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Les faux points de RSF

Les faux points de RSF

L’Algérie aurait perdu dix places dans le classement mondial sur la liberté de la presse selon la très conversée ONG de droite, « Reporters Sans Frontières (RSF) ». Classée à la 119e place en 2015, la liberté de la presse en Algérie a régressé de dix places, pour atteindre la 129e place en 2016, selon RSF.

Selon Reporters Sans Frontières le recul de l’Algérie est justifié par le retrait de plusieurs annonceurs publicitaires, sur les récentes fermetures des titres de presse et des chaînes privées.

Le RSF a rappelé que peu après sa réélection en avril 2014, le président de la République Abdelaziz Bouteflika, déclarait lors de la Journée mondiale de la liberté de la presse : « Je ne ménagerai aucun effort pour consolider et étendre la liberté d’expression ».

C’est ainsi qu’il concrétisa, néanmoins, la dépénalisation du délit de presse dans la nouvelle Constitution adoptée en février 2016.
« Le retrait soudain de plusieurs annonceurs publicitaires et la chute conséquente des recettes publicitaires notamment envers les journaux critiques ont pénalisé le secteur de la presse », estime RSF sans tenir compte du fait que ce rétrécissement du marché de la publicité est lié à la conjoncture économique.

En outre, le contrôle des circuits d’impression et de diffusion par l’Etat peut amener à la disparition de certains quotidiens, selon l’ONG décriée par plusieurs professionnels qui considèrent qu’elle est inféodée à des cercles politiques.

Autres faits marquants : la fermeture des chaînes privées de la télévision en avril et octobre 2015 et la condamnation en appel en novembre d’un journaliste pour un dessin dénonçant l’exploitation du gaz de schiste au Sahara.

« Cette situation rencontrée par les médias nationaux a fait que beaucoup de journalistes et personnels se sont retrouvés en chômage faute de recette, publicitaires » estime l’ONG.

Par ailleurs, Reporters Sans Frontières a dénoncé le recul de la liberté de la presse partout dans le monde. Selon RSF, une dégradation de la liberté de la presse dans toutes les régions du monde a été enregistrée en 2015, et particulièrement sur le continent américain. Tel est le constat dressé par le classement annuel de Reporters Sans Frontières, publié hier. « Tous les indicateurs du classement témoignent d’une dégradation.

De nombreuses autorités publiques essaient de reprendre le contrôle de leurs pays, craignant de trop grandes ouvertures du débat public », a commenté Christophe Deloire, secrétaire général de RSF.

Si la situation s’est dégradée dans toutes les zones géographiques, elle a particulièrement reculé sur le continent américain, notamment en raison d’assassinats de journalistes en Amérique centrale.

Ce continent passe ainsi derrière l’Afrique, même si la zone Afrique du Nord–Moyen-Orient reste la région du monde où les journalistes sont « les plus soumis à des contraintes de toutes sortes ».

En Amérique latine, « la violence institutionnelle, celle du crime organisé, l’impunité, la corruption et la concentration des médias constituent les principaux obstacles à la liberté de la presse », souligne RSF. En Amérique du Nord, les Etats-Unis (41e) pâtissent de la cybersurveillance, et le Canada, qui perd 10 places (18e), a vu sa situation se dégrader « pendant la fin du mandat de l’ancien. Premier ministre, Stephen Harper ».

Les pays en « guerre » éclaboussés par le classement du RSF
Dans certains pays en guerre, comme l’Irak (158e), la Libye (164e) et le Yémen (170e), « exercer le journalisme relève de la bravoure », souligne encore l’ONG. En bas du classement, comme l’an dernier, la Syrie stagne à la 177e place sur 180, derrière la Chine (176e) et devant le Turkménistan (178e), la Corée du Nord (179e) et l’Erythrée (180e).

En Afrique, le Burundi perd 11 places (156e), ce pays ayant été « le théâtre de violences envers les journalistes après la candidature contestée puis la réélection du président Pierre Nkurunziza ».

L’ONG salue, en revanche, l’amélioration de la situation en Tunisie (96e), qui gagne 30 places, preuve, selon Christophe Deloire, qu’« il y a une consolidation des effets positifs de la révolution ».
Du côté des bons élèves, la Finlande conserve sa première place pour la sixième année d’affilée, suivie des Pays-Bas et de la Norvège. Si l’Europe demeure la zone où les médias sont le plus libres, RSF constate un affaiblissement de son modèle :

« Détournement du contre-espionnage et de la lutte contre le terrorisme, adoption de lois permettant une surveillance à grande échelle, augmentation des conflits d’intérêts, mainmise de plus en plus grande des autorités sur les médias publics et parfois privés, le continent ne s’illustre pas par une trajectoire positive. » 

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