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Nationale

Les jeunes du Hirak envisagent d’aller vers une « Instance parallèle »

Les jeunes du Hirak envisagent d’aller vers une « Instance parallèle »

Les concertations engagées par l’Instance de dialogue et de médiation nationale, il y a une semaine, se poursuivent avec les différentes dynamiques de la société malgré la contestation exprimée haut et fort par la rue.

Hier plusieurs délégations venues essentiellement de Bordj Bou Arréridj, d’Oran, de Tamnrassat et d’Illizi, ont été reçues au siège de ladite Instance. Selon les responsables de la mission de dialogue, ces rencontres visent à « recueillir toutes les suggestions servant à constituer le squelette d’une plate-forme globale qui sera soulevée pour la transformer en dispositions et lois permettant l’organisation d’une élection présidentielle dans les plus brefs délais ».

C’est ce qu’a affirmé ce mercredi Bouzid Lazhari, membre du panel de dialogue en marge de la rencontre avec des acteurs de la société civile. Lazhari a expliqué : « Le peuple demande une solution rapide mais non précipitée, afin de construire une Algérie sur de nouvelles bases à même de concrétiser les élections transparentes et lutter contre la corruption. » Concernant la commission chargée de l’organisation des élections, le constitutionnaliste a fait savoir que l’Instance attend les propositions issues de dialogue en rapport avec sa composante, ses prérogatives et ses antennes régionales, soulignant que la priorité dans cette mission est donnée à l’élaboration des textes réglementaires relatifs à la commission en question et ua processus électoral. Du côté des participants à cette séance de concertation, les avis divergent : Fatma Saad Saoud, membre de l’Organisation nationale de la société civile pour la promotion de la citoyenneté, a indiqué qu’ils sont venus de Bordj Bou Arréridj après avoir été contactés par les responsables de l’Instance de dialogue en vue de participer au dialogue. « Nous sommes venus pour faire des suggestions. En tant d’organisation nationale pour la promotion de la citoyenneté, nous voyons qu’il faut accélérer l’organisation des élections et choisir un Président légitime, car les élections sont la seule alternative », estime cette enseignante à l’université de Bordj Bou Arréridj.

Par ailleurs, l’activiste politique Ibrahim Kabouch a appelé l’Instance de dialogue à revoir sa copie et sa manière de travailler si l’on veut réellement réussir un processus de dialogue sérieux et responsable.

Et de déclarer à ce titre : « J’appelle l’Instance de dialogue à revoir les mécanismes et les principes adoptés pour conduire un dialogue sérieux et responsable », mettant l’accent dans la foulée sur l’impératif d’impliquer les jeunes dans cette démarche, car il s’agit de l’avenir du pays. Notre interlocuteur a indiqué que « les jeunes marginalisés et qui ont vu leurs initiatives entravées un peu partout sur le territoire national envisagent d’aller vers un projet d’une instance de dialogue parallèle ». Elle sera, d’après ses explications, l’initiative de citoyens appartenant aux diverses catégories y compris l’élite, les étudiants et autres professionnels. « Le dialogue doit se hisser à un niveau digne de ce pays et du degré du pacifisme de son peuple. » Et de faire observer : « Ce qui est train de se faires est une pure perte de temps et d’énergie ; le peuple s’attend à plus de sérieux et de bonne volonté pour amorcer une solution à même de satisfaire les revendications populaires et aller vers un véritable changement. Je lance également un appel à la presse nationale qui est censée assurer le droit du citoyen à une information complète sans censure, et aux autorités locales qui continuent à mettre des bâtons dans les roues de rompre avec ces pratiques héritées de l’époque de la issaba », ajoute-t-il. « C’est l’exclusion et la marginalisation qui ont poussé ce peuple à sortir le 22 février dernier. Ce même peuple est conscient et ne va pas tomber dans le piège de violence auquel on veut le conduire », poursuit notre interlocuteur.

Lemessage de ce jeune n’est pas différent de celui des milliers des hirakistes qui sortent chaque vendredi, depuis le 22 février passé pour exprimer, entre autres, leur rejet de dialogue version Karim Younès.

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