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Nationale

Les metteurs en scène et les comédiens en formation au TR

Les metteurs en scène et les comédiens en formation au TR

Dans le cadre de son vaste programme de formation des métiers cinématographiques et théâtraux, le Théâtre régional Kateb-Yacine de Tizi-Ouzou a donné, avant-hier, à l’occasion de la Journée mondiale du théâtre, le coup d’envoi d’une nouvelle formation d’une durée de 5 jours au profit des comédiens et des metteurs en scène.

Au chapitre de la mise en scène, les cours sont assurés par le Dr Lakhdar Mansouri, enseignant au département des arts et culture de l’Université d’Oran. Concernant l’actorat (comédie), la mission de l’encadrement est assurée par Mme Hamida Aït-El-Hadj, enseignante à l’Institut supérieur des arts dramatiques d’Alger.

Etaient présents à la cérémonie d’ouverture officielle de ce stage, qui a eu lieu dans l’espace même du Théâtre régional Kateb-Yacine de Tizi-Ouzou, en sus de ces deux formateurs de haute volée, le directeur de l’institution culturelle, Ould-Ali El-Hadi, le grand dramaturge et metteur en scène, Aïssa Mounferat, la star de cinéma algérien, Mustapha Ayad, et qui n’est autre que le fils de « Rouiched », et plusieurs autres grandes figures des sciences théâtrales et cinématographiques.

Ce rendez-vous, que d’aucuns considèrent comme « historique », a été aussi une occasion pour le directeur du Théâtre régional Kateb-Yacine de Tizi-Ouzou de rappeler non seulement les missions incombant à l’institution qu’il dirige mais aussi la loyauté dont ses collaborateurs et lui-même servent le monde des arts et culture. 

« Je profite encore de cette opportunité qui m’est offerte, assure Ould-Ali El-Hadi, pour rappeler que les portes de l’institution que je dirige sont ouvertes à toutes les associations et coopératives théâtrales et culturelles de la wilaya de Tizi-Ouzou désireuses de parfaire leurs connaissances dans le domaine des arts et culture ».

Le directeur de la maison de la culture Mouloud-Mammeri est revenu également sur les nombreuses productions culturelles signées par le Théâtre régional Kateb-Yacine ainsi que son ouverture vers d’autres troupes culturelles évoluant à travers l’ensemble du territoire national.

Quant à la question de savoir si le moment est enfin venu d’aller vers la professionnalisation de métiers théâtraux et cinématographiques, Mme Hamida Aït-El-Hadj répondra que cette « professionnalisation des métiers existe depuis très longtemps ».

La réponse de l’enseignante à l’Institut supérieur des arts dramatiques d’Alger ne cadrait pas vraiment avec la question posée. Toujours est-il que Mustapha Ayad, que nous avons pris en aparté, sera beaucoup plus explicite par rapport à ce « professionnalisme », à commencer par la rémunération des acteurs et autres gens de cinéma.

« Les acteurs algériens, considérés comme des « stars », perçoivent un cachet assez substantiel », a affirmé notre interlocuteur. Quant à la question du nombre et de la qualité de la production culturelle, il reconnaît qu’on est loin de la norme mondiale. Quand nous avons tenté de comparer le cinéma algérien à celui de Hollywood pour mieux expliciter la question, Mustapha Ayad a failli avoir « une syncope ».

« A Hollywood, dit-il, la moyenne annuelle est de 500 productions alors que chez nous en Algérie, on en est seulement à deux ou trois pour la même durée (un an). » « La principale problématique en Algérie est justement cette absence de production filmique », conclut Mustapha Ayad. De son côté, Aïssa Mounferat, qui a considéré et défini le professionnalisme comme « un tout », n’a pas caché sa déception. Ce célèbre dramaturge, dont la carrière s’étale déjà sur plus de 40 ans, a clamé haut et fort que les métiers des arts cinématographiques se pratiquent avec une grande rigueur scientifique.

« Hélas, on n’en est pas là », conclut-il avec amertume. Le cinéaste Hacène Ould-Kaci, spécialisé dans le cinéma dit « kabyle » a quant à lui lâché cette « bombe » : « Lors du prochain Ramadhan, il y a un grand risque que la TV4 se contente seulement de rediffuser les anciens programmes. » Notre interlocuteur signale que la raison de cette absence de nouveauté pour les téléspectateurs réside dans le fait que les nouvelles productions ne trouvent pas acheteur.

« Et il semble que le refus d’acheter nos nouvelles productions obéit à la nouvelle politique culturelle », a souligné Hacène Ould-Kaci qui s’est interdit toutefois de jeter la pierre sur quiconque. Notons enfin que cette Journée mondiale du théâtre a été marquée également au niveau de l’espace du Théâtre régional Kateb-Yacine de par l’interprétation de la pièce théâtrale intitulée Hadjrat assabre.

Cette pièce est l’adaptation du roman de Atiq Rahim Pierre de patience. L’histoire porte sur le cas d’une épouse d’un terroriste qui assiste dans le domicile conjugal son mari, un terroriste, qui, après une blessure par balle au maquis, s’est retrouvé dans un état comateux.

C’est une pièce de théâtre bien originale par son montage. Les seuls dialogues sont ceux de la jeune épouse. Le rôle est tenu par l’actrice Adila Bendimered. L’acteur Adel Bentounssi, dont le rôle consiste à jouer le mari comateux, ne prononcera aucun mot.

Durant tout le temps de la durée de la pièce, il sera allongé sur un matelas avec une perfusion de sérum. La seule performance gestuelle qu’accomplira Adel Bentounssi sera montrée à la fin, au moment où le mari se réveillera soudainement et tentera d’étrangler son épouse. Cependant, la mort frappera ce mari. Pour le reste de la pièce, les gestes et paroles seront de la stricte compétence de Adila Bendimered laquelle subjuguera le public.

Quand au fond exact de cette pièce théâtrale, ce n’est qu’une parabole sur le monde réel des terroristes. En effet, sachant que l’homme qui a combattu à leurs côtés dans les maquis était dans un état comateux, les terroristes, au lieu d’aider sa famille à surmonter la difficulté, manifesteront plutôt leur envie de le voir mourir pour épouser sa jeune veuve, mère également de petites filles. Un jour, un terroriste poussera même l’outrecuidance jusqu’à violer la jeune épouse en s’introduisant chez elle de force. L’acte de viol sera commis sous la menace d’une arme.

Dans son dialogue, la jeune épouse s’adressera à son mari pour lui faire entendre qu’il avait fait fausse route en partant au maquis et, surtout, en ayant confiance en ses camarades terroristes. La pièce sera très applaudie par le public.

A la fin de la représentation, Adila Bendimered apprendra au journal le Jeune Indépendant que « Hadjret assabra » a été interprétée il y a I5 jours de cela et pour la première fois sur les planches d’Oran et la semaine dernière, dans la wilaya de Chlef. « Notre objectif et notre souhait, c’est de la jouer à travers l’ensemble du territoire national », a déclaré notre interlocutrice que nous avons eue du mal à reconnaître après s’être débarrassée de son costume de comédienne.

Cette difficulté à reconnaître du premier coup la comédienne a beaucoup amusé Mustapha Ayad. Signalons enfin que Hadjrat assabre, dont la critique lui réservera certainement un bon accueil, a été produite par la coopérative théâtrale Hammou Boutlélis d’Oran.

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