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Nationale

Les ménages recourent à l’achat à crédit

Les ménages recourent à l’achat à crédit

La crise économique et les effets causés par la pandémie de Covid 19 n’ont pas touché que les entreprises. Elle a surtout frappé les couches moyennes et les foyers à faibles revenus. Le retour à la vieille méthode des ventes à crédit chez les épiceries du coin, pour faire face à cette situation exceptionnelle, est en vogue à Alger.

« Nous applaudissons vivement les fortes décisions approuvées récemment par le gouvernement et les partenaires économiques pour soutenir les couches moyennes de la société face à la crise. Mais, il reste des milliers de familles qui sont dans une situation financière dramatique et qui continuent à souffrir le martyr discrètement. Notre espoir est grand et nous accordons une confiance totale au Président de la République, car nous savons très bien qu’il s’agit d’un homme honnête et visionnaire » nous explique un père de famille.

Les effets néfastes de la pandémie de Covid 19 se font ressentir sur les ménages. Quatre mois depuis l’apparition du Coronavirus en Algérie, de nombreuses familles, voire les plus démunies financièrement, ont dû recourir aux achats à crédits pour se nourrir. Dans les quartiers de l’Ouest d’Alger, les répercussions de la pandémie Covid 19 sont lourdes et sont déjà visibles sur le quotidien des Algérois.

Les épiceries tout comme les bureaux de tabac du coin ont été obligés de se rabattre sur la vieille tradition commerciale à savoir ; la vente à crédit.
C’est le seul moyen pour faire tourner leurs commerces et garder leurs clients appauvris par la crise économique et sanitaire. Avec la concurrence rude des supérettes et autres grandes surfaces, qui ont presque raflé tous les consommateurs, les petites épiceries ont été contraintes à vendre leurs produits alimentaires à crédit pour les plus petites bourses du pays.

Dans la commune d’Ouled Fayet, dans les quartiers populaires, tels que les Cités vertes et même les Cités AADL, c’est le retour au stylo et au carnet. La situation financière de nombreuses familles s’est détériorée davantage ces derniers mois devant la persistance de la pandémie et aussi devant les retards des versements des salaires des travailleurs par leurs employeurs.

Mounir, âgé de 53 ans, un résidant à la Cité AADL d’Ouled Fayet, en chômage forcé depuis douze mois déjà, suite à la fermeture de la société de communication, dont il était employé depuis sept ans, n’a pas trouvé d’autres solutions que de recourir au crédit pour subvenir aux besoins de sa famille composée de quatre membres.

Ce dernier, déjà victime du terrorisme barbare des années 90, vit miraculeusement avec seulement une pension de 10 000 dinars, un revenu de misère qui ne peut même pas couvrir le payement des factures d’électricité, d’eau et de location. « Avec un revenu mensuel de 10 000 dinars, je fais face à de nombreux soucis.

La flambée des prix des produits alimentaires, des fruits et légumes ont aggravé ma situation financière et je n’ai pas payé le loyer depuis six mois. J’arrive très difficilement à boucler la première quinzaine du mois » se lamente cet homme célibataire en chômage technique. Ses collègues au nombre de 800 sont aussi concernés par cette situation.
Ces derniers vivent, à leur tour, à crédit, certains ont même opté aux prêts sur gage en mettant les bijoux de leurs conjoints contre de l’argent liquide chez la Banque de développement local de Ruisseau.

Dans les Cités vertes appelées sociale, le nombre des familles qui vivent grâce au crédit ne cesse d’augmenter chaque semaine, et les affaires des épiceries ne sont plus comme avant. Leurs chiffres d’affaires ont sensiblement augmenté. Ce fut le cas pour Ami Farouk, ancien employé du secteur des bâtiments et aujourd’hui à la retraite.

Père de deux fillettes, ce septuagénaire ne s’est plus à quel saint se vouer, car, chaque mois, la caisse de retraite lui verse une pension de 24 000 dinars, qui ne fait plus le poids face à la flambée des prix et la cherté de la vie. « Pour moi, c’est un miracle que j’arrive à boucler la fin du mois.Non seulement je dois payer 7500 dinars chaque mois pour le loyer, en plus je dois assurer la nourriture de ma famille et d’autres charges de la vie. L’apparition de la pandémie a tout simplement été une catastrophe pour mon vulnérable portefeuille », estime le vieux retraité.

Et pour apaiser cette grosse pression au quotidien, Ami Farouk a trouvé son salut en s’approvisionnant à crédit chez l’épicier du coin, comme la seule véritable issue qui lui reste pour maintenir un semblant de vie à sa famille.

Malheureusement, son cas se compte par milliers à Alger, ou l’urgence d’une aide du gouvernement est plus que jamais souhaitable. 

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