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Op-Ed

Les lignes rouges du chaos

Les puissants occidentaux tracent quand bon leur semble, dans nos pays, des lignes rouges.
Ces lignes ne peuvent être que fatalement et funestement rouges.
Ces lignes sorties de leur bon vouloir, constituent leur bon droit, mais elles questionnent chacun d’entre nous au plus profond de son être car nous avons encore une mémoire et des plaies encore vives.

Ces peuples que l’on prétend défendre, comment les choisit-on ?
Ceux d’entre eux qui crèvent dans l’indifférence alors que leurs assaillants sont lourdement équipés en armes européennes, dont certaines sont frappées d’un embargo hypocrite, ces peuples ont-ils droit à des lignes rouges ?

Peut-on envier le sort de ceux qui en « profitent » ?
Les consulte-t-on ? Les associe-t-on sur le choix du mode opératoire pour les « libérer » ?

D’autres attendent toujours qu’on leur rende, d’abord, justice des longues, très longues décennies d’oppression coloniale.
Et si on leur offrait plutôt, de réparer le dépassement des lignes rouges d’un passé pas si vieux que cela ?

Excepté ceux qui sont rompus à l’art de la stratégie de la belligérance, de qui se moque-t-on ?

Ces lignes aveugles pour ceux qui les subissent, délimitent en fait, les contours géographiques des théâtres situés tous hors d’Europe, où les forts du moment, peuvent à loisir exercer l’art de la guerre préventive.
Préventive ?
Pardon de le rappeler, mais la guerre fait des dégâts beaucoup de dégâts et de tous ordres, préventive ou « curative » fut elle.
Il n’y a pas de guerre sans un arsenal à visée destructrice.
Celui de l’occident est toujours plus moderne, plus sophistiqué, plus précis bientôt entièrement robotisé.

On s’enorgueillit de conduire des frappes chirurgicales, nettes et précises, à distance, et demeurer propret avec des gants toujours blancs et de belles photos satellites pour le souvenir.

Mais la guerre même éclair, comme ils en rêvent, cette guerre qui vient du ciel comme la foudre de Jupier incarné sur terre, reste avant tout une guerre.

Qu’on la choisisse ou qu’on y soit contraint, c’est la mort en nombre, laide, traitre, injuste et totalement immorale.

Le pouvoir français, renoue avec le démon de la guerre quelque soit la couleur politique qu’il prend, prenant encore plus de retard pour se défaire un jour de son horrible passé colonial notamment en Algérie.
Les nuances politiques entre les protagonistes de la vie politique française s’effacent quand il s’agit de surseoir au respect de l’intégrité des pays qui ne possèdent pas la seule et unique valeur qui leur permet de se faire respecter, l’arme nucléaire, et in fine, de demeurer loin des lignes rouges.
Une vraie pyromania s’empare de la France lorsque sa diplomatie manque d’intelligence.
Sarkozy de la vertueuse Droite Française et la destruction de la Libye  fut elle celle de Kadhafi, les velléités de feu de Frabcois Hollande le socialiste, refroidi par la ferme retenue de Barack Obama, et en ce 15 avril, les aspersions poudreuses d’Emmanuel  Macron, le ni droite ni gauche d’une France déboussolée entre le tout et son contraire, tant il lui est difficile de faire un minimum d’unanimité sur les questions de politique interne.
Quand le chaudron est sous pression, faire diversion !
Au nom d’un droit humanitaire à géométrie variable, la France agresse un pays déjà meurtri par une guerre qui lui a été imposée sous le même prétexte fallacieux qui a servi à démolir des Etats qui n’ont jamais fertilisé le radicalisme.
Qu’est ce qui empêche les uns et les autres de déplorer le sort des habitants de Notre dame des landes et de justifier un appel à ingérence au nom du droit humanitaire ?
Les écologistes s’alarment des risques de mort totale que représentent les centrales nucléaires, n’y a-t-il pas là de sérieuses lignes rouges à défendre au nom de l’humanité toute entière ?
De lignes rouges sélectives en lignes rouges plus larges, plus légitimes, ne nous conduit-on pas droit au chaos. 

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