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Op-Ed

Les fuites de l’ADE

On apprend qu’une grande partie des citoyens à l’échelle nationale rechigne à s’acquitter de leurs dettes vis-à-vis de l’ADE, l’Algérienne des Eaux, l’entreprise publique chargée de la distribution de l’eau dans les bourgs et les villes du pays.

S’il n’est pas question de justifier pareille incivilité, on doit cependant s’interroger sur les raisons de la bouderie massive qui empêchent les abonnés de payer les factures du précieux liquide, alors que, avouons-le, la situation de l’AEP, l’adduction en eau potable, s’est très nettement améliorée sur l’ensemble du territoire national ces dernières années. Hormis quelques régions encore soumises à des pénuries, notamment durant la période estivale, beaucoup de foyers aux robinets secs jadis peuvent se vanter de faire couler un bon volume d’eau au quotidien. Alors, pourquoi les consommateurs ne veulent-ils pas solder leurs quittances ?

D’abord, parce que pendant des décennies, l’eau a été fournie gracieusement par les collectivités, particulièrement en milieu rural. Les habitants de ces contrées n’ont donc pas pris l’habitude de payer la denrée rare à l’époque. Ensuite, la facturation de l’eau souffre d’un manque flagrant de sérieux si l’on doit se fier aux échos qui nous viennent du terroir.

Beaucoup de clients de l’ADE subissent un électrochoc lorsqu’ils prennent connaissance du montant à payer qui ne correspond pas à l’eau consommée. En effet, la méthode du forfait s’est généralisée et les débits de la société de distribution, dont d’énormes fuites perdues dans la nature, sont souvent divisés de façon aléatoire entre les abonnés.

Pour ceux qui possèdent un compteur volumétrique, ils se plaignent d’un déficit évident de fiabilité des appareils qui tournent trop vite et ne cessent de comptabiliser des litres d’eau quand c’est l’air qui siffle dans les conduites ! De telles lacunes au niveau technique et dans la gestion du réseau ont contribué à décrédibiliser le prestataire.

Ajoutée à l’avalanche des factures nouvelles chez les ménages algériens qui doivent régler l’électricité, le gaz naturel, le téléphone, l’ADSL, la crèche pour les enfants, les assurances des véhicules… la facture salée n’est point facile à déglutir.

Autant de raisons pour que l’ADE s’affaire à revoir sa maîtrise de la consommation tandis qu’il n’est pas facile pour entreprise de procéder à des mesures coercitives contre les mauvais payeurs. On ne coupe pas aussi aisément l’eau que l’électricité, dans un contexte de piquage anarchique des conduites aussi important que le circuit officiel de distribution.

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