de la démission de Saâdani ne serait que le président du parti et néanmoins chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika.

Politiquement, la seule et unique lecture que font les milieux avisés est celle-là, celle de la mainmise du chef de l’État sur les pouvoirs décisionnels du FLN, sur ses actions organiques, sur son processus de réforme interne et sur sa feuille de route politique en étant le véritable leader du parti.

En jetant l’éponge d’une manière théâtrale, Saâdani vient d’effacer d’un geste et avec deux phrases toute la puissance supposée qu’il a acquise durant son règne controversé de trois ans. On n’oublie pas qu’il fut derrière le limogeage de plusieurs ministres, comme Amar Tou, Khaldi et Harraoubia, ou le tout dernier, Khaoua.

On n’oublie pas non plus qu’il fut derrière la nomination d’autres aux plus hautes fonctions de l’Etat ou dans des entreprises publiques. On n’oublie surtout pas qu’il imposa ses partisans au sein des appareils névralgiques du parti, mais aussi au sein des institutions de l’Etat.

C’est Saâdani qui a créé une trajectoire à “l’enfant de son bled” installé à Annaba, le député Tliba. Et c’est encore lui qui a imposé, en dépit des contestations et des pétitions, le chef du groupe parlementaire, l’homme d’affaires tebessi, Djemaï. Comme il fut derrière la disgrâce spectaculaire de Belkhadem, l’ancien SG, honni et devenu infréquentable. Les pouvoirs et les dégâts de Saâdani au sein du FLN et sur la scène nationale sont nombreux.

Des pouvoirs qu’il exerçait au nom d’un chef et d’une autorité, celle du président de la République. Personne ne pouvait contester.
Tout le monde au sein du vieux parti sait que le nouveau SG, Djamel Ould Abbès, encore l’un des plus fidèles au Président, va mettre en place un autre style, un autre discours, sans jamais prétendre défoncer ou détruire quoi que ce soit.

Cacique parmi les anciens, le sénateur et adjoint de Bensalah au Conseil de la nation est un parfait militant discipliné, qui ne dit pas un mot de plus dans les critiques, ni dans les éloges.

A bien des égards, Ould Abbès serait un excellent “porte-parole” de Bouteflika, plus “transmetteur” que “communicateur”, mais surtout un fidèle du premier carré du cercle présidentiel, qui va exécuter les visions et les plans de Bouteflika pour le FLN, notamment en 2017 avec les législatives, les wilayales et les communales.

Ainsi, il va imposer avant tout le nouvel ordre bouteflikéen au sein du FLN, ses propres logiques organiques et ses équations politiques. Un parti qui ne serait que l’émanation du pouvoir présidentiel et non plus une chasse gardée rebelle ou de sphères qui gravitent autour des cercles décisionnels. Et c’est justement tout l’enjeu de ce “réveil” de Bouteflika, qui venait de mettre le holà aux dérives et autres “glissades” qui n’augurent rien de bon.

Au sein du Bureau politique, comme au sein du Comité central et dans les mouhafadhas et les autres appareils intermédiaires et régionaux du FLN, la démission de Saâdani est perçue comme un message fort de la part de Bouteflika.

Un message de rassemblement et d’union de tous les clans et autres chapelles (Abada et son mouvement de redressement, Belayat et ses batailles médiatiques et judiciaires, Daâdouaâ et son comité naissant).

Cependant, ce que retient l’observateur, c’est cette réaction prompte (une sorte d’intifidha comme l’avait écrit un confrère) de la part de Bouteflika, qui venait d’agir après des appels et des sollicitations pour sauver le parti et ses symboliques. Une réaction que Ould Abbès a mis en exergue dans ses premières déclarations.

Débarrassé de son “bulldozer”, remplacé par un discipliné, le FLN d’aujourd’hui semble redevenir entièrement sous la coupe de Bouteflika. Un parti dont il aura bien besoin dans les mois à venir pour soutenir son programme dans un contexte de crise économique et d’austérité.

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