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Nationale

Les magistrats refusent de superviser la présidentielle

Les magistrats refusent de superviser la présidentielle

Des dizaines de magistrats et d’avocats ont observé ce samedi un sit-in devant le siège du ministère de la Justice, suite à l’appel de l’Union nationale des ordres des avocats et du Club des magistrats algériens libres qui a annoncé son refus de superviser l’élection présidentielle prévue le 4 juillet prochain.
L’annonce a été faite par Merzougui Saâd Eddine, juge d’instruction du tribunal d’Oued-Souf et porte-parole du Syndicat des magistrats libres qui s’oppose au syndicat de Djamel Aïdouni, lors du rassemblement de protestation. « Convaincus que le juge est le fils du peuple et son serviteur, qu’il juge en son nom et pour lui et en réponse aux revendications populaires, nous, membres du Club des magistrats algériens, avons décidé irrémédiablement de boycotter la supervision de la présidentielle du 4 juillet », a annoncé le magistrat. « Nous refusons de faire un faux témoignage pour une élection dont le résultat est connu d’avance », a-t-il ajouté.
« Notre détermination à demander le changement ne faiblira pas et ne sera pas démentie, quelle que soit la situation car nous appelons à la justice », a assuré M. Merzougui, affirmant que les magistrats ne renonceront pas à leurs revendications pour une justice indépendante. « Nous affirmons que ces pratiques périmées émanant de mentalités haineuses ne diminueront pas notre détermination à réaliser l’indépendance réelle de la justice et nous considérons ces sanctions comme des distinctions honorifiques et un impôt qu’il faut payer à notre lutte pour réaliser le rêve des Algériens consistant en une justice efficace et impartiale », a-t-il affirmé.
Pour sa part, l’avocate Zoubida Assoul, présidente de l’Union pour le changement et le progrès (UPC), a assuré de son soutien au mouvement populaire. « Nous sommes les défenseurs des droits des citoyens et on ne peut se mettre que du côté du peuple qui réclame le départ de ce système et l’instauration d’une période de transition avec de nouveaux visages, ce qui permettra de construire un état de droit ». Concernant les actes de violences enregistrés lors de la manifestation de vendredi, l’avocate affirme qu’« il y a des parties qui veulent casser le mouvement populaire et la Police doit faire son travail et redoubler de vigilance afin d’identifier les commanditaires de ces actions qui ont pour but de nuire au caractère pacifique des manifestations ».
Les avocats et les magistrats, rejoints par des notaires et des huissiers de justice, ont exprimé leur engagement à rester mobilisés jusqu’à la satisfaction de leurs revendications, dont « l’indépendance totale de la justice qui garantit l’Etat de droit ». Brandissant des emblèmes aux couleurs nationales, les robes noires scandaient des slogans relatifs à la consécration de la démocratie et de la justice.

D’autres revendications ont été formulées, comme notamment celles portant sur « la lutte contre la corruption à travers l’ouverture des dossiers liés à ce phénomène, sans pressions de la part des autorités ».
Les juges et les avocats ont par ailleurs réclamé « l’indépendance de la justice » et « la liberté pour les magistrats d’ouvrir des enquêtes relatives aux affaires de corruption, sans qu’il y ait des décisions ou des pressions de la part des autorités ».
À cet effet, l’avocat Salah Dabouz a lancé un appel aux juges ayant subi des pressions pour qu’ils dénoncent « ces faits ».
« Dénoncez la pression que vous vivez et nous allons vous défendre jusqu’au bout. On est fiers de vous », a-t-il ajouté.
Le Club des magistrats a annoncé sa décision de boycotter l’opération de révision des listes électorales fixée du 16 au 23 avril, en prévision de l’élection présidentielle prévue pour le 4 juillet 2019. Une élection que les magistrats rejettent et refusent d’encadrer parce qu’elle est « rejetée par le peuple », selon des déclarations faites par des magistrats.

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