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Les miliciens de Fajr Libya récidivent

Les miliciens de Fajr Libya récidivent

Des miliciens ont investi, avant-hier, le consulat de Tunisie à Tripoli, en Libye. Dix employés ont été enlevés, selon le ministère des affaires étrangères tunisien. Les assaillants sont vraisemblablement une frange de Fajr Libya affiliée à Walid Klib.

La diplomatie tunisienne a une nouvelle fois appelé ses ressortissants en Libye à la prudence, à quitter le territoire « si possible », et à ne pas se rendre dans ce pays « dans les conditions actuelles sauf nécessité absolue ».

Samedi, Touhami Abdouli, le secrétaire d’État chargé des Affaires arabes et africaines dans le gouvernement d’Habib Essid, a déclaré au magazine français Le Point que désormais « les négociations pour la libération des dix otages commençaient avec le frère de Walid Klib ».

Ce dernier, un des leaders de Fajr Libya, a été arrêté à l’aéroport de Tunis-Carthage le 14 mai. Un mandat de dépôt a été émis à son encontre par un juge d’instruction. Depuis Walid Klib séjourne dans la prison de la Monarguia (Grand Tunis).
Le négociateur a précisé qu’il s’agit « d’une toute petite fraction qui dépend directement du frère de Klib ». Touhami Abdouli n’a pas de nouvelles précises des otages. Il suppose qu’ils se portent bien.

La voix fatiguée par près de 24 heures de travail au sein de la cellule de crise, le secrétaire d’État va maintenant discuter directement avec le frère du leader emprisonné. Pendant ce temps, les quatre partis politiques au pouvoir (Nidaa Tounes, Ennahda, Afek Tounes, UPL) ont publié un communiqué demandant aux Tunisiens de ne pas s’en prendre aux Libyens qui résident en Tunisie.

Les ressortissants et intérêts tunisiens sont régulièrement visés en Libye, comme d’autres représentations diplomatiques étrangères. En mai, Tunis avait négocié pendant une dizaine de jours la libération de 254 Tunisiens détenu par une milice de Fajr Libya en représailles à l’arrestation en Tunisie de l’un de ses chefs, Walid Klib.

Selon un journaliste tunisien bien introduit à Tripoli contacté par le quotidien français Le Monde, il est « fort probable » que la milice ayant enlevé les dix Tunisiens du consulat et celle ayant coordonné les arrestations de mai soit la même.

La Tunisie est l’un des derniers pays à avoir conservé une représentation diplomatique dans la capitale libyenne, contrôlée par une coalition de milices baptisée « Aube de la Libye » (Fajr Libya), dont la légitimité n’est pas reconnue par la communauté internationale.

Un diplomate et un employé de l’ambassade de Tunisie à Tripoli avaient déjà été détenus en 2014, puis libérés. Un groupe se réclamant de la branche libyenne de l’organisation terroriste djihadiste Etat islamique (EI), en plein essor en Libye, avait par ailleurs revendiqué en janvier l’assassinat de deux journalistes tunisiens, Sofiène Chourabi et Nadhir Ktari.

Depuis le renversement du gouvernement légitime de Mouammar Kadhafi, en 2011, la Libye est déchirée entre différentes milices. Deux gouvernements se disputent le contrôle du pays : l’un, reconnu par la communauté internationale, qui siège dans l’est du pays, l’autre à Tripoli, sous contrôle de Fajr Libya. 

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