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Nationale

Les hôpitaux malades de l’insécurité

Les hôpitaux malades de l’insécurité

Les établissements hospitaliers publics connaissent une dégradation des plus lamentables jusqu’à devenir, ces dernières années, le théâtre d’agressions et de règlements de comptes, qui finissent le plus souvent par des crimes abominables.

Le week-end dernier, c’est le service des urgences de l’hôpital de Douéra, à l’ouest d’Alger, qui était le lieu d’une scène de règlement de comptes et d’une bagarre inextricable entre deux groupes de jeunes.
Les services de la Sûreté ont arrêté sept personnes et saisi 13 armes blanches utilisées lors de la rixe entre deux groupes, indique le communiqué des services de Sûreté de la wilaya d’Alger. Les agents de police relevant de la circonscription administrative de Draria se sont rendus sur les lieux dès que cet incident a été signalé, en vue d’intervenir et d’y mettre un terme.  Le communiqué informe que les mis en cause ont été présentés au procureur de la République territorialement compétent après la finalisation des procédures légales
Selon des témoins, le problème a commencé en dehors de l’hôpital entre deux personnes qui se sont violemment bagarrées avant que d’autres n’interviennent. Les blessés ont été évacués à l’hôpital de Douéra et c’est là que les deux groupes ont fait irruption et que la querelle a repris de plus belle.

C’était une atteinte flagrante à l’ordre public au sein de cet établissement censé fournir des soins aux patients et non pas d’intervenir pour mettre fin à des conflits et subir l’incivisme de certains. De toute façon, cet incident n’est pas le premier du genre. Les médecins et infirmiers déplorent sans cesse le fait que les hôpitaux soient livrés à la violence et aux agressions. Ils signalent que ces pratiques malveillantes se produisent régulièrement, ce qui constitue une menace sur la sécurité des médecins et infirmiers en poste. Le professeur Bouzid a souligné la gravité de la situation des structures de santé, les médecins se faisant au quotidien agresser verbalement et physiquement. «Quand on parle de la réforme du système sanitaire et de la situation de nos hôpitaux, il faudrait d’abord commencer par garantir la sécurité au sein de ces structures.»
« Le phénomène est effrayant et continue à prendre de propositions inquiétantes», nous explique un médecin à l’hôpital Mustapha qui voit que ces actes inadmissibles ont tendance à être banalisés.
Il ne s’agit que d’une énième agression commise à l’encontre du personnel des structures de santé. Il y a quelque mois, à l’hôpital Ibn-Rochd d’Annaba, des malfrat armés de bombes lacrymogènes, de barres de fer et d’armes blanches ont débarqué au service des urgences, attaquant le personnel médical de permanence. Ils étaient en état d’ébriété avancée, après s’être confrontés à une autre bande à l’extérieur de l’hôpital, puis se sont dirigés vers les urgences pour se faire prendre en charge suite aux blessures occasionnées lors de leur rixe. Ils ont même menacé et agressé le personnel en poste composé de deux infirmières, de la responsable de la caisse et de deux agents de sécurité.

Nos hôpitaux se transforment en véritables rings de boxe entre voyous qui s’organisent en gangs et parfois entre familles. Il est temps de tirer la sonnette d’alarme sur un phénomène qui rend l’environnement professionnel du personnel médical et paramédical insécurisé, et par conséquent insoutenable.                                                 

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