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Op-Ed

Les fast fakers du covid-19 et le hirak

Depuis la propagation du Corona virus, le monde n’a pas cessé de prendre des mesures préventives afin de se prémunir et d’éviter la propagation de cette maladie, déclarée par l’OMS pandémie mondiale.

L’Algérie, à l’instar des autres pays a adopté, du moins essaye, des mesures similaires : fermeture des établissements scolaires et universitaires, interdiction de se rassembler dans lieux publics… Malgré toutes les tentatives de sensibilisation et de communication pour promouvoir une culture à risque, l’entêtement des « autoproclamés » du Hirak impose, via les réseaux socio-numériques, la théorie du complot.
Des pseudo-journalistes et pseudo-correspondants, d’anciens détenus, appuient corps et âme le complotisme , en accusant le gouvernement de prétexter la crise de COVID-19, pour affaiblir et réprimer le Hirak, en défiant par ailleurs pas seulement le gouvernement algérien mais toute autorité rationnelle.

Selon l’OMS, 156 000 cas de coronavirus et 6 000 décès ont été recensés à l’échelle mondiale, dont 53% en Chine ; le nombre de cas en France a doublé en seulement 72 heures ; l’Italie, épicentre de l’épidémie en Europe, a recensé 250 000 cas, mais ces chiffres alarmants ne semblent pas être une preuve suffisante pour eux.

Mais où veulent-ils que le Hirak aille ? Comment cet entêtement peut-il s’alimenter du complotisme au point de d’être aveugle à toute cette crise mondiale ?
Le Hirak a été connu pour sa silmiya, pour son souci de la propreté des rues d’Alger, et ses secouristes qui couraient à la moindre égratignure d’un manifestant.
Ces « fast fakers » veulent-ils, a fortiori affecter cette somptueuse image du Hirak ?
Ce hirak qui a mis fin à une hyper-présidence de Bouteflika qui a annihilé le pays, et son système sanitaire qui se retrouve aujourd’hui incapable de faire face à n’importe quel virus, avec ou sans couronne !
Ce soulèvement populaire reposait, et repose toujours quelque part, sur « l’intelligence collective » mais l’amplification du complotisme 2.0 incite à s’interroger sur le Hirak dont certains « fast Fakers » veulent amplifier en privilégiant « le rassemblement des masses » en dépit de l’intelligence. La crise mondiale due à l’émergence du covid-19 lève encore le voile sur le paysage numérico-médiatique algérien, et le danger qui réside dans l’émergence des infox allant même jusqu’à menacer la santé publique. L’usage des réseaux socio-numériques par leur effet boule de neige et via la dictature du like et du partage en cette période critique a favorisé l’émergence des Fake News, incitant d’ailleurs l’OMS à travailler avec Google pour lutter contre ce qu’elle appelle l’infodémie et assurer des informations fiables sur la pandémie. Il s’avère qu’aujourd’hui nous ne sommes pas uniquement face au corona virus mais aussi à un complotisme qui se veut de haute voltige, auquel seule une véritable réflexion critique pourra faire face. Heureusement, beaucoup de partis politiques et les figures du Hirak à l’instar de Mostefa Bouchachi et Soufiane Djilali, ont redressé la barre de la rationalité en appelant à suspendre momentanément les manifestations et les rassemblements collectifs, rappelant à tous les Hirakistes l’importance de se mobiliser contre cette crise qui touche et menace pas uniquement l’Algérie mais toute l’humanité.
La nouvelle Algérie dans laquelle nous espérons tous voir un Etat de droit et de justice ne peut s’incarner sans une conscience collective pas seulement face au la pandémie mais aussi face au complotisme qui est sans couronne, peut-être, mais tout aussi fulminant.

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