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Nationale

Les impairs de l’«émir»

Les impairs de l’«émir»

Madani Mezrag, l’ancien émir de l’armée islamique du salut, le bras armé du FIS-dissous, a affirmé que les assassinats des membres des forces de l’ordre et des citoyens durant la décennie noire étaient légitimes.

Sur le plateau de la chaîne Al-Arabiya, Madani Mezrag reconnaît avoir tué beaucoup d’Algériens : « Ils nous ont confisqué nos droits et nous étions dans une situation de légitime défense », a-t-il affirmé.

Pour lui, ceux qui ont été assassinés par ses hommes méritaient bien la mort : « Nous avons tué ceux qui voulaient nous tuer. Nous avons pris les armes pour défendre la voix du peuple et son choix politique », a-t-il ajouté sans aucun état d’âme. Madani Mezrag ira encore plus loin en refusant d’être désigné par le mot « repenti » : « Je ne me repentirai que pour Dieu », a-t-il clamé, soulignant que son organisation avait déposé les armes suite à un accord signé avec l’état-major de l’Armée nationale populaire : « Nous avons cessé les hostilités conformément à cet accord qui garantissait à tous les membres de l’AIS de recouvrer leurs droits civiques et civils, dont celui d’exercer la politique.

Madani Mezrag ne désespère pas de voir un jour un parti remplacer le FIS dissous : « Nul ne peut empêcher un courant aussi puissant de reprendre l’activité politique qu’il a exercée dans le cadre de la loi et de la Constitution », a-t-il indiqué.

Pour lui, la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, qui exclut le retour à l’exercice politique de tous ceux qui étaient impliqués dans le terrorisme durant les années 90 est appelée à être réformée : « La charte est un venin que nous avons bu pour permettre à la réconciliation nationale d’aller jusqu’au bout.
La réconciliation ne se fera que par l’aboutissement à une solution globale à la crise dont le FIS est la partie la plus importante » dit-il.

L’ancien chef de gouvernement, Ahmed Ouyahia, a rappelé qu’au lendemain de l’élection de Liamine Zeroual, président de la République, Madani Mazrag avait envoyé un message dans lequel il appelait au règlement de la crise. Il s’avère que c’est Mezrag qui cherchait à trouver une solution à une issue politique et sécuritaire. L’AIS, opta en 1997 pour un cessez-le-feu unilatéral avec le gouvernement.

Après quelque 200 000 morts, des milliers de disparus, des déplacés et quelque 20 milliards de dollars de dégâts, voilà que les acteurs de cette tragédie reviennent sur scène avec beaucoup d’arrogance.

Si certains responsables veulent occulter les massacres, les tueries collectives, les attentats à la bombe, les enlèvements perpétrés par les différents groupes terroristes, la mémoire collective est là pour le rappeler. Alors que l’Algérie sombrait dans le chaos et la violence aveugle, les courants islamistes se regroupaient sans être inquiétés, pour soutenir ouvertement les tueries perpétrées tous les jours dans notre pays.

Des souvenirs douloureux qui hantent aujourd’hui encore tous les Algériens. Pourtant face au terrorisme, l’Algérie, fidèle à sa doctrine, a pour habitude de ne rien négocier.
Cela fait vingt ans que le peuple est en guerre contre cette bête immonde. Pourquoi alors continuer à tolérer les sorties médiatiques d’une telle provocation et qui ne sauraient qu’exacerber la tension et réveiller de vieux démons ?

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