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Nationale

Les faux éborgnés du Hirak

Les faux éborgnés du Hirak

Halim, Hichem, Hassan, ce sont là quelques prénoms de supposées victimes des brutalités policières depuis le début du mouvement citoyen le 22 février dernier selon des médias étrangers, notamment français, pour décrypter la situation actuelle en Algérie, en livrant, à travers leurs reportages à Alger, de faux profils de jeunes manifestants algériens “éborgnés » par la police ! Et pour accréditer la thèse selon laquelle les forces de l’ordre ciblent avec préméditation les yeux des manifestants, ces médias obtiennent le concours de mains algériennes agissant pour le compte des ONG (organisation non-gouvernementale).

En France, l’affaire des manifestants du mouvement des Gilets jaunes éborgnés par une répression policière violente, dont le nombre a dépassé à ce jour 40 cas, a donné lieu à une grande polémique dans l’Hexagone, qui est en train de prendre une mauvaise tournure pour l’Etat français.

Et pour détourner l’opinion publique, des médias français qui, autrefois, faisaient de la décennie noire leur cheval de bataille pour s’en prendre aux intérêts de l’Algérie, tentent d’exploiter le Hirak populaire pacifique qui se déroule en Algérie. Ces mêmes médias parlent aujourd’hui de cas d’éborgnement de jeunes manifestants à Alger ! Une allégation démentie catégoriquement par la DGSN.

Une propagande qui vise encore une fois le pays. Ces mêmes médias ont coloré leurs colonnes de textes, pages et rubriques, par de faux reportages sur la situation actuelle en Algérie.

De fausses informations accompagnées par des témoignages anonymes complètement inventés et erronés pour tromper l’opinion publique algérienne, avec des chiffres gonflés, sont régulièrement rapportés par ces médias.

Dans son édition numérique datée du 22 juillet 2019 et mise à jour le lendemain, le journal français Le Monde est revenu, à travers un reportage, sur les affrontements entre manifestants et policiers le 1er mars 2019 à Alger, au cours du second vendredi des manifestations populaires contre le 5e mandat.

Un reportage clairement mensonger et manipulateur titré par Le Monde : “A Alger, personne n’est à l’abri” !,

De “Qui tue qui” en passant par l’affaire des moines de Tibhirine et jusqu’au Hirak, les manipulations et le complexe de certains médias français envers l’Algérie sont restés identiques, alors qu’à l’autre bout de la Méditerranée, les choses se métamorphosent très rapidement.

Selon l’auteur de ce reportage ciblant le Hirak en Algérie, la police algérienne est derrière plusieurs agressions violentes et la répression des manifestants le 1er mars dernier, ce qui aurait provoqué plusieurs cas d’éborgnement de manifestants lors des affrontements qui ont eu lieu à Alger-Centre.

Le reportage en question, signé par une correspondante du journal, parle d’une rencontre avec des victimes du Hirak, des jeunes manifestants gravement blessés par des policiers à Alger, dont certains, commente Le Monde, ont perdu la vue.

L’auteur de ce reportage et en l’absence de vrais détails, très déterminants dans ce genre de “révélations”, a désigné, dans celui-ci, les prénoms des victimes qui seraient : Hichem, Hassan et Halim (comme par hasard tous commencent par H), leur âge, mais

sans montrer leurs visages ni décrypter les circonstances de leurs agressions.

Toujours selon la correspondante du journal Le Monde, les victimes refusent de parler de leurs cas ; Elles y trouvent des difficultés et hésitent même à le faire, mais ont créé un groupe sur les réseaux sociaux appelé “Les Pirates”.

Notre petite recherche sur les réseaux sociaux sous le nom “Les Pirates” s’est conclue comme prévu : tous les groupes portant le nom “Les Pirates” qui existent sur les réseaux sociaux, dont de jeunes algériens sont membres, ne parlent pas de cas d’éborgnement de manifestants à Alger ; aucune information ni même des photos ou autres vidéos ou commentaires. Il s’agit, tout simplement, d’une fausse piste engagée par le journal français pour tromper les Algériens.

Le démenti de la DGSN

Les mensonges et les fausses informations livrés dans le reportage du même journal sont allés plus loin : ces mystérieux personnages victimes des “bavures policières”, hospitalisés le 1er mars 2019 à l’hôpital Mustapha Pacha, auraient été atteints par des tirs de balles en caoutchouc !

Encore une information erronée puisque la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN) interdit formellement l’utilisation des balles en caoutchouc dans les manifestations, mais cette pratique est celle des forces de police française pour contrer la colère du mouvement des Gilets jaunes, pour le souligner.

La DGSN a démenti formellement ces informations et même l’existence de cas d’éborgnement de manifestants durant les affrontements avec un groupe de jeunes manifestants durant le 1er mars 2019 à Alger.

Selon la réponse de la DGSN, les affrontements qui ont eu lieu le 1er mars ont été provoqués par des groupuscules de jeunes casseurs et non pas par des manifestants ; aucun cas d’éborgnement n’a été signalé lors de ces affrontements. Le jour même, la DGSN avait rendu public le bilan des affrontements.

La DGSN avait précisé, dans son communiqué datant du 1er mars, que “ce sont des jeunes casseurs qui ont agi sous l’effet de la consommation de drogue et de psychotropes, et que les violences qui ont marqué cette journée ont fait 63 blessés dont 56 policiers et sept citoyens”.

La police avait annoncé avoir procédé à 45 arrestations après des actes de violence et d’atteinte aux biens publics, notamment en fin de journée. Cinq de ces arrestations ont eu lieu à hauteur de l’hôtel El Djazair, où des actes de vandalisme ont été enregistrés. Selon des témoignages de manifestants, à la fin de la marche pacifique à Alger, des groupes de casseurs ont investi le terrain et se sont livrés à des actes de violence.

Les vrais cas d’éborgnements ont eu lieu à Paris et non pas à Alger

En Algérie le Hirak, qui se poursuit depuis le 22 février, n’a pas échappé à la règle de la manipulation, et est sous le feu des faux reportages et des informations mensongères, comme le reportage publié par le journal français Le Monde en date du 22 juillet 2019.

Certains médias étrangers qui par le passé, tentaient d’impliquer l’armée algérienne dans les massacres des populations en Algérie, notamment la ville recette de “Qui tue qui ?”, ont ressurgi.

Cette-fois, ces machines de fabrication de mensonges ont ciblé le Hirak en donnant, à travers leurs espaces, une fausse image de la plus admirable révolution populaire pacifique dans le monde.

En France, on compte plusieurs dizaines de cas confirmés de manifestants du mouvement des Gilets jaunes qui ont perdu un œil suite à la violence et à la répression policières vécues dans plusieurs villes françaises.

Les victimes, aux visages découverts, portant chacune un bandeau pour cacher une partie de leur œil mutilé suite aux interventions musclées de la police française, se sont regroupées en un collectif pour exiger, surtout, une réparation morale.

En parlant des faux cas d’éborgnement de manifestants en Algérie, ces médias de la propagande ont tenté de calmer les polémiques en France suite aux nombreux cas de blessures et éborgnement des manifestants du mouvement des Gilets jaunes occasionnés par les forces de maintien de l’ordre françaises.

Trier le faux du vrai, la nouvelle arme de guerre

La fausse information est une arme de destruction massive. Elle peut faire basculer les choses vers le pire jusqu’à créer la division au sein d’une même société.

Malheureusement, depuis le début du Hirak, les fausses informations et les manipulations se sont succédé afin de briser et neutraliser le modèle pacifique, intelligent et admirable à la fois du Hirak populaire algérien. Les fausses informations ne se sont pas multipliées seulement en Algérie mais dans le monde entier, touchant même le monde sportif.

C’est une nouvelle forme de guerre, qui a vu le jour au début de l’année 2018, une période durant laquelle les services secrets du monde entier affûtaient leurs armes pour faire face à cette nouvelle forme de menace, qui peut influer sur la sécurité et la stabilité de chaque pays.

Parmi les grandes préoccupations des services du renseignement français, la DGSE, pour cette année, il y a la situation politique en Algérie, là où les enjeux sont importants. « Une réalité mondiale déjà bien difficile à comprendre et à prévoir », s’inquiète la DGSE. « Garder la tête froide et trier le faux du vrai », préconise le service de renseignement extérieur français.

Telle est la nouvelle « arme de guerre » sur laquelle la DGSE compte beaucoup pour mener à bien ses diverses missions à caractères d’informations stratégiques (politique, économique et sécuritaire) dans le monde, et très particulièrement en Afrique.

Ce sont donc les maîtres-mots des maîtres espions pour 2019. Dans son édition du 24 janvier 2018 (N°1093), l’hebdomadaire français spécialisé dans les renseignements stratégiques, intitulé le TTU, destiné uniquement à des abonnés très spéciaux, a livré une information secrète s’agissant de l’Algérie, où la DGSE compte ne pas rater les dessous de la situation politique, économique et sécuritaire dans le plus grand pays en Afrique et dans le monde arabe.

La situation politique en Algérie est la plus énigmatique et la plus troublante et discrète à la fois, selon la DGSE. Sur ce plan, la cartographie de « Mortier » (c’est le nom du boulevard où se trouve le siège de la DGSE), il y’a « les pays qui n’ont pas su préparer leur succession, comme l’Algérie », explique cette lettre hebdomadaire.

L’Algérie, qui reste parmi les rares pays à ne pas céder à ce qu’on appelle « le Printemps arabe », est au centre des enjeux stratégiques non seulement en Afrique, mais sur la rive nord méditerranéenne.

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