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Nationale

Les groupes terroristes au Sahel face à l’émiettement

Les groupes terroristes au Sahel face à l’émiettement

L’union fait la force. L’adage populaire adopté par les groupes terroristes sévissant au nord du Mali, non loin des frontières algériennes, est destiné à multiplier la nuisance et surtout à tenter des survivre à l’émiettement et aux stratégies de lutte antiterroriste tracées par les pays du Sahel.

En annonçant leur unification, les terroristes tentent de résister aux frappes menées par les pays de la région, l’Algérie en particulier, et de faire face à la « concurrence » imposée par Daech qui sévit en Libye.

Les différents groupes terroristes au Nord Mali ont annoncé avant-hier leur unification pour constituer un nouveau groupe armé dirigé par le chef d’Ansar Eddine, Iyad Ag Ghali, qui porte le nom de « Groupe pour le soutien de l’Islam et des musulmans » (Jamaât Nosret El Islam Wel Mouslimine).

Outre le chef d’Ansar Eddine, on a pu voir dans la vidéo produite par Al Zalaqa Media, nouvel organe de communication du groupe armé, Yahia Abou Al Hamam, émir d’Al Qaïda au Maghreb islamique dans le Sahara, Mohamadou Kouffa, chef des brigades du Massina, Hassan Al Ansari, adjoint de Mokhtar Belmokhtar, actuel chef des Mourabitoune, et Abou Abderrahman El Senhadji, l’un des chefs d’Aqmi.

Ce groupe ainsi créé a prêté allégeance à Aymen Alzawahiri, chef spirituel d’Al Qaïda, mais aussi au chef d’Aqmi, Abdelmalek Droukdel, et plus étrangement au chef du mouvement des Talibans, le mollah Haïbetullah.

Cette annonce d’unification des groupes armés confirme, quelque part, le désarroi auquel ces mêmes groupes terroristes font face durant toutes ces années passées et surtout devant la lutte sans relâche menée par les services de sécurité des pays du Sahel, principalement l’Algérie.
A la fin de l’année 2016, le ministre de l’Intérieur, Noureddine Bedoui, avait déclaré que l’année 2017 sera une année difficile face au terrorisme.

Le ministre de l’Intérieur avait lâché cette phrase lourde de sens, comme s’il était au courant, bien avant, de la prochaine réunification des groupes terroristes au Sahel, annoncée officiellement jeudi dernier par les terroristes.

L’Algérien Abou El Hamam, le chef terroriste aux sept vies

Le 10 décembre 2013, Yahia Abou El Hamam a été donné pour mort par les autorités françaises, suite à une frappe aérienne de l’armée de l’air française contre un convoi de terroristes d’Al Qaïda au Maghreb Islamique à Tombouctou, au nord du Mali.

Dix-neuf membres d’un groupe terroriste affilié à Aqmi ont été tués lors de cette opération. Baptisée « Hydre » et menée par l’armée française dans le nord du Mali, cette opération a été un fiasco surtout après la réapparition de Yahia Abou El Hamam dans une vidéo quelques jours seulement après cette frappe. Yahia Abou El Hammam est l’un des lieutenants d’Abou Zeid (tué par l’armée française au Mali) ; il est à l’origine du rapt des sept étrangers dans le nord du Niger en 2010.

Ce salafiste algérien a été désigné, en mars 2013, par Droudkel pour devenir le numéro 2 d’Al Qaïda au Sahel en remplacement d’Abou Alqama, un autre Algérien mort en septembre 2012 dans un accident de la route dans le désert malien.

Yahia Abou El Hamam est soupçonné d’être le planificateur de l’enlèvement de cinq Français, d’un Togolais et d’un ressortissant malgache travaillant pour le compte des deux sociétés Areva et Vinci.

C’est un élément très dangereux de la phalange Tariq Ibn Ziyad. Envoyé en mission au Niger en 2010 afin d’enlever les sept étrangers, ce dernier était accompagné de 20 terroristes salafistes. Des Maliens, des Mauritaniens et des Algériens étaient parmi le groupe qui a enlevé les sept otages.

Ils s’étaient fait passer pour des Touaregs afin de tromper la vigilance des témoins présents lors de l’enlèvement. Abou Yahia appartenait à la katiba Tariq Ibn Ziyad, commanditaire de l’enlèvement d’un couple italo-burkinabé aux confins du Mali, en décembre 2009.

Connaisseur du désert, il jouissait également de contacts avec des contrebandiers d’armes, de drogue, et même avec certains chefs de tribu maliens et nigériens. Yahia Abou El Hammam est devenu tristement célèbre chez les services de sécurité de plusieurs pays.
Ce terroriste notoire est originaire d’El-Bayadh. Il a rejoint les rangs du GSPC en 2005. Après un court parcours, il s’est imposé au sein d’Aqmi.

Pour rappel, l’armée française intervient au Mali depuis janvier 2013 aux côtés d’autres armées africaines, intégrées depuis à la force de l’ONU, la Minusma, contre les groupes islamiques armés liés à Al-Qaïda qui ont occupé le nord de ce pays pendant neuf mois en 2012. Ces groupes ont été affaiblis mais restent néanmoins actifs dans la région.

Après une accalmie de plusieurs mois, ces groupes terroristes ont repris leurs attaques meurtrières le 28 septembre, tuant depuis une dizaine de civils et de militaires maliens et tchadiens membres de la Minusma.

Mi-octobre, l’armée française, la Minusma et l’armée malienne ont lancé dans le nord du Mali une vaste opération anti-jihadiste avec plus de 1 500 soldats, baptisée Hydre.

L’objectif était de faire pression sur les mouvements terroristes éventuels pour éviter leur résurgence. Cela fait partie de ces opérations menées régulièrement pour stabiliser la Mali, avait alors précisé le colonel Gilles Jaron, porte-parole de l’état-major des armées françaises.

Mi-novembre, une opération spéciale de l’armée française dans le nord-est du Mali a permis de neutraliser plusieurs membres de groupes, djihadistes et de saisir du matériel, selon le chef d’état-major des armées françaises, l’amiral Edouard Guillaud.

Selon des sources sécuritaires régionales, Hacène Ould Khalill, un Mauritanien plus connu sous le nom de Jouleibib, numéro deux du groupe terroriste dirigé par Mokhtar Belmokhtar, a été tué lors de cette opération dans la région de Tessalit, près de la frontière algérienne.

Daech, la nuisance concurrente

En plus de tenter de résister aux attaques menées par les armées du pays du Sahel, les groupes terroristes essayent, par l’unification, de faire face à la « concurrence » de Daech déployé en Libye.
C’est au lendemain d’un appel lancé par Abou Bakr El Baghdadi, chef de Daech, appelant ses éléments à fuir Mossoul en Irak, que les groupes armés au nord du Mali ont annoncé leur unification.

Ils craignent que les terroristes de Daech fuyant l’Irak et la Syrie, où ils subissent des défaites militaires face aux armées de Damas, de la Russie, de l’Irak et de la coalition internationale menée par les Etats Unis, décident de se redéployer au Nord malien.

Connaissant la forte « concurrence » et le désaccord existant avec Daech, ils redoutent des affrontements avec les terroristes de Daech et, par là, perdre le terrain et l’influence dans la région.

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