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Nationale

Les galonnés appelés à la retenue

Les galonnés appelés à la retenue

Après les sorties médiatiques, dont certaines tonitruantes, tenues par des généraux à la retraite, la grande muette veut désormais mettre fin au vacarme et se doter de moyens pour sévir si parmi « ses enfants retraités » certains feront à l’avenir preuve de manquement grave au devoir de retenue et de réserve.

Un projet de loi allant dans ce sens a été présenté, jeudi, par la ministre chargée des Relations avec le Parlement, Ghania Eddalia, fraîchement installée dans ses nouvelles fonctions à la faveur du récent remaniement ministériel.

La représentante du gouvernement a présenté à l’occasion devant la commission de la Défense nationale à l’APN deux projets de loi portant statuts des officiers de réserve et statuts généraux des fonctionnaires militaires.

Le premier projet s’adressant directement aux officiers retraités place des balises aux libertés acquises après un départ forcé ou arrivés au terme de leur carrière. Exerçant librement les droits et libertés que leur confère la loi après leur départ, les officiers retraités ne doivent pas pour autant faire fi de leurs devoirs envers l’institution militaire.

Des mesures « punitives » pouvant aller jusqu’aux plaintes auprès de juridictions compétentes, au retrait de la médaille d’honneur et même à la rétrogradation dans le grade toucheront les officiers « indélicats ».

Le texte présenté par Mme Eddalia précise clairement dans ce premier cas que « le militaire de carrière admis à cesser définitivement son activité au sein de l’armée et versé dans la réserve exerce librement les droits et libertés que lui confèrent les lois de la République.

Tout manquement à ce devoir fera l’objet de retrait de la médaille d’honneur, de plainte auprès des juridictions compétentes et de rétrogradation dans le grade en cas de manquement grave au devoir de retenue et de réserve ».

Si par le passé des déclarations faites aux médias algériens et étrangers par de hauts officiers mis à la retraite n’ont pas manqué de susciter interrogation si ce n’est d’apporter des éclaircissements à des faits vécus par la nation et qui d’en haut est vu comme une tentative de rajouter de l’huile sur le feu à une situation sécuritaire chancelante, d’aucuns s’interrogent sur les visées à long termes d’un tel projet.

Connus pour être peu enclins aux discours « publics », quelques-uns parmi les généraux ont, en effet, dérogé depuis quelque mois à la règle.

Les généraux Khaled Nezzar, Mohand-Tahar Yala, Hocine Benhadid pour ne citer que ceux-là, n’ont point fait de résistance aux sollicitations des médias et ont préféré donné libre cours pour certains à des « bavardages » plus destructifs que constructifs.

Si pour certains d’entre eux l’institution militaire ne s’est pas laissé faire, à l’image du cas du général Hocine Benhadid, lorsque la saisine de la justice suivie d’incarcération se sont abattues sur l’officier, d’autres par contre ont réussi à échapper aux poursuites.

Poursuivi pour « tentative de démoralisation de l’armée » après des déclarations faites à une chaîne radiophonique, le général Benhadid a été mis sous mandat de dépôt en octobre dernier après une plainte déposée par le ministère de la Défense nationale.

Le général croupit depuis en prison en attendant sa comparution. Trois demandes de mise en liberté introduites par ses avocats ont été rejetées par le juge d’instruction en charge de son dossier.

Pour le général Mohand-Tahar Yala, candidat à la présidentielle de 2014 et qui, faut-il le rappeler, avait fini par rallier le candidat Ali Benflis, la première tâche consistait à réduire à néant le système politico-maffieux qui a contaminé toute la société, en se nourrissant de la violence et du désordre que ce système a lui-même suscités à l’origine, selon lui, d’une corruption à grande échelle.

Le cas de certains officiers supérieurs à la retraite ne serait pas, à en croire les observateurs, étranger aux projets présentés par la nouvelle ministre chargée des Relations avec le Parlement.
Si d’aucuns s’interrogent sur les objectifs visés par ce texte, dont les stimulateurs pourraient en effet être liés aux dernières déclarations de Khaled Nezzar à une chaîne télévisuelle, il est aussi utile de s’interroger sur l’avenir politique de certains militaires ayant quitté l’institution.

Le cas du général Medjahed régulièrement invité à donner son avis sur des événements politiques et autres sécuritaires sur les plateaux de télé, ou encore celui du colonel Ahmed Adimi membre de la CNTLD et militant influent dans le mouvement politique de l’ex-Premier ministre Ali Benflis, Talaii el Houriyat, laisse aussi quelques zones d’ombre quant à leur liberté d’action et au rétrécissement dans lequel pourrait les confiner « le devoir de retenue », sachant qu’en politique, l’opposition à la politique du pouvoir en place dicte nécessairement la recherche des failles et autres contradictions au sein de sa composante. Cela au moment où l’on susurre que le général Toufik est sur le point de publier « ses » mémoires.

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