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Nationale

Les médecins résidents saisissent le Président de la République

Les médecins résidents saisissent le Président de la République

Les médecins résidents comptent en appeler au premier magistrat du pays, le président Abdelaziz Bouteflika, pour dénoncer un système de santé en souffrance.
En grève depuis la mi-novembre, les futurs praticiens spécialistes accusent le ministre de tutelle, Mokhtar Hasbellaoui, de pousser la situation au pourrissement en optant pour des politiques de « bricolage » au lieu de proposer des solutions de fond aux structures hospitalières, qui fonctionnent dans des conditions « périlleuses ». Le Comité autonomes des médecins résidents algériens (CAMRA), a remis en question la dernière décision du ministère de la Santé qui a décidé, en ce moment précis, de recruter 600 médecins généralistes dans le cadre du Dispositif d’aide à l’insertion professionnelle (DAIP), pour les dépêcher à travers les différentes structures hospitalières du pays afin de combler le vide engendré par la grève des résidents.

« Les praticiens généralistes sont nos collègues que nous respectons beaucoup, mais ils ne peuvent pas se substituer à nous pour la bonne raison qu’ils sont incapables d’accomplir les actes médicaux spécialisés tels les actes chirurgicaux par exemple », a expliqué hier le porte- parole du Comité autonomes des médecins résidents algériens (Camra), Mohamed Touileb, qualifiant d’« absurde » cette résolution de la tutelle qui a pour fin d’utiliser les généralistes contre les résidents. S’exprimant lors d’une conférence de presse organisée par le CAMRA, le docteur Touileb a assuré que « le combat » des 15 000 médecins en spécialisation est dans l’intérêt des citoyens. « Nous aurions pu accomplir le service civil et décrocher notre diplôme de médecin spécialiste, mais nous avons fait le choix le plus difficile, celui de la résistance et de la lutte contre la médiocrité et le bricolage », a-t-il lancé aux journalistes qui s’interrogeaient sur l’impact de cette longue grève sur les malades et les dernières déclarations de responsables qui leur demandaient de faire preuve d’humanisme. « On nous parle des répercussions de la grève sur les malades, comme si il y avait une véritable prise en charge des malades », s’est-il indigné, en dénonçant l’insuffisance cruelle des moyens élémentaires pour le fonctionnement des services d’urgences et l’absence de sécurité qui menace le malade et le personnel médical.

Abondant dans le même sens, le docteur Sofiane Hadibi, du CHU de Constantine, a fait remarquer l’absence de solutions concrètes au bout de 16 réunions avec le comité intersectoriel installé par la tutelle. « La question de l’abrogation du caractère obligatoire du service civil, qui est l’une de nos principales revendications, n’a pas été résolue », a-t-il regretté. Interrogé sur une éventuelle démission collective, ce future spécialiste en radiologie a répondu que les résidents ont déserté les hôpitaux, les gardes, ce qui est une démission en soi. D’ailleurs, même l’année blanche ne fait plus peur aux protestataires qui affirment choisir la voie la plus difficile pour imposer les réformes de la santé.

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