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Les hydrocarbures non conventionnels à l’origine de la crise

Les hydrocarbures non conventionnels à l’origine de la crise

Le développement des hydrocarbures non conventionnels est à l’origine de la baisse des cours du pétrole depuis l’été 2014, selon le président des stratégiques et des politiques énergétiques, Francis Perrin.

Au-delà des facteurs géopolitiques et de la récession économique mondiale, le directeur de la rédaction de la lettre Gaz Africa a affirmé hier que le développement du pétrole non conventionnel est la principale cause de la chute des cours de l’or noir.

« II y a eu un excédent de l’offre mondiale sur le marché créé par les Etats-Unis et le Canada qui produisent des quantités importantes de pétrole de schiste, en tirant ainsi la production mondiale à la hausse » , a-t-il expliqué hier lors d’une conférence, en marge du Salon de l’énergie NAPEC (North African Petroleum Exhibition et conferences) qui se tient à Alger.

Quoique fortement contesté, l’industrie du schiste n’est pas en déclin, selon cet expert international qui assure que l’Industrie non conventionnelle n’est pas morte, notamment au Etats-Unis où il y a des projets de fond pour développer davantage le pétrole et le gaz de schiste.

Aussi, il a recommandé aux pays producteurs de prendre cela en ligne de compte pour mieux se préparer aux fluctuations récurrentes des prix sur le marché pétrolier. « Les pays producteurs Opep et non- Opep ne devraient pas parier sur la mort du non conventionnel. Il est important pour ces pays d’intégrer cette donne dans leur stratégie » , a-t-il recommandé.

Francis Perrin a admis qu’il y a des Etats qui émettent des réserves par rapport au développement de ces ressources non conventionnelles, telle l’Allemagne. Il a également cité la France qui rejette carrément cette technique en interdisant, par des textes de lois, le recours à la fracturation hydrique pour extraire le gaz de schiste.

Néanmoins, cette diversité dans l’attitude des différents Etats par rapport au développement de ces ressources n’empêche pas l’avancée rapide de cette technologie qui continue de progresser « en modifiant le classement traditionnel des pays détenteurs des réserves mondiales » . Il a cité, à ce titre, le Venezuela qui, « grâce à ses réserves en gaz de schiste, a devancé l’Arabie Saoudite qui a toujours été en tête des pays en matière de réserves gazières » .

Egalement, les Etat-Unis qui sont parvenus à réduire leur forte dépendance pétrolière qui est passée de 60 % en 2005 à 20 % actuellement. « En 2025, il est fort probable que ce pays se transforme en exportateur de pétrole net » , a-t-il prédit. L’expert international a expliqué qu’il existe actuellement trois pays clés qui ont une production d’hydrocarbures non conventionnels.

« Ces trois seuls pays au monde détenteurs de cette nouvelle technologie sont les Etats-Unis, le Canada et le Venezuela » , a-t-il indiqué. Il a évoqué, par ailleurs, certains pays qui ont commencé à développer cette énergie, telle la Chine qui s’est lancée dans le développement du gaz de schiste et l’Argentine dans le pétrole et le gaz de schiste.

Mais aussi, l’Arabie saoudite, l’Algérie, le Maroc et l’Europe, notamment le Royaume-Uni. Pour sa part, l’ex-ministre des Ressources en eau, Abdelmadjid Attar, a souligné les profondes mutations ayant marqué le marché des hydrocarbures depuis septembre 2011. « Le marché pétrolier n’a jamais été aussi incertain.

Toutes les crises pétrolières qui ont précédé étaient liées à des raisons géopolitiques ou économiques (l’offre et la demande), mais depuis 2011 les prix n’obéissent plus aux mêmes facteurs ni aux mêmes acteurs » , a-t-il fait constater.

Pour l’ancien ministre, l’Opep n’arrive plus à influencer le marché comme elle le faisait auparavant pour des raisons strictement « politiques » . Il a prévenu que l’Algérie, à l’instar de nombreux pays pétroliers et gaziers, aura juste de quoi satisfaire le marché interne.

« D’autant qu’on est en phase de devenir le pays le plus énergétivore de la Méditerranée. Nos réserves en pétrole et en gaz pourraient juste nous suffire » , a-t-il prévenu. Le problème, pour l’ancien ministre, c’est que l’Algérie dépend à plus de 90 % des recettes d’hydrocarbures générées par les exportations.

Quant aux réserves de l’Algérie, il a répondu qu’ » il ne suffit pas d’en avoir. Encore faut-il avoir les moyens pour s’en servir » . A propos des réserves nationales en énergies non conventionnelles, Il a affirmé que le pays ne dispose pas des techniques nécessaires pour développer la production du gaz de schiste ou celle des renouvelables. 

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