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Nationale

Les inculpés enfoncent l’ancien ministre Chakib Khelil

Les inculpés enfoncent  l’ancien ministre Chakib Khelil

Les accusés qui se sont succédé à la barre hier devant le président du tribunal criminel d’Alger ont pointé un doigt accusateur sur l’ancien ministre de l’Energie et des Mines Chakib Khelil et l’ex-PDG de la Sonatrach Mohamed Meziane, estimant que ces derniers sont derrière la conclusion de tous les marchés de gré à gré et par-delà, derrière tous les contrats frauduleux qu’a signés le géant pétrolier avec des sociétés étrangères.

D’emblée le fils de l’ex-PDG de la Sonatrach, Mohamed Réda Meziane, a affirmé : « Les fils de l’ancien PDG de la Sonatrach Zerguine Abdelhamid sont des actionnaires dans la société étrangère Schlumberger ». 

Le mis en cause a indiqué : « Le fils de l’ancien ministre Mohamed Bejaoui, Farid Bedjaoui, a signé un contrat de consulting avec la société italienne Saipem d’une valeur de 197 millions de dollars ! ».

Il a par ailleurs souligné que : « C’est moi-même qui ai informé les éléments du département des renseignements et de la sécurité du ministère de la Défense nationale que Amel Zerhouni était l’amie intime de la femme de l’ex-PDG de la Sonatrach Mohamed Meziane. Toutes les deux sont décédées suite à une grave maladie. »

Parmi les accusés auditionnés hier figure entre autre un ex-cadre dirigeant de la Sonatrach à savoir Abdelaziz Abdelwahab, qui a déclaré que « entre 90 % et 95% des marchés publics signés de gré à gré visaient à bénéficier de la corruption et de la complaisance ».

M. R Méziane a fait savoir au juge en charge du dossier : « La rénovation du siège de la Sonatrach a couté 8 000 milliards de centimes ». Alors qu’un autre ex-cadre dirigeant, Senhadji a déclaré : « Le plus petit projet réalisé a coûté pas moins de 69 milliards de centimes ! ».

L’accusé a par ailleurs affirmé que : « L’ancien ministre de l’Energie et des Mines Chakib Khelil exerçait des pressions sur les cadres et fonctionnaires de la société pour faire passer des projets publics non réglementés ».

L’inculpé a en outre souligné que : « L’ex-premier responsable du secteur de l’énergie usait de son poste pour remettre des projets à des sociétés étrangères à titre de complaisance ! ».

Il a clamé haut et fort à l’attention du président que : « l’ex-PDG de la Sonatrach nous exigeait d’appliquer à la lettre les ordres et directives qui émanaient de l’ancien ministre, notamment en ce qui concerne la passation des marchés publics de gré à gré avec les sociétés étrangères ! ».

Il convient de signaler que le président chargé de statuer dans le scandale financier qui a secoué le géant pétrolier algérien en l’occurrence la Sonatrach a entamé au moment où nous mettons sous presse l’audition du quatrième groupe des mis en cause impliqués pour plusieurs chefs d’inculpation notamment complicité dans la dilapidation de deniers publics.

Pour rappel, 19 personnes ont été interpellées dans ce scandale. 7 ont été mises sous mandat de dépôt, dont les deux fils de l’ex-PDG de Sonatrach, l’ancien PDG du CPA et son fils, deux vice-présidents de Sonatrach et un entrepreneur privé, alors que l’ex-PDG, deux autres vice-présidents et trois cadres de Sonatrach ont été placés sous contrôle judiciaire pour « violation de la réglementation des marchés publics, association de malfaiteurs et corruption ».

Selon les enquêteurs pas moins de 1 600 marchés ont été attribués de gré à gré ces dix dernières années par Sonatrach, plusieurs hauts responsables seraient impliqués dans des malversations.

Il convient de signaler que la Sonatrach n’est pas à son premier scandale, puisque l’ancien Premier ministre, Ahmed Ouyahia, avait déjà instruit l’Inspection générale des finances (IGF) en 2006 d’enquêter sur les marchés conclus par Sonatrach et la société américaine dissoute BRC. 41 marchés de gré à gré auraient été conclus avec BRC, pour un montant total de 185,7 milliards de dinars (2,1 milliards d’euros).

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