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Nationale

Les grandes nuances attendues d’Ouyahia

Les grandes nuances attendues d’Ouyahia

C’est aujourd’hui que s’ouvre la session ordinaire parlementaire au niveau des deux chambres (APN et Conseil de la nation).
Une ouverture très attendue, non seulement en raison de la conjoncture politique assez particulière, mais aussi par rapport
aux grands enjeux économiques et aux défis sociaux qui attendent l’Algérie.

Il est clair que les intérêts liés directement aux élections communales et de wilaya, qui pointent à l’horizon, seront omniprésents dans les débats et les polémiques qui ne manqueront pas de surgir dans l’hémicycle de l’Assemblée populaire nationale. 

Mais, les incertitudes politiques et économiques vont peser sur ce début de session, qui va commencer comme elle a terminé en juin dernier. Ainsi, les 462 députés vont encore écouter et examiner un autre plan d’action du gouvernement en l’espace de trois mois.

Après celui adopté en grande pompe de l’éphémère Tebboune, c’est au tour d’Ahmed Ouyahia de faire son exposé sur sa feuille de route. Plus personne ne semble tenté de trouver des différences entre les deux plans, sauf que le nouveau locataire du palais du Gouvernement devra y nuancer dans certains secteurs, principalement dans l’Industrie, le Commerce et les Finances.
C’est sans doute dans ces trois secteurs névralgiques que le bât blesse.

Comme celui du Commerce qui, en neuf mois à peine, aura connu quatre ministres, alors que les concessionnaires automobiles attendent encore la délivrance de leurs quotas. Du défunt Bekhti Belaib (décédé en janvier2017) à l’intérimaire Tebboune, ensuite à Benmeradi, venu directement de la Présidence, en passant par les trois mois de gestion de l’ancien wali Saci. Ce secteur aura connu des turbulences et une déstabilisation qui ont marqué son encadrement.

Ses différentes structures ne peuvent pas échapper à ces changements à la tête d’un ministère qui gérait des dizaines de licences d’importation de marchandises de toutes sortes, qui les contrôle au niveau des postes frontières, qui octroie des autorisations d’exportation et d’importation des intrants et des matières premières, et qui inspecte parfois au niveau des marchés locaux.

Un département de cette envergure, qui a un droit de regard sur plusieurs milliards de dollars, mérite une plus grande attention et surtout, a besoin de sérénité et de rigueur. Des défis majeurs pour un ex-ministre, qui connaît parfaitement les enjeux et les difficultés, pour avoir fait une longue carrière dans la haute administration.

C’est la même chose, à des degrés moindres, pour le secteur de l’industrie qui devra encore se remettre en question, notamment dans le volet de l’investissement dans l’industrie automobile.

La révision du cahier des charges dans ce secteur est rendue nécessaire, après l’éclatement de polémiques sur le taux d’intégration et la sous-traitance, ainsi que les facilitations fiscales et parafiscales octroyées aux investisseurs. Pour de nombreux experts, il faudra stabiliser durablement la législation dans ce secteur et éviter les incohérences constatées.

Le département des Finances devra également faire face à de nouveaux défis. Plus que la modernisation du système bancaire et financier national qui tarde encore en dépit des enjeux du libéralisme, ce ministère est soumis à une forte pression en raison des contraintes budgétaires dues à la crise des recettes pétrolières.

Le nouveau ministre devra trouver la parade, autre que les solutions traditionnelles (fiscalisations et taxations à outrance), pour rééquilibrer les finances publiques et éviter à tout prix le recours à l’endettement extérieur.

D’ailleurs, l’instruction présidentielle sur ce point est assez édifiante, mais elle propose de trouver des solutions intermédiaires en regardant de plus près vers l’économie informelle qui brasse toujours, selon des estimations, plusieurs dizaines de milliards de dollars. La réanimation de la Bourse d’Alger ou l’ouverture des capitaux d’entreprises publiques pourrait être cette panacée.

C’est sans doute autour de ces trois secteurs que le Premier ministre Ouyahia devra axer son plan d’attaque. C’est également sur ces trois départements qu’il fera la différence avec son prédécesseur.

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