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Nationale

Les garanties de Derbal

Les garanties de Derbal

Le président de la Haute instance de surveillance des élections (HIISE), AbdelwahabDerbal, a donné avant-hier quelques gages de transparence et de rigueur dans la gestion de ces élections lors de sa première sortie médiatique.

Mais il sera attendu sur d’autres domaines tels que l’inobservation des règles communes à toutes les formations politiques et en premier lieu, l’utilisation de l’argent dans la campagne électorale. En effet, la crainte de voir l’argent jouer un rôle crucial durant les élections persiste.

De plus, les partis politiques n’ont de cesse de dénoncer la neutralité passive des autorités qu’ils assimilent à de la permissivité. Parmi les infractions relevées pendant la campagne, on notera l’utilisation de la religion à des fins électorales, la distribution de « cadeaux » aux couches sociales défavorisées. Le jour des élections, on pouvait observer le nombre insuffisant de militants présents dans les bureaux de vote pour contrôler les cartes d’électeur et les opérations électorales.

De façon plus ponctuelle, des cas de pression, exercée sur les électeurs dans les bureaux par des personnes étrangères ont été observés. Car la transparence des élections constitue un gage de progrès.

Dans cette optique, la réforme du code électoral s’inscrit dans le sens d’un approfondissement démocratique et d’une mise aux normes internationales de l’État en termes de gouvernance.

Lors de cette conférence de presse, le président de la HIISE a averti les ministres (du FLN et du RND) qui prendront part aux élections législatives du 4 mai prochain et qui pourraient être tentés par l’utilisation des moyens de l’Etat lors de leur campagne : « Je prendrai des mesures dans le cadre des prérogatives que me confère la loi à chaque fois que je recevrai des documents et des preuves tangibles sur l’existence de dépassements », a-t-il affirmé. Dans ce sens, Derbal a rappelé les dispositions de la loi qui interdit l’utilisation des moyens de l’Etat.

« L’interdiction concerne tout le monde, y compris les ministres. Nous avons toujours cette culture qui consiste à considérer que le responsable doit être servi. C’est le contraire qui doit s’appliquer : le responsable est censé servir les citoyens et non pas se servir », soutient-il. Le président de cette instance annonce ainsi la couleur. Son instance ne sera pas un appendice de l’administration.

Elle sera à l’écoute de tous les dépassements y compris ceux des ministres qui ont, jusqu’à l’heure actuelle, utilisé les moyens de leur département sans être remis à l’ordre par quelque centre de décision que ce soit.

Et c’est un pas prometteur pour le président de la HIISE. Comme elle se doit de détecter et dénoncer en temps réel tous les manquements liés à ces élections. Ainsi, le premier critère de transparence et de crédibilité demandé à une institution pareille est d’être en mesure de faire des déclarations publiques avant, durant et après les élections.

Et c’est le cas notamment à travers cette première sortie médiatique. Et pour pouvoir gagner encore en crédibilité, la HIISE doit également garantir l’efficacité de ses missions d’observation, en exigeant de la part du gouvernement un certain nombre d’assurances qui garantiront que la mission sera en mesure d’exercer ses activités comme il se doit, et d’établir sa mission conformément à un calendrier permettant l’observation de l’ensemble des phases du processus électoral.

Enfin la HIISE doit, également, obtenir toutes les informations nécessaires concernant le processus électoral de la part des autorités, et ce à tous les niveaux et en temps opportun, et bénéficier d’un accès illimité à tous les bureaux de vote, aux commissions électorales et aux centres de dépouillement.

Selon le président de la HIISE, les prérogatives de cette dernière s’étendent à l’accompagnement de l’opération électorale, à travers six prérogatives portant sur « l’organisation de l’opération électorale, à partir de l’ouverture des urnes jusqu’à la fin du dépouillement », ainsi qu’à d’autres prérogatives, dévolues à la même instance et qui concernent l’étape qui suit le dépouillement, à savoir la réception des PV.

Le ministère de l’Intérieur a créé une cellule centrale chargée de la supervision du processus électoral. Des mesures disciplinaires et de prévention ont été prises contre les agents d’autorité afin de garantir la neutralité de l’administration. Seront-elles suffisantes pour calmer la classe politique ?

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