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Nationale

Les hôtels du Sud sous surveillance

Les hôtels du Sud sous surveillance

Devant la vague de réfugiés syriens et autres immigrés clandestins qui touche le grand Sud Algérien, les gendarmes ont été contraints de revoir leur stratégie de lutte contre l’immigration et l’émigration clandestines. Les hôtels du sud du pays sont soumis à des contrôles rigoureux de la part des gendarmes, à la recherche de réfugiés qui projettent se rendre en Libye via l’Algerie. La situation de chaos chez le voisin libyen a encouragé les passeurs à tenter d’y faire écouler les potentiels candidats à l’immigration vers l’Europe voire des candidats au djihad.

Les gendarmes, issus de plusieurs groupements du sud du pays, sont sur le qui-vive après que des enquêtes menées ces derniers jours ont démontré que les trafiquants et autres réfugiés utilisent les hôtels comme passerelles pour regagner la Libye.

Ce qui s’est passé récemment à Illizi, Debdeb, Oued Souf et El-Oued lorsque des centaines de réfugiés syriens ont séjourné dans de luxueux hôtels avant de se rendre, le soir, en Libye via des convois appartenant à des contrebandiers, a été une véritable alerte pour les gendarmes.

Les éléments de la Gendarmerie nationale ont découvert le nouveau mode opératoire des contrebandiers qui recourent aux hôtels pour préparer la grande évasion pour les réfugiés syriens. En août passé, quelques 200 Syriens sont venus de plusieurs coins du pays, notamment d’Alger et de Ouargla, avant de passer plusieurs nuits dans les hôtels d’El Oued.
Ces réfugiés, parmi eux une vingtaine d’enfants et autant de femmes, ont passé un pacte avec des contrebandiers notoires de Oued Souf pour les acheminer, par bus, vers le territoire libyen.

Le deal était fructueux pour les contrebandiers du moment qu’ils ont empoché des sommes colossales payées par les Syriens, et ce en dollar américain. Toutefois, les gendarmes de Oued Souf ont été informés quelques jours auparavant du plan machiavélique des contrebandiers, ce qui leur a permis de localiser le groupe et de le surveiller de plus près, cela au niveau des hôtels mêmes où les centaines de Syriens ont séjourné avant le jour J.

L’arrestation des 200 Syriens a été effectuée effectivement par les gendarmes suite à l’interception de trois bus qui tentaient de regagner la Libye. Il y a lieu de noter que le phénomène de l’acheminement des réfugiés syriens vers la Libye via l’Algérie a pris de l’ampleur.

A la fin d’août dernier, les gendarmes d’Illizi ont intercepté, vers 23 heures, un groupe de réfugiés composé de 41 ressortissants syriens, dont des femmes et des enfants, en phase de regagner le sol libyen à bord de deux bus conduits par des Algériens, indique une source proche de la Gendarmerie nationale. Ces Syriens ont également séjourné dans des hôtels du sud du pays avant de tenter de rejoindre la Libye. Selon la même source, le convoi à bord duquel se trouvaient les 41 Syriens se trouvait sur la RN 3, plus précisément dans la localité de Tinfouyé sise dans la wilaya d’Illizi.

L’interception des deux bus a été réalisée grâce aux renseignements parvenus aux gendarmes d’Illizi qui faisaient état du passage d’un groupe de réfugiés syriens sur la RN 3 en route vers le territoire libyen. Suite à ces renseignements, les gendarmes ont mobilisé un vaste dispositif qui a permis, quelques heures après, de localiser les deux bus, avec à leur bord, les 41 Syriens.

Ces derniers, poursuit la source, ont été appréhendés en possession de sommes d’argent en devises et d’une quantité importante de nourriture. L’enquête menée par la suite avec les réfugiés syriens a permis aux gendarmes d’apprendre que des membres de milices libyennes étaient chargés d’accueillir les ressortissants syriens pour les emmener vers des hôtels, avant le grand départ vers l’île de Lampedusa en Italie. En contrepartie, ajoute la même source, les réfugiés devaient payer les rebelles libyens en devises pour les évacuer dans des embarcations depuis un port libyen vers l’Italie. Toutefois, le plan machiavélique du réseau transnational est tombé à l’eau suite à l’arrestation des 41 Syriens par les gendarmes d’Illizi.

A noter que les deux chauffeurs de bus, de nationalité algérienne, ont été arrêtés et leurs bus mis à la fourrière. Suite à cette troisième interception de convois chargés de réfugiés syriens, et ce en l’espace de dix jours seulement, les gendarmes sont sur le qui-vive. Les frontières du sud du pays sont devenues un eldorado pour les réseaux des passeurs.
D’autre part, les hôtels implantés dans le Sud algérien font l’objet d’une intense surveillance de la part des gendarmes, surtout lorsque des étrangers débarquent dans ces établissements touristiques.

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