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Op-Ed

Les histoires de notre… Histoire !

On reparle d’histoire ! Notre propre Histoire nous crée des histoires qui au lieu de nous tenir au courant, nous tient à carreaux, en haleine et par la queue.
Et pourtant !

Pourtant, le souhaitons autant aujourd’hui comme nous le souhaitions au lendemain de notre indépendance. Et là, pourtant, c’est aussi des histoires dans l’Histoire.
Et pourtant !

Nous voulons, mieux vaut tard que jamais, en ébaucher l’écriture. Récolter des témoignages, engager des chercheurs d’os, identifier les sépultures, incriminer les renégats, oui !, les renégats et les traîtres, répertorier les batailles, les embuscades, archiver les fusils rouillés avec lesquels l’Algérien a « callé » son épaule pour viser l’ennemi, collectionner les djellabas trouées dans les maquis rampant…
Nous voulons faire toute cela, voire plus.
Voir plus.
Pourtant !

Chaque homme influent en parle de ces histoires d’Histoire.
Chaque président élu, réélu, ré-réélu aux commandes du pays aurait voulu diluer les fables qui parasitent des faits authentiques érigeant notre passé tourné en « bavardages ».
Bavardage, de sujets inconnus aux bataillons, face aux caméras qui germent au mètre de pellicule à chaque seconde, dans des télés à sensations, accréditées non accréditées, nationales et pas nationales en même temps. Commérage est cette Histoire devenue, ce patrimoine de tout un peuple.

Un peuple qui n’a plus d’indices de ce qui a été sa jeunesse révolutionnaire, sa famille révolutionnaire, son rapport à l’histoire de sa civilisation proprement dite, son rapport à l’autre, son imaginaire politique initial.

C’est ce qu’on veut bien lui dissimuler, car, finalement, l’Algérie a pris des chemins différents de ce que la « famille révolutionnaire » lui aurait tracés. De fait, la société bloque du moment où sa propre Histoire est bloquée. Elle ne s’interroge plus sur elle-même. Les Historiens le savent. Les chercheurs sur la longue durée le savaient, en entretenant des liens de proximité avec les nouvelles générations.

Il manque juste un truc au processus de destruction de l’Histoire : insulter les martyrs, réhabiliter harkis et renégats, faire des louanges aux bienfaits de la colonisation à partir de notre propre Parlement pour que se produise un franchissement du seuil désiré. Planifié ! Que Saâdi Saïd insulte Ben Bella, ce qu’il n’a pas osé au vivant de l’homme qui a fait l’Histoire, le traitant d’un agent des services égyptiens ou Boumediène celui de la KGB, Zeroual de la CIA et… Ce n’est juste pas choquant. C’est comme dirait l’autre, le commencement de la rupture avec… Novembre.

Et pourtant !
Gloire à nos martyrs et nos patriotes !

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