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Nationale

Les journées de l’Aïd: la hantise de la pénurie de pain

Les journées de l’Aïd: la hantise de la pénurie de pain

Aïd-el-Adha, c’est ce début de semaine. Les familles algériennes appréhendent plusieurs jours de pénurie. A la veille de cette fête, les embouteillages atteignent des sommets. Les commerces de toute sorte enregistrent leur meilleur chiffre d’affaires pour baisser ensuite leur rideau les jours de l’Aïd et même au-delà, prenant des vacances occasionnelles, un repos bien mérité après de juteux bénéfices. Mais où est ce cas de la corporation des boulangers ? Personne ne leur pardonne de fermer leur boutique et de priver les citoyens de ce précieux pain, indispensable et même impératif pour accompagner les premières parts du mouton de l’Aïd.

Ce serait le plus grand sacrilège de les priver de ce pain en ces journées bénies. Pire, cette année les autorités iront sanctionner d’une amende de cent mille dinars, sans omettre encore d’autres sanctions pour les commerces des denrées de premières nécessités, particulièrement les boulangers, qui n’assureront pas leur service durant ces journées. Un dilemme se pose à eux. Comment servir la société tout en ne se dispensant pas de savourer en famille, comme tout le monde, les bons moments de cette grande fête.

 Les patrons boulangers savent qu’ils ne peuvent empêcher leur personnel, travaillant toute l’année dans des conditions pénibles, de pouvoir eux aussi, souffler un instant et profiter de ces jours fériés. Devant, cette situation difficile et hautement contraignante et face à leur devoir impérieux de fabriquer le pain, les boulangers optent pour une réduction de leur personnel, donnant l’occasion au moins pour quelques uns de ne pas travailler ces jours de l’Aïd. Leur métier est pourtant bien pénible, surtout en été où la chaleur du four ajoutée aux températures extrêmes de la saison estivale rend cette activité dure et fastidieuse. De plus, c’est en pleine nuit que ces boulangers travaillent, les privant d’un sommeil réparateur. Pour ces raisons, les jeunes délaissent ce métier. « J’ai des difficultés à recruter des ouvriers » regrette M. Idris Abada, patron boulanger de la rue de Tanger. « Je voudrais bien les inciter par un salaire avantageux mais nos bénéfices sont maigres » ajoute-t-il en précisant que le prix du pain est demeuré inchangé depuis 1996 alors que les charges et les effets d’équipement ont considérablement augmenté. M. Idris Abada reconnaît que les conditions de la corporation des boulangers ne sont pas reluisantes. Il est temps que les autorités se penchent sur ce secteur pour lui redonner l’attrait économique qu’il est en mesure de mériter étant donné aussi son grand impact social. Jusqu’à aujourd’hui, peu de jeunes promoteurs investissent en effet dans ce créneau de la boulangerie. S’ils ouvrent boutique dans ce métier, ce ne sera pas pour bien longtemps, car la rentabilité est presque nulle. C’est pourtant bien l’amour du métier qui maintient et retient les boulangers dans leur profession. M.Adris Abada en est une parfaite illustration.

Il est âgé de cinquante six ans et aligne déjà un record de quarante six ans de métier. La qualité prime d’abord dans le pain qu’il fabrique. Il veut que le pain frais soit disponible à tout moment et c’est pourquoi, pratiquement toute les deux heures de la journée et jusqu’au soir, les fournées de pain chaud se succèdent. Ces vétérans de la boulangerie maintiennent encore le cap. Les jeunes générations en prendront-ils la relève, ces jeunes ne s’intéressent que par le profit facile et gros ?

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