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Nationale

Les Mozabites, cibles de cybercriminels

Les Mozabites, cibles de cybercriminels

Dans la conjoncture internationale actuelle, l’exploitation de l’ibadisme à des fins déstabilisatrices constitue on ne peut mieux une aubaine pour ceux qui pensent avoir raté l’occasion d’entraîner l’Algérie dans la spirale post-printemps arabe.

Une spirale qui, au final, a eu raison de la stabilité de ses proches pays voisins. Les 23 victimes des violences de la semaine dernière dans la Vallée du M’zab constituent un bilan très lourd dans la mesure où les auteurs et les victimes sont de simples citoyens dont beaucoup, et les arrestations opérées après les événements l’on confirmé, ont été « entraînés » dans le seul but de disloquer la région.

Une semaine après les événements les appels au meurtre et au rejet de l’autre continuent, bien que des mesures draconiennes aient été prises par le pouvoir pour remettre de l’ordre.

Des personnalités connues et d’autres n’hésitant point à afficher leur identité continuent en effet de faire l’apologie du crime via le Net. Facebook, Youtube et autres réseaux sociaux, qui sont inondés ces derniers jours par des extraits et de propos à la limite de la xénophobie appelant les citoyens, au mieux, à bouder leur marchandise et au pire, à maltraiter les Mozabites.

Des appels qui mettent en lumière le fait que la crise aux répercussions rituelles pourrait en effet avoir une origine commerciale et sociale.
Ces appels constituent une infraction à la législation et sont pourtant condamnées et réprimés par la loi sur la prévention et la lutte contre la criminalité liée aux technologies de l’information et de la communication.

Pis, il a même été confirmé des appels émanant de personnalités religieuses ou reconnues comme telles, à bannir la communauté mozabite, allant jusqu’à traiter ses membres de mécréants. Des propos qui ne font au final que reprendre les allégations, il y a plus d’une année, d’une chaîne de télévision spécialisée.

Lors d’une émission diffusée en février 2014 par « Iqra’a », à laquelle ont pris part nombre d’hommes religieux, saoudiens notamment, la chaîne avait permis à ses invités de faire passer des thèses discréditant et même condamnant le rite ibadite. Des thèses qui avaient été aussitôt condamnées par l’ex-ministre des Affaires religieuses et des Wakf, Bouabdellah Ghlamallah.

De larges extraits de l’émission peuvent même être consultés sur le Net.Ainsi, la tâche qui attend les enquêteurs et ceux censés remettre de l’ordre s’avère être plus ardue, dans la mesure où leur intervention sera plus conséquente en termes d’espace.

En effet, si la trentaine de personnes arrêtées à Berriane, Guerrara et Ghardaïa et la récupération d’armes à feu à concerné la Vallée du M’zab, les appels à la violence fusent, quant à eux, de partout et de nulle part. C’est pourquoi, de l’avis d’hommes religieux interrogés à Constantine, le rôle de la société civile et des imams est indispensable pour agir en amont pour apaiser les esprits.

A signaler qu’un communiqué de la wilaya de Ghardaïa, repris par les présidents des APC des communes touchées à l’image de Guerrara, rappelle aux citoyens de cinq communes l’interdiction provisoire de toutes manifestations publiques : « Afin d’assurer la protection des personnes et des biens, tout attroupement ou rassemblement dans des lieux publics est interdit durant les six prochains mois ».

Un appel dont les premiers destinataires ont été les imams et les présidents des associations de quartiers. « Les citoyens des communes de Ghardaïa, Berriane, Guerrara, Benoura et Ben-Dahoua seront donc avisés et tout contrevenant pourrait être poursuivi », lit-on encore sur le communiqué daté de lundi.
Mais au vu de la quantité d’armes et de bombes artisanales saisies, il est certain que les enquêteurs devront user de beaucoup de moyens pour déjouer de probables actes de violence et surtout pour tenter d’élucider ce qui s’est réellement passé.
 

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