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Les juges de la Cour suprême acceptent les pourvois en cassation

Les juges de la Cour suprême acceptent les pourvois en cassation

Les juges de la chambre criminelle de la Cour suprême ont répondu favorablement aux pourvois en cassation formulés par l’ancien chanteur du flamenco, Ben Djemaa Réda, et les autres inculpés.

Les magistrats de la plus haute instance judiciaire au pays ont jugé que le président du tribunal criminel d’Alger a omis, au cours des délibérations dans cette affaire qui a fait couler beaucoup d’encre au lendemain de la prononciation du verdict, de spécifier les questions pour chacun des mis en cause.

Ce veut dire, selon l’arrêt rendu par les juges de la chambre criminelle de la Cour suprême, que ledit président a violé les dispositions stipulées dans le code de procédures pénales, qui dicte aux membres du tribunal criminel que toutes les questions doivent être spécifiées pour chacun des accusés. Les juges de la Cour suprême ont décidé alors jeudi dernier de renvoyer l’affaire devant le même tribunal, mais cette fois-ci autrement composé.

Pour rappel, le président du tribunal criminel d’Alger avait prononcé, le décembre 2013, des peines allant de 5 à 20 ans de réclusion criminelle dans l’affaire des stewards d’Air Algérie, inculpés pour commercialisation de stupéfiants, à savoir de la cocaïne.

Ainsi, le président chargé du dossier avait condamné le chanteur Ben Djemaa Réda, connu sous le nom artistique de Réda Sika, à 5 ans de prison ferme pour s’être rendu coupable de commercialisé de drogue. La même peine avait été prononcée contre le neveu du réalisateur Lakhdar Hamina, Mounir Lakhdar Hamina, pour avoir également commercialiser cette matière.

M. Benkharchi, alors chargé du dossier, avait par ailleurs condamné T. Mohamed, pour le même chef d’inculpation retenu à l’encontre du chanteur incriminé, à 8 ans de prison ferme. Il a en outre prononcé 5 autres peines de 10 ans de prison contre H. Mounir, F. Tayeb et C. Slimane, Z. Hichem et M. Fayçal. Ces derniers avaient été reconnus coupables d’avoir importé de la cocaïne depuis le Mali.

Le même juge avait condamné B. El-Yazid à 15 ans de réclusion criminelle alors que le principal inculpé F. Abdenour a écopé de 20 ans de réclusion criminelle. Le même président avait prononcé, dans le même cadre, 5 acquittements pour manque de preuves légales et matérielles les culpabilisant, à l’instar du brigadier de la sûreté urbaine de Ould Fayet, H. Mustapha, et d’un élément de la brigade des recherches et d’intervention de la sûreté d’Alger, en l’occurrence G. Redouane

L’inculpé Réda Sika avait nié, au cours de son audition, tous les griefs retenus contre lui dans l’arrêt de renvoi de la chambre d’accusation, estimant que ces derniers avaient été montés de toutes pièces par les services de sécurité. « Je n’ai rien à voir dans cette affaire.

J’ai subi des pressions de la part des enquêteurs qui m’ont dicté ce que je devais déclarer, même au juge d’instruction. Ils sont allés jusqu’à me toucher dans ma dignité en m’affirmant que je ne verrais plus mon épouse et mes enfants « , a-t-il expliqué.

Le chanteur incriminé, qui avait eu beaucoup de difficultés à parler, s’en est ensuite pris aux journalistes en clamant haut et fort, en direction du juge en charge du dossier, qu’il avait fait l’objet d’une sale campagne journalistique. « Les journalistes ont publié des articles diffamatoires, me traitant d’être le baron de la cocaïne en Algérie. Ils ont fait de moi le chef d’un réseau international spécialisé en matière de commercialisation de stupéfiants « , a-t-il dit.

Le président avait alors répliqué : « Je ne me réfère pas aux articles de la presse écrite pour juger ou condamner les mis en cause. « Et d’ajouter : « Je ne comprends pas pourquoi lorsque les journalistes écrivent sur vous de bonnes choses vous ne le leur reprochez pas, mais lorsqu’ils disent certaines vérités sur vous, vous vous mettez dans tous vos états. « 

Il avait par ailleurs rappelé au mis en cause qu’il ne s’agissait pas là du procès des journalistes… 

Interrogé à propos des faits qu’ils lui sont reprochés, l’inculpé avait tout fait pour ne pas répondre aux questions pertinentes posées par le président d’audience et par le procureur général. Il avait nié avoir commercialisé cette matière mais avait par contre reconnu avoir sniffé de la cocaïne, une seule fois dans sa vie, en 2008.

Les autres accusés qui se sont succédé aux auditions ont rejeté les accusations, usant de la même tactique, à savoir dénoncer les pressions exercées sur eux par les enquêteurs du DRS. Ils ont néanmoins avoué avoir passé de belles soirées dans des hôtels de luxe situés en plein cœur de la capitale, notamment celui d’El-Djazair (Saint-George).

Parmi les derniers accusés interrogés figure un brigadier de police qui exerçait à la sûreté de Ould Fayet et auquel il a été reproché d’avoir facilité la tâche aux mis en cause pour esquiver des barrages fixes dressés par les policiers à travers la capitale. 
G. Redouane, alors élément du BRI d’Alger, était poursuivi, quant à lui, pour avoir tenté d’intervenir en faveur de F. Tayeb, arrêté en flagrant délit en possession de 30 grammes de cocaïne.

Ce dernier a tenté de collaborer avec les éléments du DRS en proposant ses services pour l’arrestation du mis en cause, et par-delà éviter la responsabilité pénale qui pesait sur lui.
Ces derniers sont parvenus, grâce à une minutieuse enquête et suite à des informations, à procéder à l’arrestation d’un steward qui faisait partie du gang qui allait gangrénait la société avec la commercialisation de cette drogue en provenance de Bamako (Mali), le 2 octobre 2011.

Ce dernier avait été arrêté par les services de sécurité peu après sa descente à l’aéroport Houari-Boumediene (Alger). Il convient de signaler que le tribunal avait innocenté tous les mis en cause en ce qui concerne d’avoir agi au sein d’un groupe organisé. 

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